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Les portraits de Miss Acacia : Doudou’Style, du rêve et de la tendresse

Couv Doudou'Style ©SYBARTS

Pour le tout premier portrait de cette année 2017, j’ai gardé en réserve une jeune artiste que je suis et dont j’admire le travail depuis plusieurs années. Vous la connaissez peut-être ? Elle s’appelle Doudou’Style.

D’un surnom à la découverte du graffiti

Son nom d’artiste est plutôt un surnom. Celui que ses amis lui ont donné lorsqu’elle était au lycée. Elle était alors la seule antillaise du groupe et est vite devenue la « Doudou des îles » (Doudou veut dire « Chérie » en créole). Elle l’avoue, au début, elle n’aimait pas du tout. Mais ses amis voulaient juste la taquiner alors le surnom est devenu une habitude et elle a même décidé de le prendre comme pseudo.

Doudou’Style dessine depuis qu’elle est toute petite. Elle était alors fascinée par les couleurs et les dessins en tout genre. A l’adolescence elle se tourne vers l’univers du manga. Puis elle part en école de commerce mais suit des cours de dessin en parallèle. Finalement elle lâche l’école de commerce pour faire une prépa en arts appliqués sur Paris.

C’est « grâce » à ses trois heures de train entre Mantes-la-Jolie et Saint-Lazare qu’elle va découvrir le graffiti. Par la fenêtre elle pouvait voir défiler des graffs sur les murs et les trains. Elle commence alors à graffer avec une petite équipe de potes, la WFC (la Wild Familya Crew) sur Montreuil dans un ancien terrain des MAC. Elle y découvre le travail d’Alex et devient « fan inconditionnelle de son travail ».

Aujourd’hui elle fait partie de Photograffée, un collectif qui réunit le photographe Alex Perret et les graffeurs du crew 2AC Anartchick : Djalouz – Caligr – Pesca – Rash – Jenk – Skripte.

Ils travaillent autour des photos d’Alex Perret. Ce projet commun mêle photos et graff à travers un travail de trompe-oeil, de détournement. Le spectateur se perd et ne voit plus la limite entre la photo et le  dessin.

La rue pour faire rêver les gens

La découverte du graffiti a été une révélation. Doudou’Style a tout de suite aimé cet art pour la possibilité qu’il offre de travailler sur de grandes surfaces et rapidement. Peindre à la bombe permet de créer des effets incroyables.

Elle l’aime également parce qu’elle est « émerveillée » par l’esprit qui s’en dégage. Quand elle peint sur un terrain elle croise peu de gens et le décor a parfois des airs de fin du monde mais entre les artistes il y a toujours la notion de partages, d’échanges d’idées et de techniques. Elle a l’impression de redonner vie aux murs et de réécrire l’histoire du lieu. Et elle adore ça !

Avec le WFC elle a commencé à peindre dans des terrains puis, petit à petit, elle est allée dans la rue. Elle a toujours graffer dans l’idée de partager son art et de faire rêver les gens gratuitement. C’est, pour elle, une façon de faire don de soi à ceux qui ont besoin de réconfort, de rêve ou d’encouragement. La rue est un lieu riche en émotion où l’on rencontre d’autres artistes mais également des personnes qui n’ont rien à voir avec l’art urbain. Certains témoignent de leur plaisir à regarder ses œuvres mais d’autres ont parfois des a priori. Doudou’Style pense qu’à ce moment-là l’artiste a un peu le pouvoir de faire évoluer les mentalités et d’inspirer, peut-être, des vocations…

Doudou’Style, un univers de tendresse

Ses œuvres s’adressent à tous les publics, de 1 à 100 ans ! Elle aime l’idée depouvoir parler aux tout-petits comme aux plus grands. Elle travaille principalement sur les paysages, les portraits ou les animaux. Dans son travail personnel, elle mixe un peu tout ça en y ajoutant toujours une touche de féerie car son message est tourné vers le rêve et l’espoir.

Le panda est son animal fétiche. Elle aime sa force tranquille : il est à la fois doux et féroce. Et puis ils sont joueurs et leur physionomie donne envie de se blottir contre eux. A plusieurs reprises, le fait de les peindre lui a apporté du réconfort.

Il existe également une légende chinoise qu’elle aime bien. Elle raconte que leurs tâches noires sont signe de deuil.

Autrefois, les pandas étaient tout blancs. Mais un jour, ils allèrent à l’enterrement d’une petite fille. En signe de deuil, ils avaient pris de la cendre dans leurs mains. Comme ils étaient très tristes, ils se frottèrent les yeux pour essuyer leurs larmes. Pour se consoler, ils s’entourèrent de leurs bras. Ils se bouchèrent les oreilles pour ne pas entendre les pleurs.

Elle s’est retrouvée un peu dans cette légende car elle a perdu son père quand elle était très jeune et elle continue à travers eux à faire son deuil. Mais c’est devenu un deuil positif car elle les peint généralement avec pleins de couleurs.

Pour son travail « professionnel » (celui qui lui permet de gagner sa vie) elle met son art au service des gens. Elle essaie de matérialiser ce qu’ils ont dans leur tête sur les objets qu’elle décore. Pour ses clients elle réalise des portraits, des décorations d’ambiances, des graffiti, des trompe-l’œil mais également des créations graphique ou de design et des lettrages. Elle a créé Feel’ink Custom, sa propre entreprise de décoration intérieure , extérieure et d’animation d’atelier graffiti.

Doudou’Style peint principalement à la bombe aérosol mais il lui arrive de mixer avec de l’acrylique au pinceau ou encore du Posca. Elle aime bien également l’idée de mêler différentes techniques entre elles, comme par exemple sculpture et peinture. Ou encore photographie et peinture comme elle le fait avec le collectif Photograffée.

Doudou’Style en images

Pour finir Doudou’Style a joué le jeu de la conclusion musicale et a choisi…

 

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

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