Coups de coeur
3 commentaires

« My sweet pepper land », un western à la mode kurde

Le printemps et sa douceur de vivre tardant à s’installer sur Paris, les apéros en terrasse vont attendre encore un peu. Du coup je continue de fréquenter assidûment les salles obscures. Une belle occasion de voyager dans d’autres mondes… Ce qui fut vraiment le cas hier soir avec le film kurde « My sweet pepper land ». Dépaysement total.

Au carrefour de l’Iran, l’Irak et la Turquie, dans un village perdu, lieu de tous les trafics, Baran, officier de police fraîchement débarqué, va tenter de faire respecter la loi. Cet ancien combattant de l’indépendance kurde doit désormais lutter contre Aziz Aga, caïd local. Il fait la rencontre de Govend, l’institutrice du village, jeune femme aussi belle qu’insoumise…

Dès la première scène le ton est donné. Le burlesque sera de la partie. On assiste, un peu dérouté au départ, à la pendaison ratée d’un criminel. Mais on comprend alors ce que sera le film. On va nous montrer la réalité (plutôt… rude) mais avec légèreté et un humour décalé comme j’aime.

Je vous présente les deux personnages principaux ? Tout d’abord Baran (joué par Korkmaz Arslan). Bel homme au regard noir qui a combattu pour l’indépendance kurde et devient « shérif » (par conviction mais surtout pour fuir les femmes que sa mère veut lui faire épouser) dans une contrée reculée du Kurdistan à la frontière entre Iran, Irak et Turquie. Il croit aux vertus de la démocratie et de la loi qu’il compte bien faire respecter aux caïds locaux. Un vrai héros sans peurs et sans reproches ! Dans le village il va rencontrer Govend (jouée par la merveilleuse Golshifteh Farahani), l’institutrice du village. C’est une (belle) jeune fille libre et indépendante ce qui n’est du goût de tout le monde. Comme elle le dit elle-même, à 28 ans on la regarde avec suspicion car le célibat n’est pas normal pour une femme. Il est le signe que forcément, quelque chose cloche ! Alors on essaie de la marier. Elle refuse. Alors on la montre du doigt, on l’accuse des pires turpitudes puis on lui refuse le droit d’enseigner.

Avec humour, Hiner Saleem nous montre un pays aux moeurs encore archaïques où tout le monde tremble devant le « parrain » du village Aziz Aga et où les femmes doivent rester à leur place. Parce qu’ils se dressent contre ça, Baran et Govend vont être rejetés et persécutés. Mais ils ne reculent devant aucune menace et se dressent, fiers, devant l’adversité… Ce film nous montre le Kurdistan d’aujourd’hui où deux mondes et deux « temps » s’opposent : le passé et le futur pour donner naissance à un nouveau présent. Les deux protagonistes en sont la parfaire illustration.

En rentrant j’ai tout de suite fait une recherche pour en savoir plus sur l’instrument dont joue Govend. C’est un Hang. Voici la définition Wikipédia : « Volume lenticulaire creux composé de deux coupelles métalliques embouties. La partie haute de l’instrument s’appelle le « Ding », elle est constituée d’une note fondamentale et de 7 ou 8 notes l’entourant. La partie basse, « Gu » est une surface lisse dotée d’un trou en son centre. » A plusieurs reprise la jeune femme en joue, pour trouver l’apaisement. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cet instrument n’est pas absolument pas kurde, mais… suisse… Et oui ! Le son de cet instrument est incroyable. Je ne saurais trop le définir. Ce qui m’a plu c’est plutôt les images qu’il a fait naitre en moi. J’imaginais une grosse pluie chaude d’été. Pour le bruit et pour la sensation de l’eau qui coule sur le corps. Etrange… mais très agréable. 

Pour de multiples raisons je vous conseille vraiment d’aller voir ce film. Pour les acteurs (premiers comme seconds rôles) tous excellents. Pour les paysages incroyables. Pour la musique. Pour la critique sociale d’un monde qu’on connait si mal. Pour l’humour désopilant. Bref. Tout est bien. Foncez !

Je vous laisse avec un extrait du film dans lequel Govend joue du Hang. Vous y verrez tout ce dont je vous ai parlé : le paysage, les acteurs, la musique…

Cette entrée a été publiée dans : Coups de coeur
Avec les tags :

par

Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

3 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s