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Codex s’invite chez Gustave : Bestiaires croisés

Couv Codex

Du 18 au 30 mai 2016, Codex Urbanus installe son bestiaire au musée Gustave Moreau. Cela donne une exposition surprenante dans le sens réel de « surprise » car, contre toute attente, le street art de Codex Urbanus se marie à merveille avec le symbolisme de Gustave Moreau.

Gustave Moreau, père fondateur du symbolisme

Gustave Moreau est né à Paris en 1826. Il réalise ses études à l’École royale des beaux-arts en 1846 mais quitte l’école après deux échecs au Prix de Rome de peinture. Il devient alors l’ami du peintre Théodore Chassériau, qu’il rencontre en 1851. Il sera une influence majeure pour le jeune peintre.

En 1852, il entre pour la première fois au Salon officiel avec une « Pietà ». Il voyage en Italie de 1858 à 1859, et réalise des centaines de copies d’oeuvres de maîtres italiens tels que Michel-Ange ou Raphaël. Marqué en particulier par les chefs d’oeuvre italiens et le romantisme, l’art de Gustave Moreau s’intéresse à des sujets hors du réel, puisés dans la Bible et les mythes de l’Antiquité. Avec son tableau « Oedipe et le Sphinx », exposé au Salon en 1864, le peintre connaît soudainement le succès. Il continue d’exposer des oeuvres souvent inspirées de la mythologie.

C’est la langue de Dieu ! Un jour viendra où l’on comprendra l’éloquence de cet art muet ; c’est cette éloquence dont le caractère et la puissance sur l’esprit n’ont pu être défini, à laquelle j’ai donné tous mes soins, tous mes efforts : l’évocation de la pensée par la ligne, l’arabesque et les moyens plastiques, voilà mon but.

Ses tableaux « Prométhée » et « L’Enlèvement d’Europe », exposés également au Salon en 1869, sont jugés très sévèrement par la critique. Le peintre n’y exposera plus durant quelques années et s’isole dans son atelier à Paris. En 1876, il réapparaît au Salon avec ses deux oeuvres majeures : « Salomé dansant devant Hérode » et l’aquarelle « L’Apparition ». Il participe pour la dernière fois au Salon en 1880 avec « Hélène et Galatée ».

Une exposition de son oeuvre se tient en 1886 à la galerie Goupil, la seule de son vivant. Il est élu à l’Académie des Beaux-Arts en 1888 et de 1892 à 1898, enseigne à l’École des Beaux-Arts. Il forme notamment Georges Rouault et Henri Matisse qui deviendront les figures du fauvisme.

À sa mort en 1898, il lègue sa maison à l’État afin qu’un musée y soit établi, ainsi que de nombreux dessins et peintures. A sa mort, on retrouve dans son atelier près de 850 peintures ou cartons, 350 aquarelles, et plus de 13000 dessins et calques. Le musée Gustave Moreau ouvre ses portes en 1903.

Le Musée Gustave Moreau

Ancien appartement du peintre, le musée Gustave Moreau abrite sur 4 niveaux plus de 25 000 pièces, dont 15 000 de Gustave Moreau, parmi lesquelles 13 000 œuvres graphiques et 3000 photos conservées dans un nouveau cabinet. Il a connu une époque de « grands travaux », en 2014, qui a permis la réhabilitation du musée dans son état d’origine, tel qu’il avait été conçu par Gustave Moreau. Une réserve de 180 m2 avec salle de consultation de la bibliothèque a même été creusée dans le sol.

La particularité de ce musée est justement d’avoir été la maison du peintre car en le visitant on entre dans l’intimité de l’artiste. Ainsi, au 1er étage, on déambule dans la chambre, le boudoir, ou encore la salle à manger. Puis on grimpe pour arriver au 2ème étage pour arriver dans la première partie de son atelier. Une pièce immense et époustouflante (7 mètres sous plafond, rien que ça !). On en prend plein les yeux avec tous les tableaux qui recouvrent les murs. Et, bijou architectural parmi les peintures, un incroyable (et magnifique) escalier à double vrille par lequel on accède au 2ème étage de l’atelier.

Adolescent, c’est ce qui me transportait dans ce temple dix-neuvième où faunes et licornes étaient partout ; adulte, c’est ce qui me permet de dire que cet art non officiel que nous accomplissons, loin des FRAC et autres, a ses lettres de noblesse, et par cette exposition je renoue le pacte tacite qui lie depuis des millénaires ceux qui expriment leurs rêves par la peinture et livrent au monde les images de leur esprit.

Et Codex Urbanus s’invite chez Gustave Moreau

Après la très belle expo au Musée de l’éventail, cette fois Codex Urbanus s’installe chez Gustave Moreau et nous invite à une (re)découverte de cet incroyable musée.

La grande réussite de Codex Urbanus est la mise en scène de cette exposition. Il l’a conçue comme un long dialogue entre son bestiaire et les personnages mythologiques de Gustave Moreau. De pièces en pièces, disséminées ici et là, se cachent les oeuvres de Codex Urbanus. Elles ont ici toute leur place et semblent avoir toujours fait partie des tableaux créés ou collectionnés par Gustave Moreau. Il nous propose différents formats et différents supports. On retrouve avec délice le détournement de vieux romans illustrés du XIXe siècle.

A l’occasion de la Nuit des Musées, le 21 mai 2016, Codex Urbanus dessinera à l’encre et à la plume dans l’atelier de Gustave Moreau, en présence du public. Il pourra répondre aux questions sur sa rencontre avec le musée Gustave Moreau, sur les œuvres exposées ou sur le Street Art de façon générale. Cette soirée sera une occasion magique de découvrir de nuit le musée Moreau, à l’heure où les ombres accentuent le mystère de l’endroit et où les créatures des murs de Paris apparaissent.

Au rez-de-chaussée, dans les salles E et F, ses chimères dialoguent avec celles du maître. Codex pose la question de la postérité et confronte le désir d’immortalité de l’artiste – en particulier dans le cas de Moreau qui organise son propre musée – avec l’aspect éphémère du Street Art – art de l’instant par excellence, chaque œuvre étant vouée à la destruction à court ou moyen terme.
Au premier étage, dans l’appartement, Codex dispose de petits dessins encadrés parmi les objets intimes de Gustave. Malgré la convergence des univers, le visiteur pourra reconnaître le style de Codex.
Enfin, les deux derniers étages qui constituent l’atelier sont dédiés à la notion de mythe, de l’antiquité à l’art populaire. La grande vitrine des cires présentera des images de feuilletons du XIXe siècle détournées par Codex. Celui-ci s’interrogera également sur la possible existence d’un mythe Gustave Moreau : le peintre, par ses sujets féeriques et épiques, est-il devenu lui-même une sorte de légende, de personnage fantastique absent temporairement de sa maison, et invitant des générations d’artistes et d’intellectuels à travailler autour de son legs ? Enfin, le Mythe peut-il encore véhiculer un message contemporain, ou a-t-il vieilli ? Autant de questions auxquelles Codex se proposera de répondre par ses dessins.

Pour la nuit des musées ou pas, filez vite au Musée Gustave Moreau. Pour découvrir un lieu incroyable dans lequel vous ne saurez plus où regarder. Pour le pari réussi de Codex Urbanus qui nous offre, encore une fois, une belle rencontre entre deux époques artistiques, nous prouvant que l’Art, avec un grand A, a de multiples facettes mais n’est finalement qu’un…

Venez vivre une visite insolite: l’artiste Codex Urbanus dialogue avec Gustave Moreau ! Et transformez votre bout de chou en jeune artiste ! Une visite sur mesure qui vous fera voyager de l’atelier d’artiste à l’art de la rue. De la mythologie, de la poésie et du rêve!

Le mercredi, tout est permis: venez avec vos enfants ! Une visite qui se termine par un atelier créatif. Les petits pourront dessiner leur monde de rêve à la manière de Codex, tandis que les grands pourront découvrir les dessous des chefs d’oeuvre. Et chacun repart avec son oeuvre d’art !

Le plus de ces visites: Juliette est la seule conférencière à présenter cette exposition. Codex l’a contactée pour un travail à deux voix.. C’est une chance de pouvoir créer des visites avec l’artiste lui-même : ne ratez pas cette occasion !

Inscriptions par mail : jarsenehenry@gmail.com
Tarif adulte entrée comprise: 12 euros
Tarif enfant matériel compris: 8 euros

Visites guidées adultes: 18 euros
Samedi 21 mai à 13h30 et à 15h30
Samedi 28 mai à 11h, à 13h30 et à 15h30

Musée Gustave Moreau
14, rue de la Rochefoucauld
75009 Paris
Tél. 01 48 74 38 50

Voici quelques images souvenir de ma visite lors de l’inauguration hier soir. L’ensemble des photos est ici, au bout du clic : Codex s’invite chez Gustave : Bestiaires croisés

Ma conclusion musicale avec mon coup de coeur pour le tout nouvel album de Radiohead.

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

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