Derniers Articles

« America latina », 50 ans d’histoire en images

Jusqu’au 6 avril 2014, la Fondation Cartier propose une très belle exposition sur l’Amérique latine. A travers le regard de 72 artistes, nous revisitons l’histoire de ce continent, de 1960 à 2013. Rien à voir avec les expos photos habituelles. Ici les artistes veulent raconter les dictatures, les guérillas, la violence, l’instabilité politique et économique…

Rassemblant plus de 70 artistes de onze pays différents, l’exposition révèle la grande diversité des pratiques photographiques en présentant aussi bien le travail de photographes que des œuvres d’artistes contemporains. En effet, l’expo n’est pas que photographique. Il y également des films, des montages visuels ou textuels.

Hier j’ai pu la visiter, accompagnée d’une guide originaire d’Argentine adorable et très fière de SON Pape François ! Grâce à elle nous avons pu comprendre la volonté des artistes de certaines des oeuvres.

J’ai beaucoup aimé la première oeuvre qu’elle nous a présenté : un immense puzzle composé de morceaux de photos. Carlos Gardel, Frida Kahlo, une paire de fesses sur la plage de Rio, une bouteille de Tequila, des militaires, un temple précolombien… L’artiste brésilienne, Regina Silveira, a imaginé ce puzzle (il inaugure le parcours de l’expo et résume à lui seul le projet des 5 commissaires) comme une «sorte de carte mentale, une métaphore du problème de l’identité propre à l’Amérique Latine» (selon les mots de l’artiste).

L’exposition est organisée en 4 espaces. « Territoires », « Villes », Informer-Dénoncer » et enfin « Mémoires et identités ».

« Territoires ». Cet espace expose les oeuvres de 12 artistes qui posent la question de « l’identité » globale mais aussi nationale de ce sous-continent. Diversité de populations, diversité de problématiques. Une des questions qui se posent est celle de l’identité de l’Amérique latine et de la relation entre la photographie et le langage. On y voit donc le grand puzzle de Regina Silveira (Brésil). Ce puzzle change à chaque exposition car elle montre que ce continent peut faire l’objet de différentes lectures en fonction de la personne qui le regarde. Les pièces noires représentent les zones sombres et cachées de l’histoire. Luiz Zerbini (Brésil). Son oeuvre s’appelle « Centena » est fait référence aux 100 diapositives qui la composent. Ses diapositives représentent des signes japonais. La population japonaise est la deuxième plus importante à Sao Paulo. Claudia Andujar (Brésil), artiste d’origine juive très marquée par le nazisme. Elle est très engagée dans la défense du territoire de la population Yanomami dans les années 70. Elías Adasme (Chili) nous offre une oeuvre très surprenante réalisée en 1979, en pleine dictature de Pinochet. Il se prend en photo pendu par les pieds à côté de la carte du Chili, en dessous de la station de métro « Allende » pour dénoncer l’assassinat de Salvador Allende. On le voit également de dos, nu dans une pièce noire. Une façon de dénoncer la torture et la censure. Sur la dernière photo il s’est pris en photo avec le mot « Chile » écrit sur son corps. Il est à côté de la carte du Chili sur laquelle il a barré le mot « Chile ». Il dit dit ainsi son espoir car finalement le Chili n’est pas un territoire mais ce sont les hommes qui l’habitent qui en font ce qu’il est. Il ne faut pas laisser le pouvoir politique décider à notre place. L’objectif de cette oeuvre était d’exposer les photos dans certaines endroits de la ville pour voir combien de temps elles restaient sur les murs avant d’être enlevées par la censure. On peut voir un petit panneau sur lequel sont écrites les durées de « vie »…

« Villes ». Plus de 80 % de la population vit dans les villes qui ne cessent de grossir. Les photographes la mette en image pour rendre compte de la réalité qui les entoure. Ils veulent montrer les conditions miséreuses dans lesquelles vivent les gens. On peut y voir les photos de Bill Caro (Pérou), cet artiste peintre faisait des photos pour ensuite les reproduire en peinture. Facundo de Zuviria (Argentine), pionnier de la couleur en Amérique latine, il témoigne de l’effondrement de l’économie en Argentine au début des années 2000. Rosario Lopez (Colombie), ses photos montre les blocs de béton que les habitants ont coulés dans les angles des rues pour empêcher les sans-abri de s’y installer. Sa façon à elle de montrer la pauvreté. Daniel Gonzales (Venezuela) a photographié, dans la ville de Caracas, des graffiti à caractère très irrévérencieux qui raillent le suicide et en même temps le glorifie. Carlos ALTAMIRANO (Chili), la grande fierté de cette exposition car c’est la première fois que ses oeuvres quittent le Chili. Oeuvres extrêmement emblématiques de l’art chilien dans les années 70. Il faut absolument prendre le temps de regarder les deux films de Claudia Joskowicz (Bolivie)

« Informer-Dénoncer ». Dans cette pièce la violence politique est omni présente. On observe deux sortes de violences. Celle de la révolution (initiée avec la révolution cubaine) et celle la dictature. Dans les années 60, Juan Carlos Romero (Argentine) a récupéré des Unes de journaux qui montrent la dimension subversives de mouvements ouvriers et étudiants en Argentine. En opposition à Romero qui montre la violence sans rien en cacher, la fondation a choisi d’exposer l’oeuvre de Johanna Calle (Colombie). Elle traite de la violence sans la montrer. On se trouve en face de pages blanches, sans aucune image, avec seulement en bas, des légendes tapées à la machine. Ces légendes parlent de cadavres, de la brutalité de la répression. C’est l’oeuvre qui m’a le plus marquée. Dès l’arrivée dans ce long couloir où on voit d’un côté ces photos hyper violentes faisant face à ces « photos » blanches. On est immédiatement interpelé. Graciela Carnevale (Argentine) un des artistes phare du mouvement « Tucuman Arde » montre parfaitement le lien entre image et écrit pour dénoncer la violence de la dictature. L’oeuvre de Luis Camnitzer (Uruguay) est une des plus emblématique de l’exposition. A travers ses photos il dénonce le rôle néfaste et l’impérialisme américain dans le monde. León Ferrari (Argentine). Dans les années 90 il fait une série d’images intitulées « Nunca mas » qui montre comment, dans la société argentine « démocratisée », les stigmates de la dictature sont encore présentes. Mais la violence n’est pas seulement politique. Il y a aussi celle de la misère humaine. C’est que montre Teresa Margolles (Mexique) dans ses photos. Elle a fait le tour des morgues de Guadalajara pour récupérer les dernières lettres de suicidés. Puis elle a utilisé des extraits pour les inscrire sur les marquises d »anciens cinémas. Elle veut ainsi dénoncer la violence du quotidien.

« Mémoires et identités ». Cette partie de l’exposition essaie de répondre à la question « Qu’est-ce que c’est l’identité latino américaines ? Y a t’il une unité ou une diversité ?  » Certaines photos veulent rendre hommage à des sociétés disparues. D’autres montrent des populations tiraillées entre modernité et tradition. Marcelo Brodsky (Argentine) a fui la dictature en s’installant en Espagne où il a étudié la photo. A son retour en Argentine il a voulu revenir sur son histoire personnelle et a retrouvé de nombreuses photos. Parmi elles, une ancienne photo de classe. Il a recherché chacun de ses camarades de classe puis sur la photo, il a ajouté un petit texte pour dire ce qu’ils étaient devenus et a raillé ceux qui ont disparus. J’ai beaucoup aimé la série de Juan Manuel Echavarria (Colombie). Il témoigne de la violence des luttes entre les Farcs et l’armée colombienne. Une de leurs stratégies est le déplacement forcé de population pour prendre le contrôle de certains territoires. Plusieurs millions de personnes ont ainsi été déplacées. Dans cette série il montre une vingtaine d’écoles de ces villages et ce qu’elles sont devenues suite à l’irruption violente de l’armée pour vider le village. Il termine avec la photo d’un tableau noir dans une salle de classe sur laquelle est écrit : « Ce qui est beau c’est d’être vivant »… Marcos Lopez (Argentine). Il a réalisé la série « Pop latino » dans les années 90. Après avoir vécu 2 ans à Cuba, il a été marqué par les changements survenus en Argentine avec l’ouverture au néo-libéralisme. Ses photos sont très ironiques.Il nous montre une société tiraillée entre la tradition et les effets de la mondialisation.

Voilà, j’ai essayé de faire le tour de toute l’exposition pour vous donner des clés indispensables pour comprendre les messages de toutes ces oeuvres. Je n’ai pas parlé de tous les artistes mais de ceux qui m’ont marquée. Je vous souhaite maintenant une bonne visite.

Finissons en musique avec Meshell Ndegeocello. Un peu de musique soul mêlée de hiphop. Ca fait bouger le body.

Stephen Frears nous raconte l’histoire de « Philomena »

Aujourd’hui je serais bien allée me balader pour faire des photos. Parce que ça fait bien longtemps et que je commence à être en manque de déambulations dans les rues de Paris. Mais quand j’ai mis le nez dehors, il m’a dit qu’il faisait bien trop froid et que je devais le remettre au chaud bien vite. Et puis cette lumière grise n’est pas des plus motivante. Alors à la place j’ai préféré aller m’enfermer dans une salle obscure et j’ai vu « Philomena ».

« Philomena » commence en Irlande dans les années 50. A cette époque, il ne faisait pas bon être fille-mère. Déshonorées, les familles choisissaient d’enfermer leur fille dans des institutions tenues d’une main de fer par des religieuses. Là, les jeunes filles mettaient au monde leur enfant (dans la douleur si possible… pour expier leur péché…) puis restaient pendant des années pour « rembourser » leur dette envers l’institution. Pendant 3 ans elle aura le droit de voir son fils 1 heure par jour. Jusqu’au jour où il sera adopté par de riches américains venus chercher un enfant en Irlande. Pendant 50 longues années elle choisit de se taire. Son éducation religieuse l’a parfaitement bien conditionnée. Elle est donc convaincue que cet enfant est le fruit d’un péché et qu’elle doit le payer toute sa vie. Et puis, un soir elle craque et confie son lourd secret à sa fille. Celle-ci va alors demander à Martin Sixmith (ancien journaliste et chargé de communication auprès du 1er ministre en disgrâce) d’aider sa mère à retrouver son fils Antony. Au départ réticent, il va petit à petit s’attacher à cette vieille femme mais également être révolté par le traitement réservé à ces jeunes filles. Leur recherche va les mener jusqu’au Etats-Unis… mais je ne vous en dis pas plus…

Stephen Frears aurait pu faire de cette histoire (vraie) un film larmoyant. Mais alors ça n’aurait pas été un film de Stephen Frears. Bien sur il y a des moments touchants et on est bouleversé par la vie de ces pauvres jeunes filles. Mais le réalisateur n’en fait jamais des tonnes et les comédiens non plus. Judi Dench (Philomena) et Steve Coogan (Martin Sixmith) sont toujours dans le vrai, on retrouve toute la retenue anglaise avec leur humour irrésistible. Parce que ce que j’ai aimé par dessus tout dans ce film, au-delà de l’histoire bouleversante, ce sont les dialogues. Du vrai Stephen Frears. Il se moque toujours très gentiment de ses personnages grâce à des échanges d’une drôlerie toute en finesse. Je pensais voir un film qui allait me remuer (les histoires de mère, d’enfant… tout ça quoi… ça m’émeut). En réalité j’ai passé un délicieux moment avec d’excellents acteurs et des dialogues savoureux. dès que l’émotion devient trop grande il sait la canaliser grâce à l’humour. So british… J’adore cette façon de dire que l’on peut (et doit ?) rire (ou moins sourire) de tout !

Et pour clore ce billet, je vous laisse avec une jolie découverte musicale qui va faire du bien à votre fin de journée dominicale. Il s’appelle Ed Harcourt et interprète ici « Hey little bruiser ». Si cet extrait vous plait, écoutez cette playslit

« Tel père, tel fils » de Hirokazu Kore-Eda

Il est des films dont on parle très peu et qui passent dans de petites salles (pas assez « grand public » pour être projetés dans les ciné-cités…). Pourtant bien souvent, ils valent le détour. C’est le cas de « Tel père, tel fils » du réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda. Cela dit en passant, il a quand même été sélectionné au Festival de Cannes…

Alors oui c’est un film japonais, oui ce n’est pas un film d’action, oui tous les acteurs nous sont totalement inconnus. Mais le sujet du film est tellement universel. Il pose la question de la parentalité. Le lien qui existe entre un enfant et ses parents est-il un lien du sang ou le lien affectif qui se crée au fil des années et des souvenirs qu’on se fabrique ensemble ?

Nous avons sur ce sujet chacun nos réponses. Et je n’ai pas attendu de voir ce film pour me faire ma propre idée sur la question. Ma vie et celle de gens que j’aime m’ont apporté depuis longtemps la réponse.

Mais j’étais quand même curieuse de voir ce film pour découvrir le nouveau cinéma japonais. J’avoue avoir d’énormes lacunes sur le sujet. Hormis Wong Kar-wai (et le sublime « In the mood for love »), Hayao Miyazaki (j’aime tout de lui…) ou encore Nagisa Oshima (pour son sulfureux « Empire des sens », que j’ai vu par curiosité mais pas vraiment aimé…), je ne connais absolument rien d’autre. Donc me voici partie au ciné pour découvrir « Tel père, tel fils » dont on m’avait dit le plus grand bien.

Ryota Nonomiya, un brillant architecte, bourreau de travail, tient absolument à ce que son jeune fils de six ans, Keita, apprenne le piano, la compétition, la durété de la vie et intègre la meilleure école privée de la ville. Il laisse à son épouse, Midori, le soin quotidien de l’enfant. Leur univers est ébranlé lorsque l’administration de la maternité où Keita est né leur apprend qu’il y a eu échange d’enfants à la naissance. Ils rencontrent leur fils biologique, Ryusei, et ses parents, des gens simples et aimants, qui déplaisent à Ryota. Les deux familles doivent faire face à un choix impossible. Ryota croit, lui, dur comme fer, à la voix du sang…

Alors c’est vrai, l’idée n’est pas nouvelle et quand on lit le pitch ça fait penser à « La vie est un long fleuve tranquille ». En France on en a fait une excellente comédie. Au Japon, cela donne l’occasion de réfléchir sur la filiation, sur la place que l’on doit donner à la biologie en matière familiale. C’est également un « portrait » du Japon d’aujourd’hui et j’ai découvert la vie dans cette île. Pour moi le Japon c’est Tokyo et les images qu’on peut voir dans les films. L’agitation, la foule, les lumières d’une ville ultra moderne. Ici on entre dans l’intimité des personnages et on les regarde vivre. Ces deux familles tout les oppose. La famille de Keita est une famille aisée. Le père de famille est un cadre ambitieux qui ne supporte aucun échec et pousse son fils à une excellence sans limite… Il doit intégrer une école primaire haut de gamme, réussir une audition de piano… Pas de place ici pour le jeu et la tendresse. De l’autre côté, la famille de Ryusei. Elle appartient à la classe sociale ouvrière. Dans leur maison il y a du bazar partout, les enfants prennent leur bain tous ensemble, c’est bruyant, agité, vivant tout simplement.

Les deux garçons vont donc changer de famille… et les parents changer d’enfant. C’est à partir de ce moment là que la vie de Ryota se fissure. Confrontées à la réalité, ses convictions s’effritent. Quel beau personnage que celui de Ryota. Bien sur tous les autres comédiens ont leur place dans l’histoire et sont excellents. Les deux mères sont tellement touchante. Surtout celle de Keita. Elle n’a eu que cet enfant et ne pourra pas en avoir d’autre. Comme elle ne travaille pas sa vie tourne autour de son mari et de son enfant. On comprend d’ailleurs que c’est un problème pour Ryota… Pas facile d’être une femme à la maison avec un homme qui prône la réussite sociale et professionnelle.   Et le père de Ruysei ! Il est tellement sympathique. Il est simple et bon vivant. Et on adore le regarder se rouler par terre avec les enfants

Mais ma préférence va à Ryota, interprété par Masaharu Fukuyama. C’est un personnage dur, enfermé dans une carapace, incapable de la moindre tendresse envers sa femme ou son fils. Pour lui, la seule chose importante est la réussite. Alors, quand il apprend que son fils n’est pas le sien il s’exclame « tout s’explique alors… » Le manque de motivation de son fils pour le piano, sa gentillesse et sa douceur qui font de lui un être faible… Parce que pour lui la voix du sang est bien plus forte que celle de l’éducation. Peu importe qu’ils aient élevé cet enfant pendant 6 ans. De toute façon il était si peu présent qu’il n’a pas eu le temps de créer une vraie relation avec lui. Alors il accepte l’échange. Il n’imagine pas le bouleversement qui va alors se produire en lui. Nous, spectateurs, on le regarde évoluer très doucement. On le voit douter, se poser des question, vaciller… Quelle belle scène que celle où il trouve les photos que Keita a fait de lui. Quel acteur ! Ses émotions sont palpables, on les ressent avec lui.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser ce film n’est jamais ennuyeux. Lent surement, mais c’est pour mieux comprendre les personnages et saisir leurs émotions. C’est beau, tendre, émouvant. Hirokazu Kore-eda a un regard sans jugement sur ses personnages. Il ne cherche pas à théoriser mais plutôt à nous faire réfléchir sur nos propres relations avec nos enfants ou nos parents. Prenons-nous le temps de créer cette filiation ?

Voilà, c’est du cinéma comme j’aime. Bien sur si tu veux aller au ciné pour te divertir et rigoler là il vaut mieux éviter…

Je vous laisse avec Hugh Coltman et « It’s OK ». Ca faisait longtemps que je ne l’avais pas écouter. Celle-ci est une de mes préférées.

« The lunchbox » ou comment « un mauvais train peut mener à la bonne gare »

Décidément en ce moment je suis rarement déçue. Nouveau coup de coeur cinématographique ce soir. J’ai enfin réussi à aller voir « The lunchbox », un film indo-franco-allemand, réalisé par Ritesh Batra.

L’histoire ? A Bombay, une jeune femme délaissée par son mari tente de le reconquérir en lui préparant chaque jour un savoureux déjeuner que livre au bureau une société spécialisée. Elle en attend en vain des réactions. Et pour cause. Par erreur, la boîte est livrée à un autre employé solitaire et proche de la retraite. Intrigué, le destinataire glisse un petit mot dans la boîte qui va retourner à l’expéditrice. Une correspondance se noue entre eux…

Ce service de livraison existe réellement. Ce sont les « dabbawallahs », spécialité indienne et même, plus précisément de la ville de Bombay. Cahque jour plus de 5 000 « dabbawallahs » livrent des plats chauds dans toutes les entreprises de la ville. ces « lunchbox » peuvent venir des épouses ou de restaurants. Il parait que l’université d’Harvard a étudié le phénomène, et a établi qu’une lunchbox sur un million seulement n’arrivait pas à la bonne destination. Et c’est justement cette exception que le réalisateur indien a choisi de nous raconter ici.

Ce film, tout simple, est très touchant. Et puis cette histoire ne pouvait que me plaire. Une rencontre épistolaire due au hasard le plus total. Au fil des échanges de lunchbox, les deux protagonistes se livrent un peu plus. Jusqu’au jour où Ila propose une rencontre à Saajan. Mais il n’est pas si facile de passer de l’autre côté du papier pour se rencontrer dans la réalité. Surtout quand on est un homme vieillissant face à une jeune femme ravissante.

Et puis Saajan est un comptable misanthrope pas vraiment sympathique. Comme il est agaçant dans sa façon de repousser le jeune homme qui doit prendre sa place lorsqu’il partira à la retraite. Grace aux lunchboxes d’Ila et à la correspondance qu’ils échangent, Saajan reprend goût à la vie et s’ouvre à nouveau aux autres. Quand à Ila ces lettres vont lui redonner le sourire. Malgré la distance de son mari (qu’elle soupçonne d’avoir une maitresse) elle se prend à rêver d’une autre vie. Et pourquoi pas la vivre au Bouthan avec Saajan ? Parce que le Bouthan est connu pour être le pays du bonheur avec son BNB (bonheur national brut) alors c’est l’endroit rêver pour commencer une nouvelle vie.

J’ai également beaucoup aimé la façon dont est réalisé le film. Les scènes de préparation des repas mettent l’eau à la bouche. Je suis ressortie du ciné avec une incroyable envie d’aller manger indien. J’ai adoré l’idée de cette mystérieuse voisine dont on  ne connait que la voix. Il y aussi les scènes où le réalisateur nous fait suivre le trajet de la lunchbox. On y découvre la vie à Bombay avec tous les bruits, l’agitation, la foule. A travers cette belle histoire romantique on visite l’Inde, on découvre la vie des gens avec la promiscuité dans les transports (on relativise alors les trajets sur la ligne B aux heures de pointe… comprenne qui pourra…), la façon de vivre et de travailler, les traditions…

C’est un joli film, tendre et drôle, sur la remise en question de sa vie, sur jusqu’où on est prêt à aller pour la changer. Et aussi sur les hasards de la vie qui peuvent mettre le bonheur à portée de main… D’où la fameuse phrase répétée plusieurs fois pendant le film « Un mauvais train peut mener à la bonne gare ». A partir de là, la fin du film nous laisse libres d’imaginer la suite qui nous convient. Il y a la pessimiste qui se dit « dommage, ils se sont ratés ». Voilà deux êtres qui auraient pu s’aimer et changer de vie ensemble. Mais ils n’ont pas su se rencontrer au bon moment. Un décalage de tempo fait qu’ils se ratent…

Moi je suis une incorrigible optimiste alors j’ai envie de me raconter une autre suite… Comme « un mauvais train peut mener à la bonne gare », je suis certaine que leurs trains vont finir par se croiser, qu’à force de se chercher ils vont se trouver. Parce que je les trouve beaux, parce que j’aime leur histoire et que j’ai terriblement envie de penser que c’est possible…

J’ai envie de vous laisser avec une artiste qu’on m’a fait découvrir ce week-end. Un nouveau coup de coeur. Elle s’appelle Melanie de Biasio. Ecoutez c’est juste du bonheur… Si ça vous plait n’hésitez pas… tout l’album est excellent.

« In & Out », le streetart s’expose aux Frigos

Je rentre du vernissage de l’expo « In & Out » aux Frigos et je n’ai envie de vous dire qu’une chose : allez-y ! Si vous aimez le streetart ou si vous avez envie de découvrir des artistes très prometteurs c’est l’expo à voir dans les jours qui viennent (vous avez jusqu’au 28 février !).

Lire la Suite

 « Sharks In A Fishbowl » : fusion de la musique et du streetart

Le 30 novembre j’ai rencontré Luc Noulez, auteur et chanteur du groupe Sharks In A Fishbowl. Il était accompagné par Pierre Gregori, streetartiste qui a fait la pochette de l’EP et qui participe activement au projet de Sharks In A Fishbowl. Parce que ce groupe de musique et cet EP ça n’est pas que de la musique. C’est avant tout un projet avec une volonté de faire bouger le monde derrière les choix musicaux.

Nous nous sommes retrouvés au Comptoir Général, un endroit incroyable (et à découvrir absolument) dans le 10ème. Cette interview est allée au-delà d’un simple « questions-réponses ». Nous avons eu de longues discussions sur le monde qui nous entoure, sur l’univers de la musique, le streetart (entre autre RueStick, rassemblement qui permet des rencontres qui peuvent faire naitre de nouveaux projets), l’impact des réseaux sociaux pour faire connaître les artistes (tous domaines confondus).

Mais parlons plutôt de leur projet. Je vais essayer ici de transcrire tout ce qu’ils m’ont dit. J’espère être fidèle à leurs mots.

En mars 2013, Luc Noulez a eu envie de créer un projet musical pour « développer un univers plus solo ». Pendant 4 ans il a travaillé avec un autre groupe (Kind of Cute) et il a eu envie de « s’émanciper un peu du rock pur et brut pour arriver vers un style de travail, plus prenant, plus planant qui laisse plus place à l’imagination ». Ca s’est c’est fait grâce à une rencontre avec Laurent Morelli qui a produit et participé à l’écriture de l’EP avec Luc Noulez.

Trois mois de travail intense pour arriver à un très bon résultat. 5 morceaux dans lesquels Luc Noulez a mis tout son univers. Puis le bassiste de son ancien groupe, Arnaud Pebret, vient rejoindre l’aventure.

Ils ont commencé par travailler sur un mélange de beat électronique et d’instruments acoustiques, fusion de l’univers assez froid et entêtant de l’électro avec la chaleur de l’acoustique. Pour les textes ils ont voulu écrire sur ce qu’ils vivent, sur le monde qui les entoure. Les 5 chansons sont comme 5 fables mêlant réalité et surréalisme, tout en dénonçant des choses par la métaphore et l’imaginaire. L’idée de ce projet est de créer une relation avec l’auditeur en lui apportant leurs réflexions sur la société pour le pousser lui-même à réfléchir.

« Clouds » parle de la vie sur un nuage. Comment on voit les choses ? Est-ce qu’on peut en tomber ? Le nuage est la métaphore du confort et de tout ce qui autour de nous nous formate pour qu’on reste dans ce confort. Plus le nuage grossit, plus il s’envole et moins on voit ce qui se passe autour.

« Sharks In A Fishbowl » parle des gens carriéristes, qui ne vivent que pour réussir. Image du requin dans un bocal. Ce sont les gros qui mangent les plus petits. On vit aujourd’hui dans un système dans lequel il n’y a plus aucune solidarité. L’individualisme devient tellement fort que ça fait peur.Il faut être toujours au top et gagner toujours plus d’argent pour consommer encore plus. La solidarité a disparu.

« Legends » parle de cette recherche de cette vérité qu’on fait passer par la religion et la science mais que finalement on ne trouvera peut-être jamais. Sorte d’endoctrinement par la « vérité » qu’on nous impose.

« Breathe » est un message d’espoir.

Cet EP tourne autour de ce thème, de cette attirance que nous avons pour le confort. Pierre Gregori compare les chansons aux images peintes par le streetartiste Banksy. Images très négatives mais qui par certains côté sont très drôles, qui poussent à la réflexion et véhiculent un message d’espoir.

A travers ses chansons Luc Noulez veut essayer d’éveiller les consciences, de pousser les gens à se poser des questions pour ne plus accepter le monde tel qu’on veut nous le vendre. Ils ont l’espoir que les choses peuvent changer. Beaucoup de gens passent à côté de leur vie parce qu’ils sont liés par la chaîne qu’est l’argent. On se laisse enfermer dans un monde superficiel dans lequel seul l’argent a de l’importance. Les hommes deviennent alors individualistes et ne veulent pas voir la misère autour d’eux pour ne pas partager.

Ce projet est totalement apolitique et loin de toute religion. Ils tiennent vraiment à mettre ça en avant. Ils ne veulent être l’objet d’aucune récupération. Pour eux cet EP relève plus d’une réflexion philosophique. Ils décortiquent le monde qui les entoure pour raconter des fables et pousser celui qui l’écoute à réfléchir.

Au moment de faire la pochette de l’EP, Luc a pensé à Pierre Gregori parce qu’ils se connaissent depuis longtemps (plus de 10 ans… ce qui est beaucoup étant donné leur jeune âge…). En regardant son travail (très enfantin et très mature à la fois) il s’est dit que ça pouvait vraiment coller à l’univers créé dans les textes.

Pierre Gregori nous raconte que la première fois qu’il a dessiné c’était sur le papier peint des murs de sa chambre… surement parce que ça ne lui plaisait pas trop et qu’il avait envie d’apporter sa touche personnelle. Suite à ça, ses parents l’ont inscrit à des cours d’art et de musique et il s’est intéressé très tôt à cet univers. Il a appris les techniques pour arriver à donner un sens à ce qu’il avait dans la tête. Longtemps il fera de la reproduction avant de trouver sa patte graphique. Il a même fait des études d’art graphique qui ne l’ont mené nulle part car il s’est rendu compte qu’il n’était pas fait pour ça. Trop de barrières que ce soit du côté graphique ou du côté réflexion. Pour chaque travaux il fallait répondre à un cahier des charges très précis qui éteint toute créativité.Vers 14 ans il commence à s’intéresser aux graffitis.

Depuis il était toujours resté un peu là-dedans. Parce qu’il aimait l’adrénaline générée par l’interdit, parce que c’était un terrain où l’imagination peut s’exprimer librement. Mais là encore il va se trouver limité par le « tag vandal » qui suscite soit l’admiration des gens du milieu, soit la réticence des villes. Il a envie de faire des œuvres qui poussent à la réflexion. Il va alors passer de la technique académique parfaite à une simplification extrême des traits.

Il explique que ce qu’il fait est très simple techniquement, que même un enfant peut reproduire ses dessins. Le plus difficile est justement cette réflexion sur la simplification. Il faut oublier complètement la technique qui permettrait de faire une perspective ou des proportions parfaites pour arriver à un trait simplifié à l’extrême. Il utilise ici la technique de bande-dessinée qu’il adapte à sa sauce pour aller à l’essentiel. Le graffiti l’a aidé à trouver son identité graphique dans le travail de la typo, de la vitesse, des personnages. Ca lui a appris à plus se lâcher pour devenir beaucoup plus créatif.

Leur projet est complètement du « do it yourself ». Ils ont décidé de tout : musique, textes, pochette de l’EP, campagne de com.

Dans l’idée du « do it yourself » il y a celle de tout faire par eux-même. Ce qui laisse une totale liberté dans le projet. Les membres peuvent changer, de nouvelles associations peuvent voir le jour. En fait ils voient le projet comme un collectif artistique. Ils veulent « redonner de l’humanité là où il n’y en a plus dans l’univers de la musique, apporter du positif, de l’espoir ».

Ils tenaient à cette liberté car ils reprochent au monde de l’art en général son uniformisation. En musique tout se ressemble un peu : l’univers musical, les clips… Plus de surprise. Tout ce qui compte c’est le petit scandale qui va faire du buzz quelques semaines autour d’un artiste. Pour eux, aujourd’hui les artistes se contentent de la médiocrité. Ils sont également liés à leur maison de disque qui leur laisse peu de liberté dans leur création.

Et puis Internet a changé beaucoup de choses. En particulier dans le monde de la musique. Avant le peu de moyens mis à la disposition des jeunes les rendait curieux. Ils se déplaçaient beaucoup plus facilement pour aller voir des petits groupes passer sur scène. Finalement aujourd’hui il y a tellement d’informations grâce aux réseaux sociaux que les gens ne sont plus curieux, ils deviennent paresseux. Les gens qui se battent pour faire perdurer la culture sont un peu délaisser au détriment des « gros » qui ont plus de moyens pour faire parler d’eux. Pour eux les gens sont plus dans la consommation que dans la curiosité.Les jeunes piochent un morceaux par ci, un morceau par là mais n’achètent plus d’album complet. Hors un album est un univers à part entière qui raconte une histoire.

La campagne de com se fera autour du personnage principal. Le « fameux » requin qui s’appelle Ripster. Il est un membre du groupe à part entière et participe activement au projet artistique et musical. Il est sur la pochette de l’EP, avec eux pour l’interview, sur les photos et même sur scène. Pour mémoire Ripster est le chef de bande des Street Sharks (dessin animé des années 80). Il va faire du scandale…

Pierre Gregori réalisera des performances graphiques pendant les concerts. Il choisira quelqu’un dans le public qui repartira avec l’oeuvre qu’il aura réalisé. Le but est de créer des échanges avec les gens qui viendront les voir sur scène. Quelle que soit la salleils trouveront toujours le moyen de rester en contact avec le public. Pour eux un artiste ne doit pas être au-dessus de tout. Il doit savoir rester humble et ouvert aux échanges. Le partage est le pilier central du groupe. Partage du CD en le rendant accessible à tous avec un prix libre avec un minimum pour les gens qui n’ont pas trop d’argent. Et ceux qui peuvent le paient un peu plus cher. Partage avec le public lors des concerts en allant discuter avec les gens après pour vendre le CD ou simplement pour discuter en buvant un verre ensemble.Luc Noulez adore avoir de longs débats sur ses textes pour savoir comment ils sont perçus par les gens qui les écoutent. Partage via les réseaux sociaux : ils aiment que les gens leur laissent des messages pour leur dire ce qu’ils ont pensé du concert ou du CD.

Pour conclure voici le message qu’ils veulent faire passer : il faut aller au-delà de ce qu’on veut bien nous montrer et communiquer. Avec sa famille, ses amis, des artistes, des gens qu’on rencontre. Pour essayer de changer les choses. Tolérance, respect, partage, curiosité sont leurs maitres mots pour rendre l’Humain à l’Homme.

Quand à moi je n’aurai qu’un seul message : éveillez votre curiosité ! Ecoutez leur album et allez les voir sur scène. Pour les suivre vous trouverez plein d’infos sur leur page Facebook « Sharks In A Fishbowl ». Vous pouvez aussi les écouter sur Noomiz.

Et bien sur je vous laisse en musique avec « Sharks In A Fishbowl ».

« Yves Saint Laurent », un génie de la mode

Comme je vous le disais hier dans mon billet sur « Le Loup de Wall Street« , je suis prise d’une véritable boulimie de cinéma en ce moment. Heureusement j’ai une carte qui me permet d’y aller de façon tout à fait illimitée. Et en ce moment il y a tant de films que j’ai envie de voir. Alors hier après-midi ce fut « Yves Saint Laurent » de Jalil Lespert. Ce film je vous le conseille encore bien plus que le dernier Scorcese. C’est un chef d’oeuvre à mes yeux car il réunit tout ce qui fait d’un film un chef d’oeuvre. L’histoire passionnante d’un homme hors du commun, le jeu de comédiens lumineux, les superbes images, la bande musicale qui évolue au fil des époques.

Je ne suis pas une inconditionnelle de la mode. Bon je suis quand même une fille qui aime les vêtements, les chaussures, les bijoux… tout ça quoi. Donc je m’intéresse à la mode. Mais juste comme ça dans les magazines chez le coiffeur ou quand je trouve le courage d’aller faire du shopping. Tout ça pour dire que la haute-couture je regarde ça d’encore plus loin et que la vie et l’oeuvre des couturiers me sont tout à fait inconnus. Alors ce film a été pour moi une véritable découverte. Celle de la vie d’un génie tourmenté qui ne trouvait le salut que dans ses créations. Il a su s’adapter aux époques et surtout transformer l’image de la femme, comme en 1966 lorsqu’il fait apparaitre le premier smoking féminin sur les podiums. Alors oui, comme tous les génies en général, il est un être à part et pas toujours facile à vivre. Ses failles nourrissent sa création mais le poussent aussi à se mettre en danger, à s’auto-détruire.

Heureusement, un jour il a fait la rencontre qu’on rêve tous de faire. Celle qui va changer sa vie. Pierre Berger entre un jour dans sa vie et n’en sortira plus jamais. Il sera l’homme de sa vie. Cet amour m’a émue (et même un peu pleurer je dois l’avouer) parce qu’il est beau et inconditionnel. On lit dans le regard de Pierre Berger une admiration sincère pour Yves Saint Laurent. Alors il va l’aimer et le soutenir, le protéger même dans les moments les plus extrêmes. Il lui pardonne tout, même d’aimer un autre homme.

Toutes les critiques sont unanimes et je les rejoins. Pierre Niney est pour beaucoup dans la réussite du film. Il ne joue pas, il est Yves Saint Laurent. La ressemblance physique est incroyable. Son jeu est magnifique. Grâce à lui, on est touché par la timidité, la fragilité du couturier. Mais il ne faut pas oublier Guillaume Gallienne, qui interprète Pierre Berger avec un talent fou. Décidément quel comédien. Il m’avait déjà bouleversée dans son film « Les garçons et Guillaume à table« . Mais là ! Je pourrais presque dire qu’il est mon personnage préféré. Je l’ai trouvé tellement émouvant dans son amour sans limite. Il souffre et devient blessant. Il accepte par amour d’être trompé. Mais jamais il ne perd son regard sur l’homme de sa vie. Je me demande ce qu’aurait été la vie d’Yves Saint Laurent sans sa rencontre avec Pierre Berger ? Parce que, comme je l’ai dit, le couturier est génial et son talent ne peut être remis en question. Mais c’est Pierre Berger qui soulève des montagnes lorsqu’il faut trouver de l’argent pour créer la maison de couture. C’est encore lui qui négocie avec le monde entier ou qui le relève lorsqu’il s’écroule.

Un petit mot sur Charlotte Lebon qui m’a surprise. J’en étais restée à la Miss Météo de Canal+ et j’ai découvert une jeune comédienne avec un vrai talent. Alors ça mérite d’être dit.

Vous l’aurez compris j’ai beaucoup aimé ce film. Et j’aimerais vraiment vous donner envie d’aller le voir. Croyez moi, vous ne regretterez pas d’y être allés.

La BO du film est également géniale. Elle suit les années ou les moments de vie d’Yves Saint Laurent. Il faut dire que plus de la moitié a été composée par Ibrahim Maalouf. Ecoutez…

Di Caprio se transforme en roi de la finance

J’ai des mois de « vide » cinématographique à rattrapper. Alors je vais au ciné avec frénésie et j’ai beaucoup de chance parce que je vois principalement des films qui me plaisent. J’en profite pour faire un petit rappel. Ne ratez pas « Suzanne » « La Vénus à la fourrure » et « Les garçons et Guillaume à table« .

Hier soir, je suis allée à mon petit cinéma de quartier pour aller voir « Le Loup de Wall Street« . Pour Di Caprio qui est (pour moi) un des meilleurs acteurs américains. Pour Scorcese qui excelle dans les films sur le grand banditisme.

Tout est dit dans ce résumé du film : « L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez… »

Et bien une fois de plus, il arrive à nous captiver (pendant 3 heures quand même) en nous racontant l’histoire vraie de Jordan Belfort, trader sans scrupules qui s’est enrichi en vendant des actions sous-côtées à des américains moyens en leur promettant de changer leur vie. Jusqu’à ce que ça ne lui suffise plus et s’attaque aussi à de gros « poissons ».

Contrairement à ce que j’ai pu lire dans certaines critiques, Scorcese n’a pas un regard attendri sur cet homme. Il nous le montre tel qu’il était vraiment. Un monstre des temps modernes. Dans les années 80-90 il y en a eu des tas comme lui. Parce que les Etats-Unis c’était ça : pour réussir tout est possible. La fin justifie toujours les moyens. Alors tout un tas de « cols blancs » de la finance sont devenus des délinquants, jouant sans scrupules avec la loi pour s’enrichir. La grande force de Jordan Belfort : il était un vendeur hors-pair qui aurait vendu n’importe quoi. Et là, il a simplement vendu le rêve américain à des gens dans la galère. La méthode s’appelle de l’abus de confiance et existera toujours. Seule la loi peut protéger. Ce que prouve ce film puis que le trader connaitra une chûte aussi retentissante que la montée.

Jusque là rien de bien nouveau. Scorcese nous a habitué à ces hommes qui se vautrent dans le luxe et la luxure, ne carburant qu’à la cocaïne et « suppriment » de leur vie tout ce qui veut leur barrer la route. Mais il n’a pas choisi n’importe quel acteur pour jouer Jordan Belfort. Leonardo Di Caprio est absolument incroyable. Je dirais « une fois de plus ». Même dans « La Plage », qui n’es quand même pas un chef-d’oeuvre, il arrive à porter le film. Ici il est bluffant en trader sans scrupules qui galvanise ses vendeurs lors de discours incroyables ou en leur offrant de véritables orgies.

Le seul reproche que je ferai un peu c’est la longueur. Certaines scènes ne m’ont pas parues indispensables. Burlesques certes mais vraiment pas indispensables. Je pense à celle où il est obligé de ramper pour rentrer chez lui à cause des effets d’une drogue ayant dépassé la date de prescription. Ou encore lors du naufrage du bateau. Certes les images de la tempête sont superbes et impressionnantes mais sans cette scène on avait déjà bien compris le caractère extrême et dangereux (pour les autres et pour lui-même) du personnage.

C’est donc un film à voir. Pour voir un monde incroyable qui donne plutôt la nausée et surtout pour la prestation de Di Caprio ou encore Matthew McConaughey et Jean Dujardin.

Pour finir en musique, forcément, je parlerai de la bande son excellente. En voici une… Ernie K Doe, « Here come the girls ».

Finir l’année (ou la commencer) tout en haut là-haut…

L’année 2013 a été riche en évènements. Alors forcément il y en a eu des bons et des moins bons, voire des carrément pas sympas. Et puis pendant 365 jours il a fallu courir pour arriver à tout faire. Le boulot, la marmaille, les amis, les hobbies passion(nants). Alors il arrive un moment où il faut savoir se poser. Sinon on frôle le burn-out. C’est pourquoi j’ai décidé de prendre mes clics et mes clacs et de partir finir l’année et en commencer une toute nouvelle (que j’ai décidé très officiellement de placer sous le signe de la joie et du bonheur… nan parce que franchement une année galère c’est largement suffisant. J’ai bien compris le message.) Tout en haut de la France, dans la jolie pointe appelée Cotentin.

Je me suis trouvé une très petite et très jolie maison, complètement perdue dans la pampa… oups pardon en Normandie on dit campagne. Ma seule exigence : une cheminée. Pendant 4 jours j’ai fait de superbes balades, pris un grand bol d’air et passer le réveillon du 31 décembre devant un magnifique feu de cheminée. Le bonheur !

A l’occasion de mes balades j’ai découvert de très beaux endroits.

Barneville et Carteret. Des plages superbes avec plein d’algues tout à fait surprenantes, des adeptes du char à voile et un magnifique soleil qui a brillé tout l’après-midi. Mais oui. Il ne pleut pas tous les jours en Normandie !

Le Cap de la Hague et le Nez de Jobourg. Là on est vraiment au bout du bout. On peut même apercevoir les côtes anglaises. C’est super beau avec des mélanges de couleurs incroyables (le rouge de la terre, le vert des champs, le blanc du sable et le bleu… enfin ce jour-là plutôt gris j’avoue, de la mer). Malheureusement la balade a été un peu écourtée. A peine arrivée tout au bout de la looooongue plage une pluie diluvienne mêlée de grésil s’est mise à tomber. Les temps d’arriver à ma voiture j’étais dégoulinante. Et il faut bien le dire frigorifiée parce que bon quand même en hiver fait pas bien chaud chez les normands. Je me suis donc dépêchée de rentrer dans ma petite home sweet home pour me réchauffer devant les flammes… Mmmmhhhh c’était tellement bon.

Dernier jour avant de reprendre la route, j’ai découvert un village de pêcheur superbe. Barfleur. Le soleil et le ciel bleu étaient de retour. J’ai pu prendre mon temps et rapporter plein d’images. J’ai même bu un petit café avec jean-Luc Petitrenaud. Bon d’accord pas « vraiment » avec lui. Mais on était tous les deux debout au comptoir à siroter notre petit café et nous avons échanger 3 mots. C’est qu’il est de chez moi cet homme là… Alors quand même.

Je vous offre donc un reportage en terres normandes avec 3 albums. J’espère que vous les aimerez et qu’ils raviront vos yeux. Moi j’ai adoré ce début d’année. Je pense qu’il augure d’une bien belle année 2014… Pour voyager il suffit de cliquer sur les liens suivants…

Balade sur la plage de Barneville

Découverte du Cap de la Hague et du Nez de Jobourg

Barfleur, charmant village de pêcheur

Pour le final en musique, je vous laisse avec Ariane Moffatt et sa chanson « Walls of the world« . parce que je l’ai écouté ce matin en partant bosser… et parce que je l’aime bien tout simplement.