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The place beyond the pines

Synopsis

Cascadeur à moto, Luke est réputé pour son spectaculaire numéro du «globe de la mort». Quand son spectacle itinérant revient à Schenectady, dans l’État de New York, il découvre que Romina, avec qui il avait eu une aventure, vient de donner naissance à son fils… Pour subvenir aux besoins de ceux qui sont désormais sa famille, Luke quitte le spectacle et commet une série de braquages. Chaque fois, ses talents de pilote hors pair lui permettent de s’échapper. Mais Luke va bientôt croiser la route d’un policier ambitieux, Avery Cross, décidé à s’élever rapidement dans sa hiérarchie gangrenée par la corruption. Quinze ans plus tard, le fils de Luke et celui d’Avery se retrouvent face à face, hantés par un passé mystérieux dont ils sont loin de tout savoir…

Tout me poussait à aller voir ce film. Les critiques souvent positives, des articles écrits par des bloggeuses dont je partage souvent les goûts (enfin surtout une d’ailleurs…), des amis qui ne tarissaient pas d’éloges. Bref . Il fallait que je le vois. L’occasion s’est présentée vendredi soir.

Je rejoins mes amis, « ma » blogueuse, les critiques… J’ai beaucoup aimé ce film. En premier lieu pour les acteurs qui sont tous extraordinaires. Je les ai quasiment tous découverts dans ce film. OK j’avoue. Je n’ai jamais vu « Drive » et « Very bad trip 1 » m’a laissé tellement indifférente que je n’ai aucun souvenir des acteurs qui jouent dedans. Voilà de belles découvertes en tous les cas.

Ryan Gosling est très touchant en bad boy qui se découvre père et décide d’assumer sa responsabilité.

Bradley Cooper quand à lui, campe à merveille ce flic qui se veut incorruptible mais va finalement utiliser le système pour servir sa carrière.

Chapeau également aux jeunes acteurs jouent le rôle des fils des protagonistes. Emory Cohen fait peut-être un peu d’ombre à Dane DeHaan avec sa moue à la James Dean.

Il ne faut pas oublier Ray Liotta, génial en flic pourri et Eva Mendes très émouvante.

Ce film vaut le déplacement également pour son histoire qui nous parle de filiation (être père ou fils) , de fatalité. Ce drame raconte les vies de 2 générations en 3 chapitres.

Dans le premier, Derek Cianfrance nous parle de Luke (Ryan Gosling), tête brûlée instable qui va décider de fixer son existence à Schenectady lorsqu’il apprend qu’il est père d’un petit garçon. Pour cet enfant et pour assumer ses responsabilités il est prêt à tout… et surtout au pire. Parce qu’il est un homme qui s’est construit sans père et ne peut donc tourner le dos à cet enfant. Devenu braqueur de banque, il est poursuivi par un jeune flic ambitieux Avery Cross (Bradley Cooper).

Dans le deuxième chapitre, on assiste à l’ascension sociale de Avery. Ascension basée sur le meurtre de Luke, qui a fait de lui un héros. Cette histoire parle aussi d’hérédité et de transmission. Ici on voit un fils marcher dans les pas de père et réaliser les ambitions politiques qu’on a voulu pour lui. Très vite on comprend que pour répondre aux souhaits de son père, Avery a, lui, perdu le contact avec son propre fils. Cercle vicieux infernal.

La troisième et dernière partie met en scène les fils de Luke et Avery. Ils vont se rencontrer sans connaître l’histoire de leurs pères et l’influence que cette histoire aura eu sur la vie de chacun. Mais ils ressentent que quelque chose les lie et les attire l’un vers l’autre dans une sorte d’affrontement.

En me relisant, je ne suis pas certaine d’avoir été très claire… Mais franchement je ne vois pas trop comment raconter ce film autrement, sans trop en dire pour laisser le plaisir de la découverte à ceux qui ne l’aurait pas encore vu. Parce que franchement s’il y a bien une chose que je déteste c’est qu’on me raconte la fin d’un film et toutes les scènes importantes !!! Alors si vous n’avez rien compris ça n’est pas grave. Allez voir ce film. C’est beau, intense, avec des acteurs magnifiques.

Pour vous qui ne me suivez pas sur Facebook, voici un de mes coups de cœur. Alex Hepburn. « Under ». A l’occasion écoutez son album. C’est vraiment bon. J’aime beaucoup sa voix un peu rauque.

 

Diving with Andy chante à La Loge

Hier soir j’ai enfin découvert La Loge. J’entendais parler de cette salle depuis longtemps mais l’occasion d’y aller ne s’était présentée. J’ai bien aimé le lieu. Petite (je dirai même toute petite) salle cachée au fond d’une cour. L’acoustique y est vraiment bonne. Très chouette vraiment.

Donc, hier soir je suis aller là-bas pour découvrir le nouvel EP de Diving with Andy. J’aime beaucoup leur album « Sugar Sugar » qui date quand même de 2009 !!! Il était temps qu’ils réécrivent des petites choses non ??!!!

Alors mon impression… La belle voix chaude, douce et câline de Juliette Paquereau est toujours là. Et ses fidèles compagnons aussi Elle nous entraîne dans des balades intérieures où semblent planer un peu de nostalgie. Cet EP a perdu la légèreté des premiers albums pour venir à un ton plus personnel et introspectif. Elle nous parle d’amour et de recherche de soi. C’est joli et très agréable à écouter.

Par contre ça m’a semblé un peu trop court non ? 5 nouveaux titres, quelques reprises et hop une heure après terminé. Avec 2 rappels !!! Espérons que pour les prochains concerts ils en donneront un peu plus.

Pour découvrir le nouvel EP ça se passe ici : Is This Me ? 

Je vous laisse avec leur nouveau clip. « Believe me ».

Chasse au trésor à Vitry-sur-Seine

Depuis très longtemps j’avais envie d’aller faire une « chasse au trésor » à Vitry-sur-Seine. Si tu es profane en streetart tu vas me dire : « mais pourquoi Vitry ? ». Si tu aimes ce monde artistique tu sauras pourquoi je suis allée là-bas. Cette ville est tout simplement le fief de C215. Et C215 est vraiment l’un des artistes de streetart que je préfère.

Alors en ce dimanche ensoleillé me voilà partie, appareil photo en bandoulière, à la recherche des petits trésors que voudra bien m’offrir la ville. Je suis rentrée avec ma besace pleine d’oeuvres plus belles les unes que les autres. De C215, d’Alice et de bien d’autres artistes encore.

Et comme les mots ne peuvent exprimer ce que disent les images, je ne ferai pas de longs discours. Je préfère vous laisser avec mes photos. Bonne balade visuelle.

Pour finir sur de belles images et en musique, voici mon nouveau coup de cœur. Woodkid. J’adore son album. A écouter attentivement pour le plaisir d’une orchestration incroyable. Woodkid c’est aussi un beaucoup de talent pour faire de très beaux clips. « I love you ».

Lou Doillon et Sinead O’Connor au Festival Chorus

Hier j’ai reçu une invitation que je ne pouvais absolument pas refuser. Aller voir Lou Doillon en concert au Festival Chorus.

Lou Doillon je l’ai découverte, comme tout le monde, à la sortie de son album. Et dès la première écoute j’ai aimé. Sa belle voix un peu rocailleuse et chaude, les textes un peu tristes de ses chansons, la musique. Tout me plaisait. Et je n’avais qu’une seule envie : la voir sur scène.

Et j’avais raison. Sur scène c’est encore mieux. En plus là, j’étais tout près d’elle. Juste devant. Je pouvais profiter de toutes ses expressions. Cette fille, d’abord, elle chante merveilleusement bien. Et en plus quelle simplicité. Elle a l’air tellement étonnée que tant de gens viennent pour elle. Alors elle parle à son public. Elle explique comment elle a écrit ses chansons. Ce qu’elle a essayé de dire. On la sent un peu écorchée vive. Ce que ses textes laissaient déjà paraître. Mais en même temps tellement heureuse de ce qui lui arrive et d’une sincérité désarmante.

Son concert a été vraiment un grand plaisir. J’en rêvais tellement !!!

Si tu es déjà allé le festival Chorus et le Magic Mirorr, tu connais forcément le bar. Tu aimes ? Parce que moi je trouve cet endroit vraiment sympa. On y passe un bon moment entre deux artistes. Tellement bien que là on a failli oublier de retourner dans la salle de concert… Pourtant une grande dame était attendue !! Sinead O’Connor. Heureusement les premières notes nous ont rappelés à l’ordre !!

Sinead O’Connor c’est avant tout une voix. Et quelle voix !!! Et puis des souvenirs. Toute mon adolescence. Parce que je dois l’avouer ça faisait bien longtemps que je n’avais pas écouté un de ses albums.

Hier soir j’ai vécu une merveilleuse expérience. J’ai fermé les yeux. Il faut dire qu’étant revenue un peu trop tard dans la salle j’étais au fond… et je n’avais donc qu’une vue très… partielle, de ce qui se passait sur scène. Alors n’ayant pas d’image j’ai profité pleinement du son. Donc, j’ai fermé les yeux et laissé juste sa voix entrer en moi et m’emmener dans un très beau voyage, empli par moment de nostalgie, par moment de beaucoup de sensualité. C’était vraiment intense.

Je voudrais un petit mot sur le groupe qui nous a permis d’attendre l’ouverture du Magic Mirror en musique. Il s’appelle Ulrich Forman. Vous avez déjà sûrement entendu certaines de leurs chansons sans forcément connaître leur nom. C’est de la pop sympa et fraiche. Franchement pas mal du tout.

Avec un billet pareil je ne peux que vous laisser en musique avec les artistes qui m’ont fait passer une si belle soirée.

Sinead O’Connor, « Nothing compares ». Forcément. Qui ne connait pas cette chanson ?

Lou Doillon & Gary Clark Jr font une reprise incroyable de « Fever ». J’adore !!!

Ulrich Forman, « I’m in love ». Parce qu’ils m’ont bien plu !!

IFrame

« Cloud Atlas », de la science fiction comme j’aime

Un synopsis

« Adapté du roman éponyme de David Mitchell, Cloud Atlas conduit le spectateur à travers des lieux et des époques différentes, du Pacifique Sud au 19ème siècle jusqu’à un futur post-apocalyptioque. Six histoires composent le film et chacune de ces histoires est narrée par le protagoniste de la suivante.

À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces- temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement…

Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution.

Tout, absolument tout, est lié. »

Une belle pléïade d’acteurs : Tom Hanks, Halle Berry, Doona Bae, Jim Broadbent, Hugo Weaving, Ben Whishaw, Keith David et Jim Sturgess.

Hier soir je suis allée voir « Cloud Atlas ». Pendant 3 heures (que je n’ai pas vues passer), j’ai voyagé dans le temps et dans les histoires de 6 personnages. Chaque «époque» renvoie à un système politique contre lequel il faut lutter. 1849 et la lutte contre l’esclavagisme. Les années 30 et le fascisme. 1970 et le capitalisme. 2144 et son système totalitaire créateur de clones.

On passe d’un monde à l’autre sans aucune difficulté. Le fil rouge, ce sont les acteurs qui se rencontrent, s’aiment et se haïssent à travers leurs existences successives. Tous ces destins sont liés. Leur présence à chaque époque laisse imaginer une certaine continuité entre eux au fil des siècles. Et puis je crois que j’ai aimé parce qu’à la fin l’amour triomphe. Et j’adore quand l’amour est plus fort que tout !! Surement parce que je crois au fond de moi que c’est vrai. L’amour (tout comme la haine d’ailleurs mais là j’aime moins déjà…) est un sentiment qui donne une force indestructible et peut faire de grandes choses.

Saluons la performance des acteurs et des maquilleurs qui ont rendu possible ces transformations. Grace à eux une noire peut jouer une juive, une coréenne devient une anglaise des années 1850. On y croit et parfois on ne reconnaît absolument pas l’acteur. C’est bluffant et très réussi.

Il faut dire un mot aussi pour les images. Superbes, en particulier lors des scènes à Néo-Séoul.

Quand à la bande musicale elle est magnifique. Je vous conseille vraiment de l’écouter. http://www.deezer.com/fr/album/6065418

Une phrase de Sonmi-451 (le personnage du clone qui va devenir l’emblème de la révolte en 2144) résume parfaitement l’idée générale du film « Notre vie ne tourne pas autour de nous, car nous sommes liés aux autres, et par chaque méfait, et chaque bonne action, l’on donne naissance à notre futur ».

Voilà, difficile de décrire ce film. J’en suis tout simplement ressortie hyper emballée et avec l’envie d’écrire à nouveau ici pour partager mon enthousiasme et vous encourager à aller le voir.

Pour finir en musique, comme d’habitude, voici Nick Cave & The Bad Seeds qui nous chante « Jubilee Street« . C’est beau. J’adore. Bonne écoute…

Mon coup de coeur pour Li Dilian

Au hasard de mes déambulations j’ai découvert, il y a quelques temps, une artiste de streetart qui porte le joli nom de Li Dilian.

J’ai eu un coup de cœur immédiat pour ses dessins plein de poésie et de sensibilité.

Je voudrais trouver les mots pour dire ce que je ressens face à ses dessins. Mais comme à chaque fois qu’il est question d’émotion il m’est très difficile de trouver les mots justes. J’aime tout simplement la finesse du trait, les messages d’amour qu’elle y met, la poésie qui s’en dégage. Certains me bouleversent, tous me donnent le sourire.

Lors de notre premier échange nous nous sommes trouvé une phrase commune avec une légère variante. « « D’autres que moi écrivent comme ils parlent, moi j’écris comme je me tais » d’Amin Maalouf. Pour Li Dilian elle devient « « D’autres que moi écrivent comme ils parlent, moi je dessine comme je me tais ». Toutes deux nous parlons aux autres en choisissant une autre voie que… la voix. Je me dis que nous nous ressemblons un peu. Surement une même sensibilité…

J’écris ce billet pour vous parler d’elle parce qu’elle mérite vraiment qu’on la découvre et qu’on l’aime. Pour la beauté de ses dessins mais aussi pour la belle personne qu’elle est. Aujourd’hui j’ai trouvé dans ma boite aux lettres un joli dessin. A l’heure d’internet et de la communication virtuelle, il est tellement bon de recevoir un si joli cadeau par la voie postale. C’est bien plus émouvant. C’est un vrai cadeau !!! Alors avec ce billet je veux lui dire merci. Parce qu’elle a illuminé ma journée.

Li Dilian, dessine encore et encore pour nous. Sa douceur et Sa poésie sont un de ces petits bonheurs de la vie que j’aime.

Pour la découvrir vous pouvez aller sur son site http://www.dilian.fr/ ou sur sa page Facebook https://www.facebook.com/dilian.

Pour finir ce billet j’ai choisi une autre fille pour laquelle j’ai eu aussi un énorme coup de cœur, immédiat et permanent. Elle, c’est à travers ses chansons qu’elle me touche. Elle s’appelle LaFille.

Pour écouter son album (en attendant, avec impatience le nouveau), c’est ici : Tout attaché(e)

Alceste à bicyclette, pour lutter contre le froid

Un froid dimanche d’hiver il n’y a que deux choses à faire. Rester sous la couette et aller au ciné. Hier ça a été mon programme. J’ai mis le nez dehors pour aller me mettre au chaud dans une salle… et c’est bien parce que mon petit ciné de quartier se trouve à… 3 minutes de chez moi.

Donc, pour lutter contre le froid hier je suis aller voir « Alceste à bicyclette ». Et franchement c’était exactement le film qu’il me fallait. C’est un film drôle et magnifiquement interprété par Fabrice Luchini et Lambert Wilson.

Le réalisateur jour sur le personnage d’Alceste dans le Misanthrope de Molière. Dans ce film il est à la fois le personnage de la pièce que répètent ensemble Fabrice Luchini et Lambert Wilson, mais aussi Serge Tanneur (interprété par Fabrice Luchini), acteur qui a rejeté le monde du spectacle et vit en ermite sur l’île de Ré.

Lambert Wilson incarne Gauthier Valence, acteur célèbre pour son rôle dans une sitcom à succès. Il débarque sur l’île avec sa mise en pli irréprochable et son foulard autour du coup. Il a pour mission de convaincre Serge Tanneur de jouer avec lui la célèbre pièce de Molière.

A tour de rôle ils jouent les deux personnages principaux de la pièce et par le truchement des mots de Molière les deux hommes se rapprochent dans les confessions, se défient dans les textes et se révèlent plus rivaux qu’amis. Chacun cherche à manipuler l’autre, le poussant dans ses retranchements. Le couple Luchini/Wilson fonctionne à merveille. Les dialogues sont jubilatoires et leurs prises de becs uniques.

Il faut saluer la belle présence féminine de Maya Sansa. Elle va un temps apporter un peu de douceur au duo. J’ai adoré la scène où elle chante une chanson italienne avec Luchini. C’est touchant et drôle à la fois. L’homme est entrain de tomber sous le charme de la belle italienne et lâche pour un temps sa misanthropie.

Ce film est un bel éloge aux acteurs et on prend beaucoup de plaisir à les écouter déclamer les vers de Molière. Alors oui, ce film n’est pas non plus le chef d’oeuvre inoubliable de l’année mais on passe un très bon moment avec deux grands acteurs. Et puis il y a les images de l’île de Ré. Je suis ressortie de la salle avec une seule envie : aller voir la mer le plus vite possible pour faire de longues marches sur la plage avec le vent dans les cheveux…

Je vous laisse avec Rose et « Ciao Bella ». Une chanson me fait à chaque fois penser à une amie qui manque à ma vie. Et puis aussi pour dire que Rose vient de sortir un nouvelle album. Et moi, cette fille, je l’aime bien.

Son album on peut l’écouter ici : « Et puis juin ».

« Les médusés » se perdent dans le Louvre

Tous les deux mois, en nocturne le vendredi, le Musée du Louvre s’offre un nouveau visage en mêlant tous les arts. Pour ce mois de février, le choix s’est porté sur la danse avec le chorégraphe Damien Jalet. Avec la complicité de Sidi Larbi Cherkaoui, il a créé un superbe parcours au rez-de-chaussée du Musée. Le Louvre devient alors un labyrinthe dans lequel nous sommes guidés par des danseurs et des musiciens.

Chaque ballet dure environ un quart d’heure. Ce temps très court permet aux ballets de se répéter et de s’enchainer, permettant ainsi au public de les voir tous. Ou même d’en revoir certains lorsqu’il y a un coup de cœur.

Il y avait des scènes très « étranges » qui m’ont laissée assez indifférentes. Comme « Venus in Furs » (« Intense pas-de-deux entre une mystérieuse femme voilée et la moitié animale dont elle est issue). Ou encore « Dédale » (« A l’image du labyrinthe, créé par Dédale pour enfermer le Minotaure, ce trio suggère la perte de soi dans l’autre et évoque l’indissociabilité de l’homme de sa part animale, qui le guide ou le domine). D’un point de vue esthétique on se laisse happer un moment. Mais finalement non, pas d’émotion. Juste de la curiosité.

Par contre j’ai eu de vrais, gros coups de cœur. Tout d’abord pour « Sin » (« Duo viscéral inspiré du mythe du couple primordial, de la séparation de l’être unifié et du rapport de pouvoir qui en découle »). Ce duo de danseurs était magnifique. Deux corps qui s’entremêlent, se repoussent, se combattent. Une très belle représentation du couple et de ses déchirements emplie d’érotisme et interprétée par deux danseurs excellents.

Autre coup de cœur pour « Par-dessus tête » (« Au milieu des sculptures décapitées du souverain sumérien Gudea, un danseur fait ressurgir l’esprit d’un roi qui a perdu la tête »). Pour vraiment comprendre il faut le voir car ce ballet est très visuel. Sur le crane rasé du danseur, un visage a été dessiné. On a donc vraiment l’impression de voir une tête décapitée danser sous nos yeux. Très belle performance du danseur qui nous entraine dans une danse hypnotique.

Enfin, mon dernier coup de cœur a été pour « L’Evocation » (« Danse de groupe inspirée du « dikhr », un rituel soufi hypnotique basé sur la répétition du mot Hallah et sur le rythme de la respiration. »). Dans ce ballet, 10 danseurs se livrent à une danse effectivement hypnotique. Il faut toujours garder du recul pour regarder le groupe dans son ensemble. Car c’est le mouvement de tous ces corps, comme dans un seul souffle, qui fait toute la beauté de cette scène.

Je me rends compte en écrivant ce petit billet qu’il est très difficile de parler de danse. Comment décrire ce qui n’est que visible ? Il faut voir pour ressentir les émotions tellement personnelles que nous inspirent ce magnifique spectacle. J’ai bien essayé de prendre quelques photos. Je vous les livre ici mais sans grande conviction parce que prises avec mon téléphone (comme j’ai regretté d’avoir oublié mon appareil !!!). Ca vous donnera une petite idée de certains ballets seulement car pour « Sin » ou « L’Evocation » il y avait trop de monde et je n’ai rien pu faire.

Cette soirée au Louvre a été un moment poétique et magique. Une très belle façon de retourner au musée. On le regarde autrement et on se dit que ça faisait bine longtemps qu’on n’était pas venu…

Petite pause musicale avec mon dernier coup de cœur. Fauve, « Cotton fields ».

« Wadjda », l’espoir par les femmes

L’histoire

Wadjda, douze ans, habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. Bien qu’elle grandisse dans un milieu conservateur, c’est une fille pleine de vie qui porte jeans et baskets, écoute du rock et ne rêve que d’une chose : s’acheter le beau vélo vert qui lui permettra de faire la course avec son ami Abdallah. Mais au royaume wahhabite, les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles.

Wadjda se voit donc refuser par sa mère la somme nécessaire à cet achat. Déterminée à trouver l’argent par ses propres moyens, Wadjda décide alors de participer au concours de récitation coranique organisé par son école, avec pour la gagnante, la somme tant désirée.

 

La bande-annonce

Pour bien comprendre la portée de se film, il faut savoir qu’en Arabie Saoudite il n’y a pas de salle de cinéma, pas de maison de production, les femmes ne peuvent sortir dans la rue sans se recouvrir d’une immense abaya noire. Elles n’ont pas le droit de conduire… ni de faire du vélo !!

Malgré tout ça, le premier film tourné et produit là-bas est celui d’une femme. La réalisatrice Haifaa Al-Mansour. Enfant, elle a découvert le cinéma grâce à des DVD, puis elle a fait des études de cinéma lors de son séjour en Australie (elle a la chance d’être marié à un diplomate).

L’histoire qu’elle nous raconte est très simple, mais tellement significative. Une petite fille de 12 ans rêve de s’acheter un vélo. Pour y arriver elle décide de participer à un concours de récitation du Coran. Quel pied de nez aux conservateurs !! Elle va utiliser la religion pour vivre son rêve totalement opposé à la tradition.

A travers ce film, Haifaa Al-Mansour nous montre la société saoudienne telle qu’elle est aujourd’hui. Modernité et tradition s’y opposent en permanence. Comme partout dans le monde, les jeunes rêves de liberté, de rock, de maquillage. Par exemple, sous son abaya noire, notre jeune héroïne porte des converses et elle adore écouter du rock avec son walkman. Il y a même une scène pleine de tendresse et d’humour où Wadjda offre une cassette de musique au vendeur de la « fameuse » bicyclette en gage de réservation.

La jeune fille qui joue le rôle de Wadja, Waad Mohammed, est excellente. On se met à rêver de ce vélo avec elle. On veut qu’elle gagne ce concours en récompense de sa ténacité. Mais c’est sans compter sur la terrible directrice d’école, véritable porte-parole du régime qui veut faire plier les jeunes filles pour qu’elles rentrent dans le rang.

J’ai également beaucoup aimé sa mère, superbement interprétée par Reem Abdullah. Cette femme magnifique (dans tous les sens du terme) se bat pour garder la tête haute à l’annonce du second mariage de son mari. La scène où elle offre le vélo à sa fille est vraiment bouleversante. On sent qu’elle rêve d’offrir à sa fille une autre vie que la sienne.

Un autre personnage apporte de l’espoir. Celui de Mohammed, le jeune garçon amoureux de Wadjda. Il la regarde avec admiration et on sent qu’il l’aime justement pour ce qu’elle est. Une fille pas comme les autres, libre envers et contre tous. On se prend à espérer qu’il garde sur elle ce regard et que la tradition ne le rattrape pas. Qu’il ne devienne pas un mari qui enfermera sa femme dans la maison ou sous un niqab. On sourit lorsqu’il la regarde sur son vélo et qu’il lui dit « Tu sais, plus tard je voudrais t’épouser ». C’est beau et plein de tendresse.

Bien sur ce film ne sera pas diffuser en Arabie Saoudite faute de salle. Mais espérons qu’il circule sous le manteau pour apporter dans les foyers ce regard moderne et libérateur.

Allez voir ce film. Parce qu’il est excellent. Mais aussi parce qu’il est un message pour la cause féminine dans tous les pays où les femmes vivent sous le joug des hommes et de la religion.

Ce premier essai d’ Haifaa Al-Mansour est un coup de maitre. Espérons qu’elle pourra poursuivre son chemin et nous offrir d’autres films.

Je vous laisse avec une petite découverte. Villagers. Je vais les voir en concert en mai alors je vous en reparlerai.