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Les portraits de Miss Acacia : Tarek, du tag à Paris Tonkar Magazine

L’artiste dont je vais vous parler aujourd’hui n’est pas un nouveau venu dans l’univers urbain. Loin de là ! Il s’appelle Tarek et a commencé le tag en 1985.

Un précurseur de l’art urbain en France

Tarek a commencé par le tag en 1985 après avoir découvert des métros et des stations couverts de tags et de graffitis… à Londres. Il fait alors le lien entre Londres et Paris, ou plus particulièrement près de chez lui, à la Porte de Vanves. Avec quelques copains, il commence dans son quartier avant de s’aventurer dans le métro et ailleurs dans Paris. A ce moment là (il est alors adolescent) il ne le fait pas pour l’art mais bien pour braver les interdits.

En 1989, alors qu’il est entrain de « décorer » une station de métro de la Ligne 10 avec une vingtaine d’autres tagueurs (Falone, West, Hoke, Odycé…), une idée germe dans son esprit. Pour devenir une véritable obsession. Faire un livre sur l’art urbain. C’est ainsi qu’est né Paris Tonkar, un livre qui retrace quatre années de graffiti, de 1987 à 1991, à Paris et sa toute proche banlieue, publié en 1991. Tarek n’a alors que 19 ans. Son succès encourage l’éditeur Florent Massot à lancer une revue sur le graffiti, 1Tox, qui sera publiée jusqu’en avril 1993.

C’est dans la même période qu’il se met à prendre de moins en moins de risques avec ses marqueurs ou ses bombes. Il les remplace par un appareil photo et commence à interviewer des graffeurs. Mais il n’abandonne pas totalement l’art urbain et cède à l’envie de peindre sur de nouveaux supports : la toile mais également les panneaux publicitaires de la Ratp. Il expose même de nombreuses toiles à Paris à partir de 1992.

La naissance de Paris Tonkar Magazine

En 2010, il décide de lancer un magazine qui est spécialisé dans la culture hip-hop, le street art et le graffiti. Il s’associe alors à Yann Cherruault (fondateur de la revue International Hip-Hop). En hommage au livre, ce magazine prend le nom de Paris Tonkar Magazine. Il est  devenu le magazine incontournable pour toute personne qui s’intéresse à l’art urbain. Distribué dans tous les pays francophones, il est tiré à 25 000 exemplaires avec une périodicité trimestrielle.

A cette occasion, il retrouve le goût de la rue et les sensations de sa jeunesse. En 5 ans, il a collé plus de 1 500 « volumes » ou affiches dans la monde entier. Il avoue être régulièrement « volé » à Paris et, par conséquent, il y colle moins. Il se concentre sur de nouvelles villes encore « vierges de street art ».

La rue pour le plaisir et l’adrénaline

Tarek n’a pas « choisi » le street art plutôt qu’un autre art. Il pratique d’ailleurs de nombreux « arts » : graffiti, collage de volumes dans la rue, peinture sur toiles, photographie et dessin. Depuis 1999, la bande dessinée est devenue son « autre grande passion et profession ».

Mais il aime travailler dans la rue pour le plaisir et l’adrénaline qui naissent du fait de braver les interdits. Une grande majorité de ses collages ne sont pas autorisés. Pour lui, la rue est un « lieu ouvert où l’on doit agir sans rien demander ». Il raconte d’ailleurs une anecdote à ce sujet : en octobre, il a collé à Brooklyn en plein jour alors qu’une patrouille de police circulait dans une rue parallèle. « Bonne sensation juste avant de prendre l’avion ! »…

Pour lui, l’espace urbain est avant tout un espace où tout est possible pour l’Art. La rue est un des supports possibles pour sa création (photographie, installation, collage, muralisme ou encore audiovisuel).

Je vais clore ce portrait avec les mots de Tarek pour parler de ses œuvres. Parce qu’il en parle bien mieux que je ne saurai le faire.

Je suis un ardent partisan du Beau au sens platonicien et j’aime à penser que mon message de paix, d’amour et de joie touche les gens… La couleur est très présente dans mon travail tout comme le symbolisme. Je ne suis pas forcément attiré par le côté sombre de l’Homme ou de la société. Un jour, un critique d’art américain a défini mon travail comme suit : « Il y a du Keith Haring dans votre travail tout comme du Basquiat mais ce n’est ni du Haring, ni du Basquiat mais du Tarek ! »… Je pense qu’il avait mis le doigt sur ma vision de l’art qui reprend celle de ces deux excellents peintres : ma peinture est à la fois populaire mais sans concession, très cérébrale et réfléchie mais accessible, authentique et universelle, brute mais construite et enfin aussi complexe que ma personnalité traversée par de nombreux questionnements et des identités multiples. J’adore peindre devant des gens car la communion qui s’installe lors de ces réalisations ajoute une part mystérieuse et éthérée à ma vision du monde que j’aime retranscrire sur un support défini. Fixer l’indéfini sur une surface limitée en donnant l’impression que tout n’est qu’illusion, tel est mon fil conducteur !

Maintenant place aux images car ce sont elles qui parlent le mieux des artistes.

Au petit jeu musical Tarek a choisi un groupe que j’affectionne, Belle and Sebastian.

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

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