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Les portraits de Miss Acacia : Stew, « infograffeur » inspiré

Couv Stew

Ce portrait est consacré à Stew, un artiste très inspiré par l’imagerie traditionnelle japonaise, qu’il s’agisse des guerriers samouraïs ou des fleurs et oiseaux tout droit sortis d’estampes asiatiques.  

Pour écrire ce nouveau portrait, j’ai eu la chance de pouvoir rencontrer Stew dans son atelier. C’est un endroit génial ! Un lieu immense qui abrite plusieurs ateliers d’artistes. Ainsi les univers et les talents se mélangent créant une véritable émulation.

Du graffiti au street art

Stew s’est choisi comme nom d’artiste le surnom que lui donne ses proches depuis l’âge de 4 ans. Avant ça, il faisait du graffiti vandale et il avait un autre blaze. Son travail était alors plus sur du lettrage ou l’expression de choses plus personnelles. Pour lui graffiti et street art sont deux univers sont tout à fait différents.

Comme un grand nombre d’artistes, le dessin, Stew est « tombé dedans » depuis tout petit. Comme il aime à le dire lui-même « à quatre ans à peine il [Stew] a déjà redessiné la tapisserie de sa chambre au grand damne de ses parents« . C’est donc très naturellement qu’il passera du papier peint au carnet à dessin puis aux murs de la ville et aux voies ferrées. A l’adolescence il découvre le graffiti et ça devient très vite une passion. Il aime le frisson et la montée d’adrénaline qu’il lui procure.

Puis il devient graphiste et travaille en freelance. La tablette graphique devient alors son outil de travail (et de dessin) préféré. Mais très vite cette activité ne lui suffit pas. Il veut revenir à la création et l’envie de retourner dans la rue se fait sentir. Il cherche donc le moyen d’opérer la transition et d’utiliser cette connaissance numérique pour créer dans la rue. En 2006, il commence par essayer la sérigraphie. mais ça n’est pas le bon support pour faire du street art. Sa rencontre avec C215 lui permet de découvrir une autre technique : le pochoir. Pendant 4 ans il va développer cette technique. Aujourd’hui il conjugue créations numériques, graffiti et plusieurs techniques : collage, pochoir et aérosol.

En 2012, c’est le début de la reconnaissance et il peut arrêter complètement son métier de graphiste et vivre de son art. En 2014, la mairie du 13e arrondissement de Paris lui commande une oeuvre « monumentale ». Il réalise une fresque de 52 mètres, le super « Héron bleu ».

Stew, un artiste inspiré par l’Asie

Les oeuvres de Stew sont très inspirées par l’Asie. Il explique cela de deux façons. Une influence familiale. Son grand-père a été ambassadeur un peu partout dans le monde, dont en Chine. A leur retour en France, ses grands-parents, enfin surtout sa grand-mère, ont décoré une chambre entièrement avec des souvenirs d’Asie. Il adorait y dormir lorsqu’il était enfant et c’est surement de là que lui vient son goût pour l’Asie. Il reconnaît également l’influence culturelle du manga. Alors qu’il est adolescent, les premiers dessins animés mangas apparaissent à la télévision. Mais aussi des jeux vidéos qui se développent également beaucoup à partir des années 90.

Très tôt séduit par l’Asie (Japon, Chine et Corée), c’est tout naturellement qu’il se tourne vers des motifs japonais lorsqu’il commence à s’intéresser à la sérigraphie. Il collectionne alors des estampes japonaises et chinoises. la Chine l’intéresse beaucoup car les artisans chinois réalisent des oeuvres « grandioses », tant par la taille que par la technicité. Il admire également la mentalité des artisans qui cherchent à progresser tout au long de leur vie, en quête permanente de la perfection, du geste parfait. Chacun a une tâche très précise et répétitive à effectuer. Par exemple, un artisan peut passer sa vie à chercher à perfectionner le simple geste de marquer un objet avec un poinçon.

Un univers créatif toujours en évolution

Stew a ainsi utilisé et décliné l’imagerie traditionnelle du samouraï, guerrier héroïque de la culture japonaise. Représenté en noir et blanc dans différentes postures, certains sont accompagnés d’une touche de couleur émanant du visage (souvent la langue). Écailles de poisson, vagues et autres motifs nous rappellent les estampes japonaises. La petite « marque de fabrique » personnelle de l’artiste est dans les détails : on retrouve dans les oeuvres des éléments contemporains tels que tête de mort, bracelet clouté, tatouage ou bombe aérosol…

J’aime la nature, je m’inspire beaucoup d’elle pour les couleurs et puis ce qui m’inspire le plus c’est le fait de voyager, même si ce n’est que dans ta tête !

Avec son expo à la galerie Artistik Rezo, Battement d’ailes, on comprend qu’il a commencé à partir vers un autre univers créatif. Même si ses personnages sont toujours présents dans une partie de l’expo, le thème principal est celui de l’oiseau. On découvre alors de superbes tableaux plein de poésie, de légèreté et de douceur. A l’origine, les oiseaux et les motifs de fond étaient une recherche pour orner les kimonos de ses guerriers. Puis il a eu envie de développer cette idée.

Aujourd’hui il peint de temps en temps dans la rue mais il ne cherche pas à provoquer et ne fait passer aucun message particulier si ce n’est de celui de l’Amour et de la Liberté. Il lui arrive encore de faire du graffiti (sous son blaze de graffeur) mais plus en vandale. Il va graffer sur des terrains « autorisés »… enfin plutôt tolérés, comme, par exemple, un grand mur dans le bois de Meudon.

KNOW HOW, nouvelle Exposition

Si ce portrait vous a donné envie de le rencontrer et que vous habitez la région parisienne (ou que vous allez y venir très bientôt), Stew vous donne rendez-vous dans son atelier jusqu’au 31 mai.  Ou du 24 au 30 avril 2017 à l’espace Oppidum à Paris pour sa nouvelle exposition « Know how ». Vous pourrez y découvrir une toute nouvelle création. De superbes vases réalisés en collaboration avec la faïencerie Georges (je vous raconte ça très vite !).

Les visites à l’atelier se font UNIQUEMENT sur rendez-vous au 06 23 87 79 89.

Stew en images

Maintenant je cède la place aux images. Pour votre plus grand plaisir (oui oui vous allez adorer), voici quelques photos d’oeuvres de Stew. Et si vous avez envie d’en voit plus, rendez-vous sur son site.

Pour la conclusion musicale, Stew a joué le jeu. Et il m’avait prévenu… Son choix musical ne serait pas à l’image de ses oeuvres et de ce qu’il dégage en tant que personne… Et en effet… ça déménage !

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

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