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« My sweet pepper land », un western à la mode kurde

Le printemps et sa douceur de vivre tardant à s’installer sur Paris, les apéros en terrasse vont attendre encore un peu. Du coup je continue de fréquenter assidûment les salles obscures. Une belle occasion de voyager dans d’autres mondes… Ce qui fut vraiment le cas hier soir avec le film kurde « My sweet pepper land ». Dépaysement total.

Au carrefour de l’Iran, l’Irak et la Turquie, dans un village perdu, lieu de tous les trafics, Baran, officier de police fraîchement débarqué, va tenter de faire respecter la loi. Cet ancien combattant de l’indépendance kurde doit désormais lutter contre Aziz Aga, caïd local. Il fait la rencontre de Govend, l’institutrice du village, jeune femme aussi belle qu’insoumise…

Dès la première scène le ton est donné. Le burlesque sera de la partie. On assiste, un peu dérouté au départ, à la pendaison ratée d’un criminel. Mais on comprend alors ce que sera le film. On va nous montrer la réalité (plutôt… rude) mais avec légèreté et un humour décalé comme j’aime.

Je vous présente les deux personnages principaux ? Tout d’abord Baran (joué par Korkmaz Arslan). Bel homme au regard noir qui a combattu pour l’indépendance kurde et devient « shérif » (par conviction mais surtout pour fuir les femmes que sa mère veut lui faire épouser) dans une contrée reculée du Kurdistan à la frontière entre Iran, Irak et Turquie. Il croit aux vertus de la démocratie et de la loi qu’il compte bien faire respecter aux caïds locaux. Un vrai héros sans peurs et sans reproches ! Dans le village il va rencontrer Govend (jouée par la merveilleuse Golshifteh Farahani), l’institutrice du village. C’est une (belle) jeune fille libre et indépendante ce qui n’est du goût de tout le monde. Comme elle le dit elle-même, à 28 ans on la regarde avec suspicion car le célibat n’est pas normal pour une femme. Il est le signe que forcément, quelque chose cloche ! Alors on essaie de la marier. Elle refuse. Alors on la montre du doigt, on l’accuse des pires turpitudes puis on lui refuse le droit d’enseigner.

Avec humour, Hiner Saleem nous montre un pays aux moeurs encore archaïques où tout le monde tremble devant le « parrain » du village Aziz Aga et où les femmes doivent rester à leur place. Parce qu’ils se dressent contre ça, Baran et Govend vont être rejetés et persécutés. Mais ils ne reculent devant aucune menace et se dressent, fiers, devant l’adversité… Ce film nous montre le Kurdistan d’aujourd’hui où deux mondes et deux « temps » s’opposent : le passé et le futur pour donner naissance à un nouveau présent. Les deux protagonistes en sont la parfaire illustration.

En rentrant j’ai tout de suite fait une recherche pour en savoir plus sur l’instrument dont joue Govend. C’est un Hang. Voici la définition Wikipédia : « Volume lenticulaire creux composé de deux coupelles métalliques embouties. La partie haute de l’instrument s’appelle le « Ding », elle est constituée d’une note fondamentale et de 7 ou 8 notes l’entourant. La partie basse, « Gu » est une surface lisse dotée d’un trou en son centre. » A plusieurs reprise la jeune femme en joue, pour trouver l’apaisement. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cet instrument n’est pas absolument pas kurde, mais… suisse… Et oui ! Le son de cet instrument est incroyable. Je ne saurais trop le définir. Ce qui m’a plu c’est plutôt les images qu’il a fait naitre en moi. J’imaginais une grosse pluie chaude d’été. Pour le bruit et pour la sensation de l’eau qui coule sur le corps. Etrange… mais très agréable. 

Pour de multiples raisons je vous conseille vraiment d’aller voir ce film. Pour les acteurs (premiers comme seconds rôles) tous excellents. Pour les paysages incroyables. Pour la musique. Pour la critique sociale d’un monde qu’on connait si mal. Pour l’humour désopilant. Bref. Tout est bien. Foncez !

Je vous laisse avec un extrait du film dans lequel Govend joue du Hang. Vous y verrez tout ce dont je vous ai parlé : le paysage, les acteurs, la musique…

Disquaire Day 2014 avec Texas et Miossec

Après une année off, me voilà de retour à la nuit du Disquaire Day pour le concert de clôture à la journée consacrée aux disquaires indépendants et au « bon vieux » vynile. J’étais là il y a deux ans et j’avais passé un bon moment dans ce lieu superbe qu’est La Gaité Lyrique. J’étais donc enchantée d’y revenir samedi soir. En plus, il y avait du beau monde au programme : Texas, Miossec, We Have Band et Metronomy.

Bon alors je vous met au parfum tout de suite (comme les organisateurs l’ont fait…) : Metronomy n’est pas venu ! Excuse un peu bidon donnée du bout des lèvres. Bref LE groupe le plus attendu de la soirée ne s’est pas déplacé. Tant pis pour eux !! Parce que nous on a passé une excellent soirée.

Je ne vais pas vous parler du premier chanteur. Désolé pour lui mais vraiment je n’ai pas accroché. Du sous Indochine… Et en plus je n’aime pas Indochine. Pour moi ça manque cruellement de recherche musicale et pour les paroles… Que dire ? Allez il en faut pour tout le monde. Je passe donc directement à l’artiste suivant… Texas ! Là c’est tout de suite autre chose. La chanteuse a bien peu changé (un peu vieillit… comme moi quoi !) et quand elle entonne « I dont’ want a lover » j’ai à nouveau 18 ans et c’est drôlement bon. Son show passe (trop) vite. Seulement 5 chansons. Des anciennes et des nouvelles. Et quelle ambiance ! Elle a mis le feu à La Gaïté Lyrique. Je ne pensais pas qu’elle avait autant de succès auprès des jeunes. Oui parce qu’il faut quand même le dire la moyenne d’âge était plutôt la vingtaine. Alors quand Texas chantait « Black Eyed Boy » certains n’étaient même pas nés !

Après Texas, changement d’univers. Miossec arrive sur scène. Un peu hésitant dans son entrée en scène. On craint le pire pendant un court instant… Forcément sa réputation lui colle à la peau, même si aujourd’hui il a abandonné son addiction à l’alcool. Mais non il a super bien assuré. C’était la première fois que je le voyais sur scène et je reste sur un drôle de sentiment. Cet homme m’a émue. Beaucoup. Par ses chansons bien sur dont les textes sont plutôt sombres mais si beaux. Mais là, face à lui, c’est le bonhomme qui m’a touchée. Il semble si fragile et comme surpris d’être là mais tellement heureux finalement d’être arrivé à partager ce moment avec nous. Alors il remercie le public avec de petits gestes timides. Etant moi-même une (ex… enfin pas en toutes circonstances) grande timide, je comprend son malaise et la souffrance réelle que ça peut représenter d’être là face tout ce monde. Alors oui il me bouleverse beaucoup…

Bien sur, comme bien trop souvent dans ce genre de concerts gratuits (faut-il rappeler que la gratuité n’enlève rien à l’engagement de l’artiste sur scène ?!) où les groupes se suivent, il y a des personnes du public qui se permettent des réflexions sur l’artiste, du genre « casse toi on s’ennuie ! »Là j’ai juste envie de lui répondre « Mais c’est toi qui te casse pauvre c… si ça ne te plait pas et tu reviendras plus tard !! » L’artiste, quel qu’il soit, doit être respecté dans son travail. Qui es-tu toi pour insulter comme ça un homme qui est monté sur scène pour toi aussi ? Sais-tu écrire ou composer ? Surement pas pour agir ainsi face à un artiste. Bref fallait que je le dise parce qu’à chaque fois que ce genre de truc arrive ça m’exaspère ! Je ne supporte pas ces gens avinés (ben oui parce qu’en général ils n’en sont pas à leur première bière) qui méprisent l’artiste et dérangent le reste du public. Voilà, ça s’est fait et je m’en sens mieux.

Je peux poursuivre avec le dernier groupe de la soirée : We Have Band. Hélas je ne pourrai pas en dire grand chose. Tout d’abord parce que j’ai quitté la salle pendant le changement de scène pour profiter du lieu. Je vous conseille vivement d’aller un jour à la Gaïté Lyrique pour un concert et d’aller boire un verre dans la salle réservée à cet effet. Là, levez la tête. les plafonds sont magnifiques éclairés pas d’immenses lustres ronds. Bref, donc… perdue dans l’observation des plafonds de la Gaïté Lyrique… enfin pas que… mais bon… Revenons à nos moutons et en particulier à We Have Band. Je suis revenue dans la salle à la fin du premier morceau. Qui m’a plutôt plu. Ils ont enchainé un deuxième morceau que j’ai bien aimé aussi. Mon corps commençait à se trémousser… Et là pas de troisième morceau. 23H sonnait le glas de cette première partie de la soirée ! Alors à priori j’aime bien ce groupe mais je ne sais pas trop en fait. A suivre…

Après le concert le Disquaire Day livrait la scène à des DJs et à de l’électro-house. Je ne suis pas restée parce que bon, cette musique là je l’aime bien pour m’amuser et danser à deux ou avec un groupe d’amis… Mais là… Bah non ça le faisait pas. J’ai donc laisser la jeunesse « bouger son body sur le Dance Floor ».

La conclusion musicale de ce billet, vous l’aurez deviné, se fera avec deux des artistes. Texas et Miossec. Bonne écoute et à bientôt pour de nouvelles aventures…

« The Conversation » Ca y est j’y suis à nouveau. « Con…ver…sa…tion !!! »

Et allait on se fait un petit plaisir musical pour avoir à nouveau 18 ans ? « I don’t want a lover« .

Et pour finir Miossec… avec sa toute nouvelle chanson.

« Her » ou l’amour virtuel

« Her » est une histoire d’amour pas comme les autres. Dans un futur (peut-être pas si lointain que ça) un homme solitaire, pas encore remis d’une séparation difficile décide d’essayer un tout nouveau programme informatique qui propose un « ami » virtuel pour combler notre solitude. C’est comme ça que Samantha entre dans sa vie. Elle a une voix chaude, douce et sensuelle (celle de Scarlett Johannson). Elle est intelligente, sensible et drôle. Elle explique à Théodore qu’elle va apprendre et évoluer grâce à lui et à la relation qu’ils vont avoir ensemble. 

Très vite cette présence féminine lui devient indispensable. Grace à un petit boitier et une oreillette, il l’emmène partout et peut lui parler à tout moment. Très vite Théodore va perdre le sens de la réalité pour s’embarquer dans ce monde virtuel. Il oublie que Samantha n’existe pas et tombe amoureux d’elle ou plutôt de sa voix et de sa « présence ».

En réalité ce film va plus loin que cette simple histoire d’amour entre un homme et un système informatique. Il nous parle d’amour, de reconstruction amoureuse, de solitude et de notre recherche effrénée pour la combler. Au point de penser qu’on n’est plus seul grâce à un être virtuel ? Il faut dire que par moment on en arrive à oublier que Samantha n’est pas réelle. Il y a même une scène d’amour incroyable dans le film. L’écran devient noir et on n’entend plus que les voix de Théodore et Samantha. A travers leurs mots et leurs soupirs on imagine leurs corps.C’est d’une sensualité incroyable ! Certainement bien plus que si on les voyait faire l’amour sous nos yeux.

Les dialogues sont tellement justes et l’interprétation de Joaquin Phoenix excellente qu’on oublie complètement que tout ça est purement imaginaire. On s’identifie au personnage car ses pensées et ses souffrances sont universelles. On connait tous ce sentiment de vide insupportable après une rupture ou ce sourire qui s’installe sur nos lèvres quand on tombe amoureux. Et puis la voix de Scarlett Johannson… Tellement présente alors qu’on ne la voit jamais. Vraiment Spike Jonze a réussi avec ce film un coup de maitre. On comprend tant de choses sur nous même finalement en regardant ce film. Il nous emmène forcément dans nos souvenirs et notre histoire. On regarde vivre Théodore et on fait le parallèle avec nos propres émotions car tout ça est tout simplement humain et universel.

Certains écrivent que la fin est décevante. Mais qu’attendaient-ils ? Bien sur cet amour est voué à l’échec ! Samantha n’existe pas. Même si à un moment donné on aurait tellement envie qu’elle devienne réelle parce que leur histoire d’amour est tellement belle. Mais c’est une belle fin. Parce que finalement Samantha aura été la femme qui permet à Théodore de pouvoir aimer à nouveau. Il accepte que son histoire avec Catherine est terminée et que le regret ne sert à rien. Et à partir de ce moment là (et seulement là) il peut à nouveau aller vers une autre femme.

Alors voilà, ce film tout dépend comment vous le regarderez. Il ne faut pas se dire « non mais n’importe quoi. Tout ça n’est pas possible » car peut importe que ce système existe ou pas en fait. Il faut y voir une réflexion sur les rapports humains (il y a également de très beaux passages sur l’amitié de Théodore avec Amy, jouée par Amy Adams), l’influence de la technologie sur nos vies, la solitude, le besoin d’aimer et d’être aimer, le deuil amoureux. En tous les cas, moi j’ai aimé et je vous conseille vraiment d’aller le voir.

Je termine avec la bande-son du film signée… Arcade Fire. Un bijou musical qui « colle » parfaitement au film.

« Dancing in Jaffa », la danse de l’espoir

Après avoir vécu à l’étranger de nombreuses années, Pierre Dulaine, danseur professionnel maintes fois récompensé, retourne à Jaffa, en Israël, où il est né en 1944. Nostalgique des rues de son enfance, mais conscient de la tension qui règne entre les différentes communautés vivant à Jaffa, Pierre veut réaliser le rêve de toute une vie : faire danser ensemble les enfants palestiniens et israéliens, mettant ainsi à l’épreuve les croyances des familles et des enfants.

Il y a des films qu’on est vraiment heureux d’avoir vu. Le documentaire « Dancing in Jaffa » en fait partie. Pour le message d’espoir qu’il fait passer. Pour toutes les émotions ressentis pendant la séance: j’ai été tour à tour émue, amusée, bouleversée, agacée… Cette histoire vraie est belle. Ce danseur professionnel va réussir un tour de force avec ce projet de concours de danse qui réunira juifs et palestiniens. Mais ce tour de force ne se résume pas aux différences religieuses. Ici il est aussi question du rapport homme/femme dans une société où l’idée qu’un garçon puisse danser avec une fille (et donc la toucher) sans que cela implique nécessairement un mariage est inconcevable. Ou encore de l’enfance, ou plutôt du sortir de l’enfance. J’ai été particulièrement touchée (j’ai même versé quelques larmes…) par la jeune fille appelée Nour. On la suit pendant le fil et on la voit se métamorphoser sous nos yeux grâce à la danse. C’est vraiment incroyable. Au début, elle est une jeune fille isolée, rejetée par les autres enfants parce qu’elle est très agressive, toujours sur la défensive. On la regarde et on voit un être tout fermé et empli de colère. Mais au fil des cours de danse elle se redresse, s’ouvre, son visage s’illumine et elle devient amie avec d’autres enfants (en particulier avec une jeune juive. Nour, elle, est musulmane).

Ce documentaire n’est en rien idéaliste. Il montre toute la réalité de cette ville dans laquelle se côtoient juifs, musulmans et chrétiens (elle est le symbole de la mixité en Israël). La réalisatrice filme différentes manifestations (en particulier celle de palestiniens demandant l’égalité des droits ou à l’inverse celle d’israéliens d’extrême-droite) ou encore les forces policières toujours sur le qui-vive. Et puis il y a les témoignages de plusieurs habitants qui parlent de cette guerre qui dure depuis si longtemps et qui a forcément créée des ressentiments entre les deux populations. On comprend à travers les mots des enfants que les deux communautés ne se côtoient absolument pas (sauf dans l’une des écoles où se déroule l’expérience et qui elle, accueille les 2 communautés. Les cours y sont dispensés en hébreux et en arabes). Par exemple dans une scène, une fillette à une camarade de classe « Tu avais déjà parlé à un juif avant de danser ? » La réponse de son amie fuse, symbolique : « Non ». Tout est dit dans ces quelques mots !

Avec ce programme de danse, Pierre Dulaine va leur apprendre le respect de l’autre, la confiance en soi mais aussi dans l’Autre (cet inconnu, cet ennemi). Cet homme est vraiment incroyable car dès les premiers jours il se heurte à des difficultés. Par moment on le sent près de baisser les bras. Mais on sent que pour lui c’est impossible. Alors il continue, semaine après semaine. Dépassant tous les préjugés (des parents comme des enfants), il arrive à emmener les enfants à un grand concours de danse de salon qui va réunir sur la piste les enfants des différentes communautés dansant les uns avec les autres, mais aussi dans les gradins les parents assis les uns à côté des autres, finalement tellement fiers de leurs enfants qu’ils en oublient (au moins l’espace d’un court instant) leurs différences.

Alors oui, ne soyons pas naïfs. Bien sur un simple programme de danse ne va résoudre un conflit de plus de 70 années. Mais on a envie de croire que la multiplication d’expériences de ce genre pourrait au moins permettre aux communautés d’apprendre à se connaitre. De la connaissance nait la tolérance et le respect. Tout ça est tellement élémentaire.

J’ai découvert Pierre Dulaine à l’occasion de ce documentaire. Et j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur lui. J’ai ainsi appris que cette expérience est née à New-York et l’idée était déjà le rapprochement de communautés par le biais de la danse. A NY ce fut le rapprochement de différentes classes sociales. Voici quelques mots sur lui trouvés sur le web.

Né à Jaffa en 1944, d’une mère palestinienne et d’un père irlandais, Pierre Dulaine quitte le pays avec sa famille en 1948 lors de la création de l’Etat d’Israël pour rejoindre dans un premier temps l’Angleterre puis la ville d’Amman, en Jordanie.

En 1956, suite à la crise du canal de Suez et aux tensions dans la région, Pierre et sa famille s’envolent à nouveau pour l’Angleterre, pour s’y installer durablement.

C’est à Birmingham, à l’âge de 14 ans, que Pierre commence à danser, dans un premier temps à l’école de danse Jean Johnson, puis dans celle de Bill Bocker. Quand il fête ses 22 ans, il a déjà remporté le Duel des Géants au Royal Albert Hall à Londres. Il se produit alors en Allemagne, et dans l’Est de l’Afrique. En 1972, il se rend à New York et s’y installe définitivement.

Avec sa partenaire Yvonne Marceau, ils remportent le prix de danse en couple, au British Dance Festival en 1977, 1978, 1979 et 1982.

En 1984, Pierre et Yvonne fondent la American Ballroom Theater Company, et continuent à se produire sur scène aux Etats Unis et à travers le monde entier. Ils sont une nouvelle fois récompensés pour leurs talents en recevant le prix Fred Astaire pour la meilleure danse à Broadway. Outre sa propre compagnie, Pierre enseigne à l’école américaine de Ballet de George Balanchine, l’Alvin Ailey American Dance Theatre, le American Ballet Theatre et la Juilliard School. Il fonde en 1994 Dancing Classrooms  dans les écoles publiques de New York : ce programme volontaire de danse en couple ne rassemble au départ que 30 enfants, aujourd’hui c’est plus de 350.000 enfants qui ont participé à cette opération.

Alors qu’il n’est pas revenu à Jaffa depuis son enfance, Pierre y retourne en 2011 pour réaliser son rêve : enseigner la danse aux enfants israéliens et palestiniens.

Son but est de rapprocher les deux communautés, leur enseigner le respect à travers la danse, en engageant les enfants dans une interaction constructive. C’est là selon lui, que réside toute la beauté de la danse en couple : forcer deux personnes à se déplacer en ne faisant qu’un.

Pierre croit qu’en modifiant les présupposés des enfants, on peut changer le futur. Il se lance donc dans une campagne de 10 semaines pour faire mentir des années de croyance. Pierre réussit à convaincre cinq écoles et 150 enfants de participer. Deux de ces écoles sont juives, deux arabes et une école est mixte.

Après ces dix semaines, 84 enfants seront sélectionnés pour participer à la compétition finale. Le film se focalise particulièrement sur trois enfants, une enseignante et Pierre Dulaine. Tous viennent d’origines différentes.

Pretty Pictures

Pour le final en musique, j’ai choisi une chanson d’Aloe Blacc dont le titre fait écho au film « Love is the answer« .

Photograffée : coup de coeur pour Alex Perret et le collectif 2AC

Samedi je suis allée voir la nouvelle expo de la galerie Le Pari(s) Urbain. Surtout parce que j’ai vraiment eu un coup de coeur pour le lieu et pour les jeunes filles qui ont lancé ce projet artistique.

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Streetart sur les Berges de Seine

Au mois de mars je vous avais déjà emmenés vous balader avec moi sur les Berges de Seine pour vous faire découvrir l’évènement « Berge street ». depuis d’autres artistes sont intervenus sur les murs à la suite de Hopnn. On peut maintenant découvrir les oeuvres de Baudelocque et Sambre. J’ai profité de cette fin de journée printanière pour aller me balader là-bas. J’ai lié l’utile à l’agréable : profité du soleil sur les berges de Seine tout en faisant des photos pour vous donner un petit goût de ce qui s’y passe.

Philippe Baudelocque a commencé par le graffiti avant de vivre une nouvelle expérience. Il a abandonné les bombes de peinture pour dessiner de magnifiques animaux à la craie. Le résultat est très réussi.

Sambre lui a utilisé le bois et des objets de récupération pour réaliser la magnifique fresque que vous pouvez voir vers le Pont de la Concorde.

Comme je l’écris bien souvent les images parlent bien mieux que moi (et surtout les oeuvres des artistes. Alors je vous laisse découvrir tout ça avec mes photos. Bonne balade au bout du clic… « Streetart sur les Berges de Seine« .

Finissons en musique et en douceur  avec la jolie voix de Ndidi.

Le mur aux graffitis de Saint-Denis

Ca fait plus de 10 ans que je travaille à Saint-Denis, et plus précisément à La Plaine. Et ça fait 10 ans que je passe régulièrement devant ce superbe mur couvert de graffitis. A chaque fois je me dis qu’il faut que je vienne faire des photos pour immortaliser ce mur et le partager avec vous. Aujourd’hui j’avais mon appareil photo avec moi (un projet de balade que je vous raconte plus tard) et il faisait beau, alors après le déjeuner j’ai enfin pris le temps d’aller voir le mur.

Je vous livre mes images. Pour les voir il suffit (comme d’habitude…) de faire un petit clic sur le lien : « Graffitis à Saint-Denis« . Elles vous donneront peut-être envie de venir faire un petit tour dans le coin.

Pour la minute musicale, je vous laisse avec Aloe Blacc. Une chanson #happinesstherapy ! 🙂

 

Tour Paris 13, voilà c’est c’est fini…

Au mois d’octobre 2013, la Galerie Itinerrance avait lancé un très beau projet artistique : livrer à des streetartistes une tour du 13e arrondissement vouée à la destruction. Grace à une amie, j’avais eu l’immense privilège de la visiter en soirée privée (ce qui signifiait sans faire des heures (oui oui des heures… 8… parfois 9 heures) de queue avant d’entrer et de faire une visite exprès de 1 heure. Moi je suis entrée sans attendre et j’ai pu passer 3 heures magiques à arpenter tous les appartements. Je n’oublierai jamais cette expérience incroyable (et que je vous ai racontée ici « La magie de la Tour Paris 13« ).

Quelques mois après, cette belle aventure arrive à son terme. Aujourd’hui, le 8 avril 2014, les masses et les bulldozers ont été à l’oeuvre pour détruire la Tour. Avec elle ont disparu les oeuvres incroyables réalisées par les multiples artistes réunis ici en septembre 2013. Mais heureusement, grace à internet, des souvenirs virtuels de cette expérience vont survivre. Pour voir toutes les photos de la Tour mais également vivre en direct sa destruction il vous suffit de vous rendre sur le site http://www.tourparis13.fr La vidéo en accélérée rend la démolition vraiment impressionnante. En quelques minutes tout a disparu, comme si tout ça n’avait jamais existé. Adieu la Tour Paris 13 ! Je me sens un peu triste alors vite je regarde mes photos souvenir, ces images qui resteront à jamais dans mon esprit.

Quand à moi je vous livre ici les photos de mon « envoyée spéciale » sur place, Ptilisou. Grace à elle je peux garder dans ma « boite à images » des souvenirs de la fin de cet incroyable projet. J’en profite pour lui dire un immense merci parce que c’est vraiment un très beau cadeau. Un petit clic ici pour voir les photos « Démolition de la Tour Paris 13 ».

Je finis en musique avec un classique en forme de clin d’oeil… Jean-Louis Aubert, « C’est fini ». Vous remarquerez que je vous ai évité « Capri » ! 😉

Henri Cartier-Bresson, le regard du XXe siècle

J’ai profité de mon dernier jour de vacances pour aller (enfin) voir l’expo « Henri Cartier-Bresson »au Centre Pompidou. L’idée c’était d’y aller en semaine pour éviter les longues heures d’attente du week-end. Et grand bien nous en a pris. A peine 20 minutes après notre entrée dans Beaubourg nous commencions la visite. Bon, il y avait quand même du monde mais de façon raisonnable. On pouvait s’approcher au plus près des photos (parfois en très petit format) pour en apprécier chaque détail.

A travers l’exposition de plus de 500 photographies, dessins, peintures, films et documents, le Centre Pompidou rend hommage à ce grand photographe 10 ans après sa mort. Bien sur je connaissais ses images les plus célèbres mais sans vraiment savoir qui était l’homme. Hier, pendant 3 heures et demi (alors oui, prévoyez d’avoir du temps quand vous irez car 3H30 c’est vraiment un minimum…), j’ai découvert un homme incroyable, tant pour son talent de photographe que pour son engagement politique. A travers ses images, nous (re)découvrons les évènements qui ont marqué le XXe siècle : la guerre d’Espagne ( il faut prendre le temps de regarder le film d’une trentaine de minutes), la guerre de 39-45, les funérailles de Gandhi, Mai 68 en France… Et bien d’autres « histoires » encore qui ont fait l’Histoire du monde ! Je n’avais jamais réalisé que Cartier-Bresson avait vécu du début du XXe siècle jusqu’au début du XXIe. Par son regard il nous apporte un magnifique (ses photos sont splendides) témoignage historique.

L’expo est organisée en 4 grands espaces qui suivent Henri Cartier-Bresson dans l’évolution de son art.

La première partie, retraçant les années 1926 à 1935, est marquée par la fréquentation du groupe surréaliste, les débuts photographiques et les grands voyages à travers l’Europe, le Mexique et les États-Unis.

La deuxième période, qui commence en 1936, au retour des États-Unis et se clôt en 1946 avec un nouveau départ pour New York, est celle de l’engagement politique, du travail pour la presse communiste, de l’activisme antifasciste, du cinéma et de la guerre.

Le troisième temps commence avec la création de l’agence Magnum en 1947 et se termine au début des années 1970, au moment où Henri Cartier-Bresson arrête le reportage.

Le quatrième « espace » est consacré à ses travaux après avoir arrêté le photo-reportage, son retour au dessin.

Pendant 3H30 j’ai été réellement emportée par la beauté des photos, la force aussi de ce qu’elles nous disent. J’ai été impressionnée par l’homme. Le temps a passé bien vite. pas une seule minute d’ennui. Et je suis convaincue que pour VRAIMENT tout voir il aurait fallu encore bien plus de temps. Il y a tant à voir : des photos, des dessins, des films, des unes de magazines… Je sens que je n’ai pas dit tout ce que j’ai ressenti pendant ma visite. Difficile de mettre des mots sur toutes les émotions qui m’ont traversée. Pour prolonger l’enchantement je suis repartie avec un des livres de l’exposition. Bien sur il n’y a pas tous les trésors que recèle l’expo mais ça permet d’éveiller les souvenirs…

Je vous laisse en musique avec une artiste qui procure également beaucoup d’émotion et de plaisir. Zara McFarlane.