Derniers Articles

(Re)découvrir Diego Velazquez au Grand Palais

Réaliser une exposition des oeuvres de Velazquez était un énorme défi qu’a relevé, haut la main, le Grand Palais. En effet, jamais une exposition consacrée au peintre n’avait été organisée en France. Donc, autant vous dire que cette expo est un événement ! Jusqu’au mois de juillet 2015, touristes et parisiens vont passer des heures dans les files d’attente pour la voir.

Lire la Suite

Les portraits de Miss Acacia : Paella Chimicos, street artiste engagé

Aujourd’hui je veux vous parler d’un artiste au pseudo appétissant et amusant : Paella Chimicos.

Lire la Suite

E=mc215, quand le streetart rencontre la science

Depuis le 27 janvier et jusqu’au 19 avril 2015, le Musée des arts et métiers accueille l’exposition « E=mc215. Dialogues entre sciences et art ». Le pochoiriste C215 a réalisé une série d’oeuvres consacrées à la science, en partenariat avec le centre CEA de Saclay.

Lire la Suite

« Walking on a dream » avec Seth à la Galerie Itinerrance

J’attendais avec impatience que débute la nouvelle exposition de la galerie Itinerrance car l’artiste mis à l’honneur pendant un mois n’est autre que Seth (vous vous rappelez il a réalisé une si belle fresque au M.U.R. Oberkampf).

Lire la Suite

Les p’tits papiers de Mademoiselle Maurice donnent des couleurs au WIP

En 2010, le Parc de La Villette ouvre le WIP Villette, lieu de résidence d’artistes issus de la culture hip-hop ou qui cherchent à faire dialoguer art, culture et société. Elle a pour vocation de développer et pérenniser des actions autour de projets artistiques « hors normes » afin de valoriser ces « champs de la création artistique encore peu reconnus pourtant générateurs de lien social et représentatifs de toutes les diversités ».

Devant la résidence sont installés deux grands panneaux sur lesquels quatre artistes urbains sont invités à venir s’exprimer chaque année. Pour notre plus grand bonheur, l’artiste conviée cette année, par Art Azoï et le Parc de La Villette, en ouverture de la nouvelle saison est Mademoiselle Maurice. Pendant 3 jours, du 14 au 16 mars 2015, l’artiste a déposé ses origamis rouges, oranges, jaunes, verts ou encore bleus sur deux immenses murs noirs. Je n’ai malheureusement pas pu aller voir travailler l’artiste pendant le week-end. Mais je ne voulais pas rater cet évènement. J’ai donc fait le « boulot buissonnier » cet après-midi (il faut dire que le temps printanier qui régnait sur Paris donnait envie d’être en balade plus que devant un écran…) pour me rendre à La Villette découvrir la fresque. Mais je vais trop vite… Tout d’abord une courte présentation de la jeune femme pour qui ne la connaitrait pas.

Née et ayant grandi dans les montagnes haut-savoyardes, Mademoiselle Maurice est une artiste française de 29 ans. A la suite d’étude en Architecture à Lyon, c’est à Genève puis Marseille qu’elle a posé ses valises, avant de partir vivre une année au Japon.

A la suite de cette année au pays du soleil levant, et suite aux tragiques événements du 11 mars 2011 (Tremblements de terre, tsunami et explosion de la centrale nucléaire de Fukushima) alors qu’elle vivait à Tokyo, elle décide de commencer à composer ses œuvres plastiques et urbaines en lien avec ces faits.
Elle s’appuie sur la légende des 1000 grues et sur l’histoire de Sadako, petite fille ayant vécu le drame d’Hiroshima.
Aujourd’hui installée à Paris, Mademoiselle Maurice élabore puis crée au sein de sa mini pièce de travail d’innombrables œuvres colorées , portant les fruits d’un parcours riche d’influences et d’enseignements.

Via l’origami, ou la dentelle, voire la broderie, ou encore d’autres techniques mixtes, elle donne naissance à des œuvres en prise directe avec son quotidien. Ces matériaux fétiches étant le papier (recyclé) et le fil, elle aime mettre en forme ces matériaux nobles et naturels de manière complexe.
Surgissant de la grisaille parisienne, voit donc le jour une nébuleuses d’œuvres rompant avec la monotonie urbaine. Véritable ponctuation de la ville comme de sa vie, l’œuvre de cette jeune artiste débordant d’imagination s’affiche radicalement hors les murs de son espace de travail.
De ces créations ouvertement positives, ultra colorées et revendicatives, émane un carrousel d’émotion ou tout un chacun trouve écho à sa propre sensibilité.
Légère en apparence, l’œuvre de Mademoiselle Maurice interroge et soulève bien des questions quant à la nature humaine et les interactions que l’homme et son environnement entretiennent.
Souffle de fraicheur mais vraie réflexion évolutive, la démarche artistique de Mademoiselle Maurice ouvre, en pavant de couleurs la dualité d’une réalité aussi attirante que repoussante, de large espaces d’abstractions dans la cité.

L’oeuvre réalisée au WIP Villette est fidèle à ce que nous connaissons de Mademoiselle Maurice, une ode à la couleur et à la légèreté. Encore une fois, elle met de la joie au milieu du métal et du gris du béton, ce coin du Parc de La Villette, proche du boulevard Corentin Cariou, n’étant pas le plus sympa. Pour vous aider à vous faire une idée, voici quelques photos prises hier. J’ai eu tout le temps de tourner autour, de loin, de près. J’ai même rencontré un groupe de femmes hyper sympa avec lesquelles j’ai fait un brin de conversation. Si j’étais arrivée un peu plus tôt elles m’auraient invitée à boire le thé avec elles, assises sur les marches devant les petits papiers de Mademoiselle Maurice. Malheureusement il n’en restait plus une goutte !

Le vernissage aura lieu le vendredi 20 mars à 19H, devant le WIP Villette.

On peut les voir aussi par ici : Les p’tits papiers de Mademoiselle Maurice

Je vous quitte avec un trio de choc : Jane Birkin, Serge Gainsbourg et Jacques Dutronc qui interprètent une chanson de circonstance… « Les p’tits papiers ».

Le streetart dit non au harcèlement de rue

Samedi après-midi des graffeurs s’étaient rassemblés place de Rungis (Paris 13) pour dire non au harcèlement de rue.

En lien avec la mairie du 13ème et l’association de quartier ARBP (Association Rungis Brillat Peupliers), le collectif Stop harcèlement de rue organisait le 14 mars cette manifestation afin de parler encore et toujours du harcèlement de rue que subissent principalement les femmes, mais aussi toutes les minorités (étrangers, homosexuelles et personnes souffrant de handicap). Ils ont donc fait appel à des graffeurs de talent pour réaliser une fresque pour dire à ces comportements sexistes et discriminants qui créent chez les personnes qui subissent, un sentiment permanent d’insécurité.

Avant de parler streetart, je tiens à présenter ce collectif de femmes et d’hommes qui ont décidé de dire non au harcèlement de rue afin que toutes et tous nous puissions vivre librement et sans crainte. Je ne vais pas « réécrire l’histoire », comme on dit. Je reprend donc leurs mots…

Nous sommes des individus de tous horizons, désireux de porter la lutte contre le harcèlement « de rue » via des actions dans l’espace public. Nos trajectoires sont variées : certain-es d’entre nous ont un parcours militant, d’autres pas, certain-es sont engagé-es politiquement, d’autres non. Nous accueillons tous ceux et toutes celles qui souhaitent s’inscrire dans l’action, quelle que soit leur classe sociale, leurs revendications personnelles, leur genre, leurs origines. Cette diversité constitue la richesse de notre collectif. Afin de la respecter, nous n’engageons le collectif dans des actions ou des prises de position portées par d’autres mouvements que si elles sont directement en lien avec notre objet (le harcèlement de rue). Chacun est libre, en son nom propre, de nous informer d’autres actions afin de le diffuser aux membres et aux sympathisants.

La lutte contre le harcèlement de rue soulève deux problèmes essentiels : l’accession à l’autonomie, dans tous les domaines de la vie, et l’éducation à la mixité (réelle). En l’occurrence, la possibilité d’être seul-e partout, tout le temps, en pratiquant toutes sortes d’activités (mêmes celles perçues comme traditionnellement masculines) ; et le partage à égalité de tous les espaces, dans tous les rapports sociaux, notamment les rapports de séduction. Nous combattons le sexisme et l’homophobie en défendant le droit à l’autonomie et l’avènement d’une vraie mixité.

Pour réduire le harcèlement de rue, nous adoptons une démarche d’éducation populaire, avec un projet phare : le développement de « zone sans relou ». C’est à dire la mise en place dans des lieux existants tels que les bars, festivals, transports, etc, des actions concrètes et une visibilité pour vivre réellement l’expérience d’un lieu sans harcèlement de rue, sans sexisme ordinaire. Et parallèlement, nous pratiquons des actions de sensibilisation pour rendre visible le problème et montrer la possibilité de le combattre. Avec l’idée qu’en allant au-devant des personnes, en leur donnant des conseils pour réagir, qu’elles soient harcelées ou bien témoins, nous pouvions inverser les rôles et permettre aux femmes de relever la tête.

Nous refusons que notre lutte soit instrumentalisée à des fins racistes, xénophobes et islamophobes : on ne peut pas combattre une discrimination aux dépens d’une autre. Nous condamnons les propos tenus visant à stigmatiser une partie de la population, ce type de discours permettant de voiler la réalité qui est que le harcèlement de rue est partout, tout le temps, et que c’est précisément cette persistance et cette omniprésence qui le rendent insupportable et qui motivent notre lutte.

La réalisation de la fresque samedi après-midi a donc été pour eux l’occasion de distribuer des tracts mais surtout de discuter avec les passants et de recueillir des témoignages.

Les graffeuses présentent étaient Kat Détraké, Lady.K et Lüle. Côté garçons étaient présents Elfasto, Antoine, Davide et Olivier. La fresque réalisée a quitté la rue et vous pouvez maintenant aller la voir dans les locaux de l’ARBP (11, rue de la Fontaine à Mulard 75013 Paris).

J’ai été ravie de rencontrer les 3 graffeuses présentes sur place. J’ai pu échanger quelques mots avec Lady.K et Kat Détraké sur le monde du graffiti et la place faite aux femmes. Contrairement à ce qu’on pourrait espérer, l’Art n’est pas forcément synonyme d’ouverture d’esprit et d’égalité. Les femmes sont très minoritaires dans le streetart et les graffeurs ne sont pas très… accueillants et plutôt machos. Bien sur il ne faut pas faire de généralités et, comme partout, certains ne se reconnaîtront pas dans ces mots. Mais il ne faut pas pour autant faire comme si ça n’existait pas.

Malheureusement le temps a manqué, les jeunes artistes ont été appelées à d’autres occupations et notre conversation n’a pu se poursuivre. Mais je suis repartie avec des noms en poche pour de prochains portraits… Parce que j’ai très envie, par ce biais, de montrer que les femmes ont du talent et qu’il existe des artistes féminines dans le streetart.

Maintenant place aux images…

On se quitte comme toujours en musique avec une chanson de Zazie qui me parait être parfaite ici.

« Empreintes industrielles » d’Olivier Dexheimer

Jusqu’au 2 avril 2015, vous pouvez découvrir l’exposition « Empreintes industrielles » d’Olivier Dexheimer à La Fine Gueule (21, rue du docteur Leray, 75013 Paris).

Lire la Suite

Seth au Mur Oberkampf

Samedi après-midi retour au Mur Oberkampf mais cette fois sous le soleil. La foule était beaucoup plus importante que la semaine dernière. Ce temps printanier y était surement pour quelque chose. Mais surtout l’artiste invité à réaliser une oeuvre sur le Mur était Seth.

Lire la Suite

« Synergie » à la Galerie Mathgoth, une magnifique collaboration Jef Aérosol & Lee Jeffries

Depuis le 6 mars et jusqu’au 4 avril, la Galerie Mathgoth accueille (une fois de plus) une magnifique exposition, « Synergie », née de la collaboration entre Jef Aérosol & Lee Jeffries.

S’il y a bien un photographe contemporain dont j’admire les oeuvres, c’est Lee Jeffries. Je suis à chaque fois bouleversée par toute l’humanité qu’il a su capter dans ces hommes et ces femmes qui n’ont plus rien. Les regards en particulier nous happent et nous bousculent dans nos vies (finalement) bien tranquilles. Alors forcément j’avais hâte de découvrir comment son travail avait rencontré celui de Jef Aérosol, pochoiriste réputé qui embellit nos murs depuis de nombreuses années.

N’ayant pu aller au vernissage vendredi soir, je n’ai pas attendu bien longtemps pour découvrir l’exposition organisée à la Galerie Mathgoth (soit dit en passant, une de mes galeries préférées pour les artistes exposés et pour l’accueil toujours parfait de Mathilde…), puisque j’y suis allée samedi après-midi.

J’ai donc appris, lors de ma visite, que tout comme moi (et des millions de gens soyons clairs…), Jef Aérosol admire les photos de Lee Jeffries. Au point d’imaginer de « réinterpréter » à sa façon quelques-uns des portraits du photographe. Il le contacte donc pour lui demander l’autorisation. Tout ça se passe en 2014. Les artistes se rencontrent, le courant passe immédiatement et ils décident de travailler ensemble. C’est ainsi qu’ils décident de réaliser cette incroyable exposition : Synergie.

Incroyable est vraiment un des adjectifs qui me vient lors de la visite de l’exposition tant le travail entre les deux artistes est stupéfiant. On se dit qu’ils étaient faits pour se rencontrer et travailler ensemble. Mathilde m’a expliqué comment ils avaient travaillé. Pour cette expo, Jef Aérosol n’a pas réinterprété l’oeuvre de Lee Jeffries exposée. Il a choisi, parmi tous les clichés de la même série, une autre « pause ». A partir de là, il a réalisé ses pochoirs en y ajoutant sa touche personnelle (entre autre, bien sûr, sa petite flèche rouge).

Les deux artistes sont même allés plus loin en réalisant des oeuvres à quatre mains. Dans ces tableaux, les visages sont coupés en deux. Un côté étant une photo de Lee Jeffries, l’autre un pochoir de Jef Aérosol. Et l’accord est si parfait qu’au premier abord on ne discerne pas vraiment… puis oui, on voit qu’il y a une partie « photo » et une partie « peinture ». C’est vraiment époustouflant !

Pour finir de vous convaincre (avant quelques images…), je vous informe que la galerie Mathgoth reversera 10% de chaque vente à l’association Aurore. Parmi ses nombreuses activités, Aurore distribue quotidiennement dans le 13ème arrondissement de Paris, des repas chauds à plus de 300 personnes sans domiciles.

Galerie Mathgoth
34, rue Hélène Brion
75013 Paris
(métro François Mitterrand)
Ouverte du mercredi au samedi de 14 à 19 heures
ou sur rendez-vous

Maintenant place aux images… qui ne peuvent en aucun cas remplacer une visite sur place. Pour cette expo peut-être encore plus que pour d’autres. Il faut vraiment voir les oeuvres , les approcher, les ressentir car il y a beaucoup d’émotion dans cette exposition consacrée aux SDF. Certaines oeuvres sont vraiment bouleversantes. Une en particulier, réalisée à 4 mains, m’a remuée. Celle d’une jeune femme au visage ravagé par les effets du crack. A tel point que je n’ai pas pu la prendre en photo, ni la regarder attentivement. Ce que je regrette maintenant car j’ai raté un détail : dans l’oeil de la jeune femme on peut apercevoir le photographe. (Merci pour l’info à un photographe bien plus attentif !).

Vous pouvez aussi les voir par ici : « Synergie » à la Galerie Mathgoth

Je reste dans le thème de l’expo pour ma conclusion musicale avec Charles Aznavour…