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Les portraits de Miss Acacia : Maite Sant, peintre de l’intime

Couv portrait Maite Sant

Ce portrait est celui de Maite Sant, une jeune artiste peintre à l’univers unique. Avec ses œuvres, elle rêve de porter bonheur et chance à la personne qui l’emportera chez elle. Découvrons qui elle est…

J’ai découvert le « monde » de Maite Sant il y a quelques mois lors de l’expo Home Staging du Loft du 34. J’avais alors eu un coup de cœur pour son travail. J’ai donc été ravie de la rencontrer et de préparer ce portrait avec elle.

De l’histoire de l’art à la création artistique

Maite Sant est une jeune artiste peintre de 23 ans seulement. Son nom d’artiste est un pseudo en partie (elle a conservé son prénom original en première partie). Elle aime l’idée de mélanger ses identités artistique et civile. Pourtant elle n’y a pas longuement réfléchi, il lui est venu comme évidence. C’est par la suite qu’elle a appris que « SANT, en Amérique du Sud, est un terme de respect envers un sage et l’idée que ce terme puisse avoir une histoire lui a plu.

Avec Maite Sant, il n’y a pas de « il était une fois une enfant passionnée de dessin ». Au lycée elle s’oriente vers un Bac L en option Histoire de l’art. Elle voulait alors être archéologue. Egalement passionnée de littérature, après son bac elle intègre l’UFR de Lettres Modernes Appliquées à la Sorbonne pour devenir journaliste. Elle y passera une année très riche en connaissance, mais choisira finalement une autre voie, une prépa artistique, et s’oriente vers la filière « Graphisme ». Ses trois années d’études lui ont permis de trouver son style artistique : assimiler la figuration, la peinture ou le dessin au traitement plutôt classique et réaliste avec le graphisme et des thématiques contrastées.

Le support vient à moi selon l’idée que je me fais de ce que ce que j’exprimerai dessus.

Aujourd’hui, elle ne suit aucun courant artistique en particulier. Son travail est une question de support, d’opportunités et de ressenti. Elle aime peindre sur des murs comme sur des toiles ou des feuilles. Et puis elle est trop jeune (et sa carrière artistique aussi) pour se mettre dans une case !

Un art qui ne sert pas à guérir n’est pas un art

Maite Sant trouve son inspiration dans l’ésotérisme, le spirituel. Puis elle apporte sa vision personnelle et moderne de toutes ces « images ». C’est l’interprétation des images qu’elle aime, tout ce que l’on peut trouver comme récits derrière une image. Elle aime aussi faire référence à d’anciennes gravures moyenâgeuses, à l’univers médiéval des chevaliers, ou encore au monde passionnant des divinités grecques. Pour sa prochaine exposition c’est au Tarot de Marseille (ou Piémontais) qu’elle s’est intéressée.

Dans son travail, l’artiste n’essaie pas seulement de proposer quelque chose de contemplatif. Elle souhaite créer, à travers ses peintures et ses dessins, des « objets » qui se transformeraient en amulettes, des talismans, des blasons magiques ou encore des capteurs de rêve. Dans plusieurs cultures et religions du monde, des objets sont ainsi identifiés comme étant des éléments de protection que les gens disposent chez eux.

Maite Sant a envie de proposer des oeuvres qui apporteraient du bonheur chez la personne qui l’emportera chez elle. Comme une sorte de passage vers un voyage, une thérapie, un objet de stimulation et de réflexion constante. Dans ses toiles, elle met bien sûr son « savoir-faire » technique mais aussi, et surtout, ses émotions, ses sentiments, sa personnalité. Ses œuvres sont très intimes. Elle ne cherche pas à tout prix le « beau ». Ce qu’elle veut c’est interpeller les spectateurs et qu’ils puissent se retrouver dans son art.

Le « Tarot » se retrouve être une inspiration parfaite dans ce sens. Je finirai avec un passage du livre « La voie du Tarot » d’Alexandro Jodorowski. L’artiste se questionne sur l’étude du Tarot .  « Je lui (au tarot) demandais : « À quoi me sert cette étude ? Quel est le pouvoir que tu peux me donner ? » J’imaginais que le Tarot me répondait : « Tu dois seulement acquérir le pouvoir d’aider. Un art qui ne sert pas à guérir n’est pas un art ».

Maite Sant utilise différents médiums dans ses créations. Par exemple, pour les toiles elle se sert à la fois de feutres, de bombes aérosols et d’acrylique. Puis elle finit par de la dorure à la feuille de métal. Lorsqu’elle fais des dessins, elle se sert aussi de crayons en mine de plomb.

Home Staging, une approche de l’art urbain

Maite Sant n’est pas une street artiste et son travail se fait en atelier. Mais elle a une approche bien à elle de l’art. Ainsi, elle prépare en ce moment une expo qui se déroulera au mois de mai au Loft du 34. Avec elle, pas de tableaux accrochés aux murs ! Elle va totalement investir le Loft pour y créer un univers particulier.

C’est également le travail qu’elle avait fait lors de sa participation à Home Staging (résidence d’artistes éphémère organisée par le Loft du 34). A cette occasion, elle a eu de peindre entièrement une des pièces d’un appartement laissé à l’abandon. Elle a aimé travailler de façon éphémère, en se disant que qu’elle fournissait un travail important qui serait détruit quelques mois après. Elle a découvert que le travail du mur est différent de celui sur toile. L’artiste intervient sur des espaces qui ont vécu et qu’il faut s’approprier. Dans la pièce où elle a travaillé, elle a voulu laisser des stigmates du temps et du l’usure sous sa peinture : des lambeaux de papiers peints à peine arrachés, des fissures à vif qu’elle n’a pas souhaité recouvrir… Home Staging a été pour elle une expérience très intime.

On investit un appartement abandonné où les gens ont vécus, on y vit plusieurs semaines pour réaliser nos murs avec des « colocataires » artistes jusqu’à ce qu’on se l’approprie entièrement. Puis lorsque le lieu s’ouvre enfin au public on abandonne à notre tour notre espace pour l’offrir aux regards d’inconnus jusqu’à se faire une raison. La finalité : La destruction des murs, et donc des oeuvres. On devient alors les derniers occupants d’un lieu chargé de souvenirs émotionnels et générationnels.

L’univers de Maite Sant en images

Voici quelques photos pour vous faire une idée du travail de Maite Sant. Pour voir ses oeuvres, vous pourrez également venir au Loft du 34 en mai 2017 (je vous tiendrai bien sûr au courant).

Maite Sant a joué le jeu de la conclusion musicale. Elle nous propose une jolie découverte musicale : Man O To.

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

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