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Le Grand Palais se met aux couleurs du Mexique

Couv Expo Mexique

Du 5 octobre 2016 au 23 janvier 2017, le Grand Palais nous invite à (re)découvrir des artistes qui ont fait l’histoire artistique du Mexique, de 1900 à 1950. Parmi eux Diego Rivera, Frida Kahlo ou encore José Clémente Orozco.

Après l’inauguration de sa toute première expo de la rentrée consacrée à Hergé, j’ai assistée au lancement de l’autre grande expo d’octobre : celle sur les artistes mexicains.

Les oeuvres de peintres, sculpteurs ou photographes mexicains (certains connus ou d’autres moins) des années 1900 à 1950 sont exposés pendant 4 mois au Grand Palais. Avec cette exposition, le Musée nous emmène à la (re)découverte d’une création intense et très diverse.

Depuis son indépendance conquise face à la monarchie espagnole en 1821, le Mexique n’a cessé d’affirmer sa volonté de changement et son esprit de modernité. C’est en s’appuyant sur la peinture, la sculpture, l’architecture, l’urbanisme, la musique, la littérature, le cinéma et les arts appliqués que le pays forge son identité. Souhaitée par les plus hautes autorités françaises et mexicaines, l’exposition est la plus grande manifestation consacrée à l’art mexicain depuis 1953. Offrant un panorama d’artistes célèbres tels que Diego Rivera, Frida Kahlo ou Rufino Tamayo, le parcours dresse un constat de la bouillonnante créativité artistique du pays tout au long du XXe siècle.

Exposition organisée par le Musée national d’art, INBA et la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.

L’exposition retrace 3 époques de l’histoire mexicaine : avant, pendant et après la Révolution (1910-1920). Les différentes salles sont d’ailleurs organisées ainsi.

L’art mexicain avant la Révolution

La première salle est donc consacrée à l’art mexicain avant la Révolution. J’y ai appris qu’à cette époque les artistes étaient très inspiré par les grands mouvements européens (certains peintres ont même fréquenter l’Europe, notamment Paris, et produit quelques toiles représentant la capitale. Ils utilisent donc des techniques  que nous connaissons de l’histoire de l’art européenne (impressionnisme, réalisme, symbolisme). Mais ils y ajoutent LA touche mexicaine en faisant entrer sur leurs toiles leurs préoccupations (bien différentes de celles de leurs contemporains européens) : ils veulent mettre en avant une histoire et un peuple.

L’art mexicain pendant la Révolution

Dans la deuxième salle nous entrons dans une période très importante dans l’histoire du Mexique (et par conséquent des influences artistiques) : la Révolution, qui dura de 1910 à 1920. Elle va amener les artistes à prendre une direction différente. Nombre d’entre eux décident de mettre leur art au service d’une cause, d’une idée, d’une vision commune.

Elle donna notamment naissance au mouvement des muralistes, particularité du pays et moyen de propagande (qui fut repris plus tard jusqu’aux Etats-Unis…),  dominé par le trio d’artistes Rivera, David Alfaro Siqueiros et Orozco. Il consiste à réaliser des peintures murales à caractère souvent politique sur les murs des villes, en particulier sur les murs d’édifices publics.

Dans la troisième salle, on découvre d’autres peintres qui ont également évoqué la Révolution dans leurs peintures mais avec des sujets plus populaires, ayant pour objectif de révéler et de magnifier le peuple : lutte des classes et utopie sociale, femmes fortes et culture mexicaine. D’autres, enfin, se sont distingués avec des sujets différents, moins politisés, plus colorés, poétiques, et même surréaliste parfois, reprenant ainsi les nouvelles tendances européennes tout en les adaptant à leur propre culture.

La Révolution va également modifier l’organisation de la société mexicaine. Les hommes étant partis à la guerre ou à la recherche d’un travail, les femmes ont assumé de nouvelles tâches, dans la lutte armée puis dans la reconstruction de la culture et de l’éducation. Elles furent alors comparées aux « femmes fortes » de la Bible. Les femmes ont également trouvé une nouvelle place dans le domaine artistique. Elles jouèrent un rôle déterminant, qualifié de « protoféminisme », en devenant mécènes d’artistes ou artistes elles-mêmes (comme Frida Kahlo), elles ont permis le développement d’un langage esthétique pouvant exprimer leurs doutes et leurs interrogations dans cette société en mutation.

L’art mexicain après la Révolution

Grâce à leur succès « Les Trois Grands » (Rivera, David Alfaro Siqueiros et Orozco) ont commencé à être connus et à avoir des commandes au-delà des frontières du Mexique, et en particulier aux Etats-Unis. John Dewey, directeur du projet « Public Works Art Project (PWAP) » (versant culturel du New Deal) pensait que le programme muraliste mexicain aiderait à stimuler la créativité aux États-Unis et fournirait un exemple d’art porteur d’un message social. La présence d’artistes mexicains aux États-Unis, et plus particulièrement les muralistes, a joué un rôle décisif pour les mouvements d’avant-garde de villes comme New York, Détroit ou Los Angeles.

Mais cet échange artistique ne se fait pas que dans un sens. Le Mexique a accueilli lui aussi un grand nombre d’artistes américains et européens, qui y trouvèrent refuge pendant le seconde guerre mondiale. Le Mexique devient le creuset de nombreux langages esthétiques. La collaboration entre les artistes va permettre de développer une scène particulièrement riche, autour du surréalisme avec Carlos Merida, Jose Horna, Leonora Carrington et Alice Rahon.

Le Mexique en images

Cette exposition est organisée sur deux étages du Grand Palais. Préparez-vous donc à passer plusieurs (au moins 2 deux) heures pour voir toute l’expo. Surtout que là, je vous conseille quand même de lire les explications… à moins que vous ne soyez déjà incollable sur l’histoire du Mexique ! Pour vous préparer au voyage, voici quelques images ici (j’ai choisi parmi mes préférées !) … et beaucoup là Mexique 1900 – 1950 au Grand Palais

Pendant cette visite je me suis régalée et fait de très belles découvertes. J’avoue avoir préféré la partie consacrée aux artistes féminines. Sûrement car il y a beaucoup plus de douceur/couleur/courbes et moins de guerre/violence/mort dans leurs oeuvres. Mais certains artistes m’ont quand même conquise, en particulier Diego Rivera. Mais je vous laisse faire vos propres choix.

Grand Palais
Mexique (1900–1950)
05 Octobre 2016 – 23 Janvier 2017
Tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 20h et en nocturne jusqu’à 22h le mercredi.

Je vous laisse déguster les photos au rythme entraînant de la musique mexicaine avec Rodrigo y Gabriela …

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

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