Coups de coeur
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The Sea of Trees de Gus Van Sant

the sea of trees

Avec The Sea of Trees, Gus Van Sant nous offre un très beau conte, plein de magie et de poésie, pour nous parler de la vie et du sens que nous lui donnons. Attention, en entrant dans la forêt, vous basculez dans un monde parallèle…

Dans la forêt d’Aokigahara, au pied du Mont Fuji, l’Américain Arthur Brennan est venu se suicider, comme beaucoup de personnes avant lui en ces lieux. Alors qu’il a trouvé l’endroit qui lui semble idéal, il aperçoit au loin un homme blessé et perdu. Assailli par un sentiment d’humanité irrépressible, Arthur décide de se porter à son secours. Alors qu’il s’était décidé à mourir, il va aider un homme à survivre.

Garder la poésie du titre original

J’ai choisi de garder ici le titre original du dernier film de Gus Van Sant parce que franchement, la traduction française, Nos Souvenirs, est bien loin du film ! Alors bien sur, on peut avoir une approche très primaire du film et n’y voir que l’histoire d’un homme qui vient se suicider dans une forêt japonaise et qui se souvient de sa vie avec sa femme et de ce qui l’a amené ici.

Je comprendrais alors les critiques dans l’ensemble plutôt mauvaises. Parce que c’est sur, vu comme ça ce film ne présente aucun intérêt. Mais si l’on garde le titre original, déjà on s’approche un peu plus près du film et du sens que Gus Van Sant a voulu donner à cette histoire.

Un conte fantastique dans une « forêt des songes »

Pendant les premières minutes du film, on suit Matthew McConaughey jusque dans la forêt d’Aokigahara au Japon. Vu d’en haut, elle ressemble en effet à une immense mer verte. Avec lui, nous nous enfonçons de plus en plus profondément au milieu de ces arbres.

Aokigahara (青木ヶ原?), est une forêt de 35 km2 qui s’étend à la base du Mont Fuji au Japon. Connue sous le nom de Jukai (樹海?, littéralement « mer d’arbres »), c’est une forêt à l’histoire encore relativement jeune, datant d’environ 1 200 ans. Aokigahara est connue pour le nombre élevé de morts retrouvés depuis les années 1950, pour la plupart dues à des suicides.

Très vite on comprend qu’il va falloir se détacher de la réalité pour pénétrer dans un univers étrange et symbolique. Il faut lâcher prise et se laisser emmener dans cette histoire qui nous parle d’amour, de culpabilité et de rédemption. Gus Van Sant nous offre ici un conte magique et poétique flirtant avec le fantastique.

Grace à sa rencontre avec Takumi (Ken Watanabe), Arthur (Matthew McConaughey) va aller au bout sa culpabilité à avoir mal aimé sa femme et de n’avoir pu lui demander pardon. Ce long et douloureux (au propre comme au figuré) chemin dans la forêt est le symbole de son cheminement à lui vers une paix intérieure.

Je pense que j’ai aimé ce film car il me fait beaucoup penser aux livres d’un auteur japonais dont je suis fan, Haruki Murakami. Comme dans les romans de ce dernier, Gus Van Sant nous fait entrer dans un monde où se mêle magie, poésie et réalité rêvée.

Une belle distribution

Heureusement pour moi je n’avais lu aucune critique sur le film et je n’avais rien su des huées au Festival de Cannes (je ne suis définitivement pas « raccord » avec ce festival !) et je suis donc allée voir ce film parce que le réalisateur est Gus Van Sant et que j’ai aimé tous ses films (enfin ceux que j’ai vu parce qu’il a une sacrée filmographie). J’étais donc très curieuse de découvrir son nouveau film.

Et puis il y a Matthew McConaughey dans le rôle principal. Depuis quelques années il a un parcours sans défauts. Je l’ai aimé dans Dallas Buyers Club, Mud, Magic Mike ou encore True Detective. Cette fois encore il est incroyable, interprétant son personnage avec justesse et émotion sans jamais glisser dans le pathos.

Ken Watanab et Naomi Watts sont également très émouvants. Elle, en épouse déçue qui cache sa détresse dans l’alcool. Lui, en homme japonais qui ne veut plus vivre (et non pas mourir…) car il a été « mis au placard » dans son entreprise et ne gagne plus suffisamment pour subvenir correctement aux besoins de sa famille.

Et enfin, bien sur, la forêt d’Aokigahara. Dense, profonde et ensorcelante avec ses arbres immenses qui semblent monter jusqu’au ciel. On ne peut en sortir tant que l’on se bat avec ses démons et ses regrets. Pour Takumi et Arthur elle repousse sans cesse ses limites et accumule les obstacles qui les obligent à un dépassement tant physique que moral. Ces deux hommes égarés vont devoir s’apporter de l’aide et se soutenir pour trouver l’issue.

Pendant le film j’ai reconnu la voix du chanteur du groupe Alt-J. Ils ont écrit une chanson pour le film mais je n’ai pas pu la trouver. Les voici avec une autre chanson pour ma conclusion musicale…

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

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