Derniers Articles

« La Venus à la fourrure », le nouveau huis-clos de Polansky

Avec « La Venus à la fourrure » Polansky nous offre un nouveau huis-clos. Et comme d’habitude il réussit à merveille à nous envoûter. Dès les premiers mots de Vanda, on se retrouve embarqués dans cette rencontre étrange entre un metteur en scène de théâtre et une actrice qui court les castings.

Il faut dire qu’Emmanuelle Seigner est absolument incroyable. Elle passe avec une telle aisance du personnage de Vanda, l’actrice excentrique et vulgaire à la Wanda de Sacher-Masoch, l’héroïne de « La Vénus à la fourrure », roman SM que le metteur en scène Thomas a adapté pour le théâtre. Sous ses yeux ébahis, Vanda se métamorphose en Wanda, devient cette femme raffinée du 19e siècle. Et entre eux s’installe un jeu de soumission-domination. On le sens de plus en plus subjugué par cette femme surprenante. Il essaie de se défendre, de garder le contrôle mais petit à petit il se laisse dominer et Vanda finit par faire de lui ce qu’elle veut.

Tout dans ce film est réussi.

La mise en scène. Ce théâtre désert et confiné qui crée une atmosphère propice à la rencontre et à la confrontation. La musique tour à tour envoûtante ou angoissante. Les bruitages. J’ai trouvé excellente l’idée de « bruiter » les objets absents. Je m’explique. Parce que là, si tu n’as pas vu le film, tu ne comprend pas… c’est normal. Dans certaines scènes les personnages imaginent des accessoires pour les aider à jouer. Par exemple, dans une scène Thomas sert une de café à Wanda. On le voit verser le café dans une tasse, la donner à Wanda. Puis Wanda fait tourner sa petite cuillère dans la tasse avant de la poser sur la soucoupe. Tout cela est imaginaire  mais Polansky a eu l’idée géniale de rajouter (très délicatement, à peine audibles) les bruits qui accompagnent les gestes : la tasse qui tremble sur la soucoupe lorsque Thomas la tend à Wanda, la petite cuillère qui tinte sur la soucoupe… Par le jeu des acteurs et le bruit on a vraiment l’impression de voir les objets… C’est incroyable.

Le jeu des acteurs. Mon coup de coeur est pour Emmanuelle Seigner. Quelle comédienne !! Elle peut être aussi sensuelle que vulgaire. Elle manipule à merveille le personnage joué par Mathieu Amalric. Lui aussi est incroyable. Déjà physiquement il est le parfait sosie de Polansky. Ce qui crée déjà un certain trouble. On le regarde se débattre avec ses doutes, résister à la domination de Vanda avant de devenir une drôle de créature, à la fois homme et femme.

Pour moi, ce film est autre chose qu’une satire du sado-masochisme. C’est avant tout la confrontation entre un homme et une femme. Mathieu Amalric joue un metteur en scène macho qui regarde avec mépris cette « pauvre » fille vulgaire qui s’imagine pouvoir jouer dans sa pièce. Ce duo est un duel, les jeux de pouvoir s’inversent, le dominé ou le soumis n’est pas forcément celui que l’on croit. Vanda le dit parfaitement dans l’une de ses répliques. Finalement par sa soumission toujours insatisfaite, Thomas ne serait-il pas le dominateur ? Par son désir de soumission il oblige Wanda à aller toujours plus loin dans la perversité, contre son gré, devenant alors la personne soumise…

Vous l’aurez compris j’ai adoré ce film. Parce que les dialogues sont  un vrai bonheur pour qui aime les jeux verbaux. Parce que les acteurs sont éblouissants. Parce que la mise en scène est parfaite. Parce que j’ai ri mais pas que…

Je vous laisse en musique avec Alexandre Desplat. Ce compositeur a fait les BO de nombreux films (« De battre mon coeur s’est arrêté », « The Queen », « Benjamin Button », « Twilight » , « Harry Potter » ou encore « De rouille et d’os » ou « Argo ».). Il a déjà travaillé avec Polansky sur les films « Carnage » et « The Ghost Writer ».

Les « Sales bêtes » s’installent sur la Ligne 13

Depuis le 27 novembre et jusqu’au 20 décembre, une expo collective se tient à la galerie Ligne 13. Parmi les « sales bêtes » exposées vous pourrez trouver celles de Mosko & Associés, Shadee K, Suriani, Codex Urbanus ou encore Céline Lebovitch et IZa Zaro. Mais bien d’autres encore. Par exemple Eric Vanstaën qui fait de « drôles » de lampes…

Lire la Suite

Urban Spirit à la Galerie Brugier-Rigail

Du 30 novembre au 21 décembre 2013, la Galerie Brugier-Rigail organise une belle expo réunissant 4 noms du streetart. Nick Walker, Miss.tic, Gilbert Petit et Smash 137. 4 noms et 4 univers différents.

Miss.tic et ses femmes aux messages à double-sens que l’on ne présente plus. Nick Walker que j’ai connu dans les rues de Paris avec ses hommes qui dessinent des coeurs sur nos murs. Ici ses oeuvres sont différentes. Pour cette expo il a réalisé des oeuvres picturales mais pas seulement en utilisant des gants de boxe et un puching-ball. Mais aussi des oeuvres plus provocantes… Gibert Petit et son univers bien particulier de villes tumultueuses. Smash 137, lui, vient du graffiti et mélange les couleurs avec talent. Il y avait également des oeuvres de John Matos « Crash ». Il vient lui aussi de l’univers du graffiti. Son style est proche du Pop-art et du monde des Comics.

Je vous laisse regarder tout ça avec cet album : « Urban Spirit ».

Si je vous ai donné envie de voir tout ça de vos propres yeux, une seule adresse : 40 rue Volta dans le 4ème à Paris. Et c’est à la Galerie Brugier-Rigail, jusqu’au 21 décembre.

En cette fin de week-end, je vous fais écouter un groupe que j’ai découvert il y a peu. Whitest Boy Alive.

« Les garçons et Guillaume à table »

Autour de moi, les amis qui ont vu « Les garçons et Guillaume à table » me conseillaient d’aller le voir. Ils mes disaient tous que c’est un film très drôle. Qu’ils avaient beaucoup ri. Effectivement ce film est très drôle. Mais pas que… Loin de là. Derrière le rire se cache la souffrance à être différent, même au sein de sa propre famille.

Guillaume Galienne nous raconte son histoire, son amour et son admiration pour sa mère qui ont fait de lui un homme différent. Il lui aura fallu devenir adulte et des années de thérapie pour comprendre que sa féminité ne signifiait pas qu’il aimait les hommes. Au contraire, c’est parce qu’il aime les femmes et les trouve bien plus intéressantes que les hommes qu’il a tant voulu leur ressembler. Et son premier modèle a été sa mère. Une mère qui rêvait d’avoir une fille après les 2 aînés. Alors forcément on se crée une personnalité ambiguë dans un tel contexte.

J’ai beaucoup aimé la scène qui se déroule à la piscine durant laquelle il explique d’où lui est venu son intérêt pour toutes les femmes. Et non plus seulement sa mère. Il parle de leur « souffle ». De cette façon qu’ont les femmes de modifier leur respiration selon leur état émotionnel. Il nous dit si bien comment il les regarde toutes pour avoir lui aussi ce « souffle ».

Souffle qui a sûrement fait de lui l’acteur qu’il est aujourd’hui. Car quel magnifique comédien. Bien sur il raconte sa propre histoire. Mais il ne suffit pas de parler de soi pour bien le faire. Il a ce talent incroyable d’exprimer ses émotions même lors de scènes « drôles ». L’émotion émane de lui, palpable et bouleversante.

Et il y a bien sur la scène finale. L’acceptation d’être un homme. Qui aime les femmes… et surtout « une » femme. Le face à face avec sa mère. Les choses sont dites sans l’être vraiment. Il se cache derrière une pièce qu’il va écrire pour lui parler de lui, d’elle, de l’influence familiale sur son être, de sa rencontre avec la femme qui va bouleverser sa vie. On imagine sans peine les années de questionnement et de souffrance qui lui ont permis d’en arriver là.

Une phrase va faire basculer sa place dans la société. Une amie lors d’une soirée « filles » où il s’est invité. « Les filles et Guillaume, à table ». Tout d’un coup il n’est plus du côté des filles mais des garçons. Et là on lui reconnait cette place et cette identité. Bien sur c’est un raccourci parce qu’il s’agit d’un film. Dans la « vraie » vie on ne règle pas comme ça, en quelques mots, des années de formatage familial et social. Mais n’est-ce pas une belle façon de dire les choses ?

Avant de voir le film, je comprenais assez mal le phénomène suscité. Hier les séances affichaient complets. Pour un film « comique » ça me paraissait excessif. Maintenant je sais. Et je vais participer au bouche à oreille. Allez voir ce film. Il est vraiment beau. Bouleversant. Percutant. Et drôle, oui, bien sur !! C’est ça tout le charme du film. Grâce à l’humour, il nous parle d’identité, de rapport fusionnel mère-fils, de la difficulté à être différent sans que ça devienne larmoyant. Au fond de soi on se sent un peu remué, ça pousse au questionnement mais sans tristesse.

Je terminerai ce billet avec une phrase du film qui m’a marquée : « Le seul moyen de surmonter sa peur, c’est d’apprivoiser l’objet qui fait peur. »

Et aussi une interview de Guillaume Galienne par Télérama. On y apprend beaucoup de choses sur un homme sensible et un excellent comédien.

Et je voudrais vous raconter ici une anecdote de lui que j’ai lu dans une interview. Je la transforme un peu parce que je ne retrouve pas l’article dans laquelle je l’ai lue. J’aime beaucoup…

« Un homme explique à un ami qu’il fait une psychanalyse depuis 10 ans parce qu’il pissait au lit. Cet ami lui demande alors s’il a arrêté de faire pipi au lit ? L’homme lui répond : « Non. Mais maintenant je m’en fous. » Excellent non ? 

Je vous laisse avec une belle chanson d’Etienne Daho, tiré de son nouvel album. Elle s’appelle « La peau dure ». Ecoutez les paroles. Elles vont bien avec ce billet…

Avec « Hoplà ! », Akiza : la galerie s’offre un Noël alsacien

8d606c1f9be3bf9a242637dcacfb270aDepuis pas mal de temps je voulais aller découvrir Akiza: la galerie aux Abbesses. C’est chose faite à l’occasion du vernissage de la nouvelle expo « Hoplà ! L’Alsace Rock’n Roll, lowbrow et street art » samedi 16 novembre.

Voilà une expo riche en découverte de nouveaux artistes. Cette expo collective mêle des artistes venant d’horizons différents. D’ailleurs, en passant, j’ai découvert un nouvel art pictural. Le lowbrow. Et oui on apprend à tout âge. Comme je ne pense pas être la seule à ne pas connaitre je vous livre une rapide définition : « Le lowbrow se réapproprie les codes issus des médias populaires tels que le comics, la publicité, le graffiti, le dessin animé et tout ce qui n’est pas considéré comme appartenant au monde des « beaux-arts » classiques. Il est considéré comme faisant partie de la « pop surréaliste ». Le lowbrow art est souvent humoristique, tantôt joyeux, parfois espiègle et, d’autres fois, sarcastique. La plupart des œuvres lowbrow sont des peintures, mais elles peuvent également utiliser d’autres supports ou techniques : jouets, art numérique, sculpture. »

Donc  Akiza : la galerie a réuni plusieurs artistes sur le thème de l’Alsace. On peut y voir des sculptures, des peintures, des dessins, des pochoirs ou encore de la photographie. Chaque oeuvre illustre le thème à sa façon.

J’ai eu quelques coups de coeur.

Pour Coeur empoisonné (Le petit monde tentaculesque d’Emilie) et son monde qui nous rappelle celui de Tim Burton et bien sur de Dionysos (petit rappel, le nom de ce blog vient de là…). Pour Martine Fa et ses fines silhouettes en noir et rouge. Pour an’N’O’Nyme et ses dessins sur papier kraft. Pour Akiza, enfin pour lui mon coup de coeur est né il y a bien plus longtemps alors que je croisais son petit personnage dans les rues.

L’expo se termine dans un monde « adulte » (nous n’étions pas tout à fait d’accord sur l’âge limite auquel l’accès à la petite pièce du fond pouvait être autorisé… Disons +18 ans…). Donc ici vous entrerez dans un univers pornographique un peu… extrême. Mais oui l’Alsace peut aussi s’illustrer SM avec les oeuvres d’Antoine Bernhart (tiens même sur son site il faut avoir + de 18 ans…).

Je profite de cet article pour vous présenter Akiza. Parce que c’est un projet porté par Yoshii et Robinson. Je ne vais rien réinventer parce qu’ils en parlent bien mieux que moi. « AKIZA est une démarche globale d’invasion et de confusion, une question permanente sur l’identité et les limites de représentation du corps. À la fois œuvre d’art et icône pop consumériste, elle se prolonge, se répand et attend dans un doux-amer industriel. Poupée archétype, elle se nourrit d’influences fantastiques, fétichistes et calligraphiques et instaure un dialogue entre le blanc et le noir, le compliqué et le simple, l’innocence et l’indécence, l’un et le multiple, les variations et la copie. Figure minimaliste de l’intemporel et de l’idéalisation, elle se réinvente à travers les creux de ce monde et les signes mécaniques de notre présent passé. » Moi j’aime. Et si je peux vous donner envie de découvrir et bien je serai ravie.

Voilà vous avez jusqu’au 5 janvier 2014 pour aller faire un tour aux Abbesses (quartier plutôt sympa non ?) et en particulier au 3 de la rue Tholozé pour découvrir la Galerie Akiza et son expo « Hoplà ! L’Alsace Rock’n Roll, lowbrow et street art« . En plus vous ferez la connaissance de Yoshii et de Robinson. Ils sont tous les deux adorables. Ce qui ne gâche rien parce que bon… on ne peut pas dire qu’on soit toujours bien accueillis dans les galeries.

Pour vous donner envie d’y aller voici quelques photos : « Hoplà, l’Alsace s’installe aux Abbesses »

J’ai profité d’être dans le quartier pour faire un petit tour à la Galerie W pour voir les nouveautés. Il y a des choses intéressantes à découvrir. Alors faites comme moi, « optimisez » votre balade aux Abbesses.

Pour cette fin de week-end, je vous laisse découvrir ou savourer encore London Grammar… 

« Scènes de rue » de Levalet à la Galerie Nunc

A l’occasion de la sortie du livre « Levalet, scènes de rue » (Collection « Opus Délit » – Textes de Jérôme Deiss), la Galerie Nunc organise une exposition de quelques-unes des oeuvres présentes dans cet ouvrage.

Levalet vous l’avez peut-être déjà « croisé » dans les rues. Il dessine à l’encre de Chine des personnages grandeur nature qui s’intègrent à la perfection avec l’environnement urbain. Des hommes accrochés à des fils électriques ou encore électricien réparant des fils sous un porche…

Du 16 novembre au 11 décembre 2013, vous pouvez venir faire un petit tour par là. Le 11 décembre, l’artiste sera présent pour une petite séance de dédicace.

En attendant, je vous offre quelques photos. Levalet à la Galerie Nunc

Côté musique je vous laisse avec Art Mengo et Ute Lemper qui nous « Parle d’amour »…

« Même pas mal » au Bastille Design Center

Hier soir j’étais invitée au vernissage d’une nouvelle expo d’art contemporain qui vient de s’installer dans un très bel espace, le Bastille Design Center (74 boulevard Richard Lenoir dans le 11ème). J’y suis allée pour faire quelques photos et découvrir les artistes exposés à cette occasion. Et il y en a beaucoup. 75 !!

Et puis il faut dire que cette expo porte un nom qui interpelle ! « Même pas mal ». Pourquoi ce nom ? Quelle idée se cache derrière ces quelques mots ? Pour le savoir c’est bien simple.

Voici la présentation de l’exposition.

« Les maîtres-mots du thème de cette exposition sont : résistance, défi, audace et jeu…

Une manière de réagir à l’ambiance actuelle de crise, de se lancer des défis artistiques, d’évoquer les risques existentiels, amoureux…

Résister par l’humour, interroger le présent et ses maux : cupidité, suffisance et violence, mais aussi questionner le bonheur !
Et dire toujours, envers et contre tout, la prééminence de la nature et de l’humain dans la créativité d’une nouvelle aventure collective !

75 plasticiens (peintres, sculpteurs, photographes, céramistes, artistes textile, performeurs, vidéastes, installations…) aborderont chacun à leur manière ce thème dans le bel espace sur 3 niveaux du Bastille Design Center (un bâtiment industriel du milieu du 19e siècle, ancien magasin d’usine de quincaillerie fait de pavés de bois, poutres Eiffel, toiture en verrière… ).

Deux installations sont prévues :
– l’espace central du rez-de-chaussée sera investi par des portraits expressifs bi-face (mal / pas mal)
de tous les artistes participants, réalisés en conditions studio et fichés sur des piques en bois.
– dans l’escalier en triangle menant à la coursive du 1er étage, un tirage photo grand format du visuel
sera entouré de tapettes à souris Lucifer où seront accrochés des dessins, croquis, photos….. »

Effectivement, chaque artiste aborde le thème à sa façon. Et c’est pour ça que j’aime beaucoup les expos qui mêlent plusieurs artistes. Chacun apporte son univers, sa vision. Les matériaux utilisés ou travaillés ne sont pas les mêmes. Et ce mélange donne énormément de richesse à l’évènement.

Bon je ne vais pas dire que j’ai tout aimé. Ce serait malhonnête et j’ai l’habitude ici de perler, justement, de ce que j’aime. J’ai donc retenu les noms de quelques artistes qui m’ont particulièrement touchée ou interpellée.

Dès mon arrivée dans les lieux, je découvre une installation collective des artistes de l’association « Artistes à la Bastille ». Il s’agit de photos de portraits bi-face installées sur des piques en bois au milieu de l’espace central. Les portraits ont été réalisés par Christian Rouchouse et Etienne Revault. J’ai adoré.

Après avoir salué mon hôtesse (Cathy Bion, l’attachée de presse de l’expo. J’en profite pour la remercier encore une fois), je fais la connaissance de Vallée Stoffler et de ses oeuvres. Elle se définit comme une « artiste pluridisciplinaire ». Surement parce qu’elle est à la fois artiste plasticienne (peintre, sculpteure) mais aussi musicienne (auteure, compositeure, interprète). Elle a un parcours particulier dans son art mais aussi dans sa vie. J’ai échangé quelques mots avec elle. Trop rapides car j’avais peu de temps devant moi. Mais elle m’a plu. Et ses oeuvres aussi.

J’également beaucoup aimé les mobiles d’Elli Drouilleau (Atelier Théâtre Marionnettes). Leur finesse et leur poésie m’ont beaucoup touchée. Ils étaient suspendus et créaient des jeux d’ombres sur le mur. Très beau.

Il y a aussi les oeuvres de Muriel Dumoulin. Elle sculpte des corps, des têtes, des bustes. Comme vous le verrez sur les photos, il manque toujours des morceaux de tête comme pour en voir l’intérieur, les corps sont déchirés. J’avoue la sculpture est la forme d’art que je préfère. Je ne saurais dire pourquoi. Peut-être parce que je suis une sensuelle qui aime toucher ? Alors là j’aurais eu envie de prendre ces têtes dans mes mains pour en sentir la matière, la forme, les aspérités…

Deux artistes photographes m’ont également beaucoup plu. Bruno Zahl et Daniel Nassoy. Tous deux nous offrent ici de magnifiques photos d’hommes nus. Les uns (Bruno Zahl) pratiquant une forme de bondage. Les autres servant d' »hommes-objets » (Daniel Nassoy).

Enfin j’ai adoré l’installation de Steven Bernas. « Le cm2 de cynisme ». Installation qu’il définit ainsi : « La thématique de cette installation aborde la problématique de l’immesurable en art. Peut-on mesurer les sentiments et le désir, la peur, la crainte envers la crise actuelle en terme intelligents ? ».

Comme je le dis toujours, les images parlent bien mieux que les mots. Alors voici un album photo. Mais le mieux du mieux c’est quand même d’aller voir vous même à quoi ça ressemble.

Cette exposition est organisée par l’association Artistes à la Bastille. Elle se tient du 13 au 17 novembre. C’est tous les jours… même le dimanche. Alors vous n’avez aucune raison valable de ne pas y aller !!!

Je vous laisse en musique avec les Arctic Monkeys et « Why’d You Only Call Me When You’re High ? »

Le photomaton géant de JR s’installe à Paris

Le photographe JR a lancé en 2011 un vaste projet « d’art global » appelé Inside Out Project. A l’occasion de la sortie du film, il s’est installé pendant quelques jours à Paris. Tout d’abord au Palais de Tokyo du 6 au 8 novembre 2013. Puis au Mk2 Bibliothèque du 10 au 12 novembre. C’est là que je suis allée hier après-midi.

Ce très beau projet artistique mérite une petite explication… que je suis tout simplement allée chercher sur son site « Inside Out Project »

 » Le 2 Mars 2011, lors de la Conférence TED à Long Beach, en Californie, JR a appelé à la création d’un projet d’art global – Inside Out Project (IOP) – inspiré par ses collages de rue grand format, le concept du projet est de donner à chacun la possibilité de partager avec le monde son portrait et un message. Inside Out offre aux particuliers et groupes du monde entier un nouveau moyen de faire passer un message. N’importe qui peut participer, et est mis au défi d’utiliser des portraits pour partager les histoires de personnes de leurs communautés.

Leurs actions sont documentées, archivées et exposées en ligne sur www.insideoutproject.net. Plus de 100.000 posters ont été envoyés dans plus de 108 pays depuis Mars 2011.

Les Cabines Photographiques Inside Out apportent le projet dans la rue – et permettent au public de participer instantanément et gratuitement. Des dizaines de milliers de portraits ont été imprimés dans ces Cabines Photographiques situées partout dans le monde, dans des endroits tels que le Centre Pompidou (Paris), Les Rencontres de la Photographie (Arles), plusieurs villes en Israël et en Palestine, Emirati Expressions (Abu Dhabi), et à la Galerie Perrotin (Paris). « 

J’ai entendu parlé de ce photographe et de son projet il y a seulement quelques jours. Mais j’ai été immédiatement emballée et je voulais absolument voir ça de mes propres yeux. Alors samedi j’ai pris mon appareil photo et je suis partie pour le Mk2. C’était vraiment beau tout ces portraits collés sur de grands murs. Il régnait là de la bonne humeur. les gens pris en photo collaient eux-mêmes leur portrait. J’en ai profité pour prendre quelques « modèles » en compagnie de leur « image ».

Je me serais bien fait « tirer le portrait » mais il y avait vraiment beaucoup trop de monde. Bon, vous me direz, après la Tour Paris 13 et ses 8 heures d’attente, une heure de queue pour participer pleinement à l’expérience ça n’était pas grand chose. Mais c’était sans compter sur un magnifique temps presque hivernal. Ciel bleu et soleil mais avec un vent glacial qui s’en donnait à coeur joie sur le parvis. Et comme je résiste plutôt mal au froid, je me suis contentée de ramener quelques souvenirs que je vous offre ici. Dans cet album « Inside Out Project au Mk2 Bibliothèque », il y a des photos du projet bien sur, mais également quelques images urbaines… Regardez bien la dernière… JR est encore là… Ah j’ai également fait un petit tour du côté du MUR XIII. En ce moment on peut y voir une très belle oeuvre de Sambre.

Après la légèreté des images mais tout en restant dans cette idée que peut-être, si chacun fait un petit quelque chose, on peut changer les choses, j’ai envie de partager avec vous une très belle chanson de Grand Corps Malade. Il chante en duo avec Richard Bohringer. Ecoute bien les paroles de « Course contre la honte« . Moi, elles me bouleversent. Elles me donnent même envie de pleurer parce que parfois je doute et l’avenir me fait un peu peur.

Vanessa Paradis éblouit le Casino de Paris

Comme je vous le disais dans mon billet sur la Tour Paris 13, je suis une fille qui a drôlement de la chance. Et bien je me répète. J’ai vraiment beaucoup de chance. Parce que j’ai des amies formidables. Il y a quelques mois, pour mon anniversaire, l’une d’elles m’a offert une place pour aller voir Vanessa Paradis au Casino de Paradis. Il faut dire que j’étais dans la période « boucle Vanessa ». Je venais de découvrir son album et je l’écoutais en permanence. J’ai eu un tel coup de coeur pour cet album. A tel point que je vous avais même écrit un petit billet pour vous raconter mon émotion à son écoute. C’est qu’il est arrivé à un moment où ses mots faisaient terriblement échos avec ma propre vie. Alors forcément, les émotions étaient décuplées.

Enfin voilà, tout ça explique pourquoi hier j’étais au Casino de Paris. J’avoue je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Cet album est vraiment très intime. Alors que pouvait-il devenir sur scène, partagé avec des centaines de personnes ? Et puis que pouvait être Vanessa Paradis sur scène ? La seule chose qui me rassurait c’était la salle. Petite. Donc possible de créer un vrai contact avec le public. Et je dois dire que Vanessa Paradis a fait ça avec beaucoup de talent. Parce que vraiment… quel concert !!!

Tout était réussi. La mise en scène, avec les jeux d’ombres et de lumières qui habillaient l’artiste ou encore des projections qui bougent et changent de couleur au grès de la musique. Les musiciens de grand talent… dont un en particulier (mais je vous raconte ça un peu plus loin). Et Elle bien sur !! Comme ses quarante ans lui vont bien. Comme beaucoup de femmes à cet âge là (bon là j’exprime un sentiment très personnel), elle a acquis une maturité et une sérénité qui se ressent. Elle est tout à la fois belle, sensuelle, mutine et attendrissante. Elle habite la scène, féline dans une tenue hyper sexy et joue avec le public.

Côté chanson, grosse surprise. Je pensais entendre uniquement son dernier album. Mais pas du tout. Elle donne un côté rock à ce concert en reprenant « Tandem », « Commando » ou encore « L’Incendie ». Elle enflamme aussi le Casino de Paris en reprenant des tubes devenus intemporels tels que « Joe le taxi » (oui oui le tout premier…), « Dis-lui toi que je t’aime », « Sundays Mondays » ou « Divine idylle ». J’avais à côté de moi une fan de la première heure je crois. parce que sur toutes les anciennes chansons elle chantait à s’en casser la voix. C’était génial !! Et quelle mise en scène quand elle revient sur scène pour le premier rappel dans une superbe robe dorée pour chanter « Maryline et John »…

On a quand même eu quelques chansons du nouvel album. « Les espaces et les sentiments », « Tu pars comme on revient », « Station Quatre Septembre » (si émouvante), « Le Rempart » (une chanson triste comme je les aime), « New Year », « Mi Amor » et bien sur « Love song ».

La grande séquence émotion a été sur « La chanson des vieux cons ». Là franchement j’ai eu tous les symptômes. Poils qui se dressent, larmes dans les yeux, coup de chaud. C’était bon. C’était beau. J’adore ces moments où l’émotion te submerge, où tu perds la notion du temps et du lieu.

Bon vous l’aurez compris elle m’a conquise. Déjà son album avait fait un énorme effet mais alors là. J’avoue qu’elle m’a bluffée. Et puis quand même, il faut que je vous raconte la « cerise sur la gâteau », la belle surprise.

Dans un coin de la scène, toujours un peu dans l’ombre il y avait un musicien incroyable. Aussi doué au piano, qu’au violon, au trombone ou encore à la guitare. It restait toujours de dos, un peu courbé. Et puis sur une chanson il se tourne un peu, laissant deviner son profil… Et là je me dis mais… il ressemble à Benjamin Biolay… mais non ça ne peut pas être lui. Du coup je deviens plus attentive, le regarde dans ses moindres gestes. Mais bien sur que c’est lui. Cette façon de mettre ses cheveux en arrière !! Quelle surprise !! Vanessa Paradis a quand même Benjamin Biolay comme musicien !! Alors forcément ils nous ont offert le duo de la chanson « Les roses roses ». Et c’était beau. Et moi j’ai découvert un artiste. Déjà j’aime beaucoup le parolier. J’écoute ses albums avec beaucoup de plaisir. Mais j’étais loin d’imaginer le musicien qu’il est. Bravo !!

Pour la fin elle a gardé une chanson super optimiste de son album, qui nous dit que la vie est belle. « Tu vois c’que je vois »

« Non mais tu vois ce que je vois
Toute la vie devant toi
Viens voir comme elle est belle »

Nous sommes quittés en chantant avec elle. C’était super bon. Ca te donne la pêche pour tous les jours qui viennent. la pluie et la grisaille n’ont plus t’importance parce que …

« (Allez) c’est facile,
(Allez) au signal
(Allez) tu décolles du sol
(Allez) c’est facile,
(Allez) même pas mal
(Allez) tu t’envoles dans le ciel »