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Les portraits de Miss Acacia : Paella Chimicos, street artiste engagé

Aujourd’hui je veux vous parler d’un artiste au pseudo appétissant et amusant : Paella Chimicos.

Paella, activiste urbain

A l’origine, ce pseudo est l’anagramme de ses nom et prénom ainsi qu’un clin d’oeil à ses origines espagnoles. Il a choisi ce nom en 1985, lorsqu’il a eu envie d’aborder une nouvelle peinture (tout en continuant la précédente sous sa véritable identité) en intégrant le collectif des artistes des Frigos (où il a un atelier qu’il faut absolument visiter lors des journées portes-ouvertes tant il foisonne de créations ! Notez dès maintenant les 30 et 31 mai 2015 dans vos agendas ! ). Son choix a également été influencé par plusieurs artistes qui, à la même époque, avaient choisi des noms à consonances amusantes tels que Speedy Graphito ou les Rita Mitsouko.

Il a commencé à travailler dans la rue en 1984 en réalisant des peintures sur palissades au Louvre et à Beauboug. A partir de là, il a eu une réflexion sur cet Art (l’art urbain) qui pouvait lui permettre de ne pas dévoyer sa peinture en atelier tout en exprimant des réflexions sur la société avec humour. Il a choisit le support de l’affiche imprimée en sérigraphie, dans la tradition de Mai 68. C’est une sorte de mixte entre la publicité et l’affiche d’expression politique qui veut faire sourire et pourquoi pas… réfléchir. C’est pourquoi il se qualifie plutôt « d’activiste urbain » plutôt que street-artiste.

Comme bien d’autres artistes de la rue, il dit que la rue appartient à tout le monde ce qui en fait un champ démocratique par excellence. Réaliser des œuvres dans la rue c’est aller à la rencontre des autres et se risquer au jugement de gens qui ne placent pas l’Art au-dessus de tout. Toutes sortes de rencontres sont possibles et Paella Chimicos adore « se glisser dans cet univers foisonnant ».

L’homme à tête de spirale

Les œuvres de Paella Chimicos ont une particularité par laquelle on reconnaît immédiatement sa « patte » : son personnage à tête de spirale. Ce « bonhomme » est toujours seul qui peut s’étirer ou se déformer afin d’occuper l’espace. La spirale à la place du visage permet de donner naissance à un personnage sans expression et ainsi, de laisser la place au corps et à l’énergie qui s’en dégage. Ce personnage élastique a « occupé » ses œuvres entre 1985 et 2000.

En 2013, son art a encore évolué vers un autre support : les objets abandonnés dans la rue. Il a appelé cette série « Paella bon débarras ». Il veut, au travers de la dérision, nous faire regarder le monde qui nous entoure avec un autre regard : tous ces rebuts abandonnés sont le fruit de notre consommation incessante et ont bien des choses à nous dire. Alors il dessine dessus puis les prend en photo pour les publier sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui le streetart est un peu dévoyé et a perdu son sens premier de provocation. Les messages ont longtemps eu un caractère social et politique (en particulier en 1968). Les premières générations ne voulaient pas faire commerce de leur art qui était, alors, lié à la contestation sociale et à la performance artistique. Aujourd’hui, de nombreux artistes réalisent de belles œuvres pour recouvrir (et cacher ?) les murs sans chercher à faire passer le moindre message. Parfois même en réponse à des demandes officielles…

Paella Chimicos a gardé cet esprit et ce qui l’intéresse avant tout, c’est de trouver un moyen artistique d’interpeler les passants avant de vouloir flatter son ego et faire « du beau » !

A ma demande, l’artiste a joué mon petit jeu de la chanson pour conclure ce portrait. Il a choisi Bourvil et son « Petit bal perdu ». Voici une très jolie version réalisée par Philippe Decouflé.

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

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