Art urbain
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Le streetart dit non au harcèlement de rue

Samedi après-midi des graffeurs s’étaient rassemblés place de Rungis (Paris 13) pour dire non au harcèlement de rue.

En lien avec la mairie du 13ème et l’association de quartier ARBP (Association Rungis Brillat Peupliers), le collectif Stop harcèlement de rue organisait le 14 mars cette manifestation afin de parler encore et toujours du harcèlement de rue que subissent principalement les femmes, mais aussi toutes les minorités (étrangers, homosexuelles et personnes souffrant de handicap). Ils ont donc fait appel à des graffeurs de talent pour réaliser une fresque pour dire à ces comportements sexistes et discriminants qui créent chez les personnes qui subissent, un sentiment permanent d’insécurité.

Avant de parler streetart, je tiens à présenter ce collectif de femmes et d’hommes qui ont décidé de dire non au harcèlement de rue afin que toutes et tous nous puissions vivre librement et sans crainte. Je ne vais pas « réécrire l’histoire », comme on dit. Je reprend donc leurs mots…

Nous sommes des individus de tous horizons, désireux de porter la lutte contre le harcèlement « de rue » via des actions dans l’espace public. Nos trajectoires sont variées : certain-es d’entre nous ont un parcours militant, d’autres pas, certain-es sont engagé-es politiquement, d’autres non. Nous accueillons tous ceux et toutes celles qui souhaitent s’inscrire dans l’action, quelle que soit leur classe sociale, leurs revendications personnelles, leur genre, leurs origines. Cette diversité constitue la richesse de notre collectif. Afin de la respecter, nous n’engageons le collectif dans des actions ou des prises de position portées par d’autres mouvements que si elles sont directement en lien avec notre objet (le harcèlement de rue). Chacun est libre, en son nom propre, de nous informer d’autres actions afin de le diffuser aux membres et aux sympathisants.

La lutte contre le harcèlement de rue soulève deux problèmes essentiels : l’accession à l’autonomie, dans tous les domaines de la vie, et l’éducation à la mixité (réelle). En l’occurrence, la possibilité d’être seul-e partout, tout le temps, en pratiquant toutes sortes d’activités (mêmes celles perçues comme traditionnellement masculines) ; et le partage à égalité de tous les espaces, dans tous les rapports sociaux, notamment les rapports de séduction. Nous combattons le sexisme et l’homophobie en défendant le droit à l’autonomie et l’avènement d’une vraie mixité.

Pour réduire le harcèlement de rue, nous adoptons une démarche d’éducation populaire, avec un projet phare : le développement de « zone sans relou ». C’est à dire la mise en place dans des lieux existants tels que les bars, festivals, transports, etc, des actions concrètes et une visibilité pour vivre réellement l’expérience d’un lieu sans harcèlement de rue, sans sexisme ordinaire. Et parallèlement, nous pratiquons des actions de sensibilisation pour rendre visible le problème et montrer la possibilité de le combattre. Avec l’idée qu’en allant au-devant des personnes, en leur donnant des conseils pour réagir, qu’elles soient harcelées ou bien témoins, nous pouvions inverser les rôles et permettre aux femmes de relever la tête.

Nous refusons que notre lutte soit instrumentalisée à des fins racistes, xénophobes et islamophobes : on ne peut pas combattre une discrimination aux dépens d’une autre. Nous condamnons les propos tenus visant à stigmatiser une partie de la population, ce type de discours permettant de voiler la réalité qui est que le harcèlement de rue est partout, tout le temps, et que c’est précisément cette persistance et cette omniprésence qui le rendent insupportable et qui motivent notre lutte.

La réalisation de la fresque samedi après-midi a donc été pour eux l’occasion de distribuer des tracts mais surtout de discuter avec les passants et de recueillir des témoignages.

Les graffeuses présentent étaient Kat Détraké, Lady.K et Lüle. Côté garçons étaient présents Elfasto, Antoine, Davide et Olivier. La fresque réalisée a quitté la rue et vous pouvez maintenant aller la voir dans les locaux de l’ARBP (11, rue de la Fontaine à Mulard 75013 Paris).

J’ai été ravie de rencontrer les 3 graffeuses présentes sur place. J’ai pu échanger quelques mots avec Lady.K et Kat Détraké sur le monde du graffiti et la place faite aux femmes. Contrairement à ce qu’on pourrait espérer, l’Art n’est pas forcément synonyme d’ouverture d’esprit et d’égalité. Les femmes sont très minoritaires dans le streetart et les graffeurs ne sont pas très… accueillants et plutôt machos. Bien sur il ne faut pas faire de généralités et, comme partout, certains ne se reconnaîtront pas dans ces mots. Mais il ne faut pas pour autant faire comme si ça n’existait pas.

Malheureusement le temps a manqué, les jeunes artistes ont été appelées à d’autres occupations et notre conversation n’a pu se poursuivre. Mais je suis repartie avec des noms en poche pour de prochains portraits… Parce que j’ai très envie, par ce biais, de montrer que les femmes ont du talent et qu’il existe des artistes féminines dans le streetart.

Maintenant place aux images…

On se quitte comme toujours en musique avec une chanson de Zazie qui me parait être parfaite ici.

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

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