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Reza nous invite en « Azerbaïdjan, terre de tolérance »

J’ai commencé à vous parler de cette exposition à la fin du billet Rêve d’humanité et de tolérance avec Réza mais, faute d’infos, je n’en avais vu qu’une toute petite partie, sur les grilles de la mairie du 1er arrondissement. Grâce à Clément (le community manager de A Dream of Humanity), non seulement j’ai pu voir l’expo dans son entier mais j’ai aussi la chance d’avoir un guide… le photographe lui-même.

En effet, samedi matin Reza était présent pour une visite de son exposition Azerbaïdjan, terre de tolérance. Il nous a donc longuement parlé de son travail, de son attachement à ce pays et de son optimisme sans failles !

« Témoin du chaos de la guerre et de ses ravages depuis 40 ans, je saisis la résilience de ceux qui endurent l’inconcevable, observant surtout la beauté de la vie qui persiste, toujours. De cette quête visuelle est née ma volonté de mettre en lumière « les enfants d’Abraham », cherchant à montrer ce qui rassemble plutôt que ce qui divise.
Ainsi, l’exposition Azerbaïdjan Terre de Tolérance à la Mairie du 1er arrondissement de Paris présente une série de mes reportages au sein des communautés religieuses chrétiennes, musulmanes et juives qui cohabitent en Azerbaïdjan, toutes animées d’un profond désir de partage, de respect et de dialogue avec l’autre. Cette exposition fait la lumière sur les ponts communautaires millénaires que chaque groupe religieux a tissé avec l’autre.
Un rêve éveillé qu’un jour, je l’espère, ce vivre ensemble puisse se diffuser partout dans le monde.« 

Complémentaires de celles exposées dans A Dream of humanity, ces images témoignent encore une fois de l’Humanité en laquelle il croit.

Reza et l’Azerbaïdjan

Reza a fait son premier séjour en Azerbaïdjan en 1987. A cette époque le pays fait partie de l’URSS. En 1990, de violents combats l’oppose aux troupes soviétiques (3 jours de combats à Bakou désignés par « Janvier noir » feront de très nombreuses victimes. Bilan officiel : 137 morts et 700 blessés). L’indépendance ne sera proclamée qu’en août 1991. Le conflit qui les oppose aux arméniens depuis 1988 prend de l’ampleur et devient de plus en plus violent, aboutissant à un « nettoyage ethnique » par les deux camps. Cette guerre est un des conflits ethniques les plus destructeurs ayant surgi après la fin de l’URSS. Un cessez-le-feu sera enfin signé en 1994. Mais une solution définitive du conflit n’a toujours pas été signée.

Reza est retourné dans le pays à plusieurs reprises depuis 1987 pour témoigner de ces années de conflit. Mais il veut aussi montrer que l’Azerbaïdjan est également une terre de tolérance. C’est en 1997, alors qu’il réalisait un reportage pour la National Geographic Society sur la mer Caspienne qu’il a commencé à découvrir les traditions associées aux différentes régions du pays. Mais aussi une spécificité. Ici, les religions coexistent et dialoguent entre elles, une culture oecuménique est à l’oeuvre depuis longtemps entre les trois monothéismes : Chrétiens (catholiques, protestants, orthodoxes), Musulmans et Juifs.

Je suis allé à leur rencontre, au fil de plusieurs mois de reportage en Azerbaïdjan. J’ai partagé le recueillement du jeûne musulman et la joie des rassemblements de l’iftar. J’ai été le témoin silencieux et discret des prières des Oudis, premiers chrétiens issus de la région du Caucase. J’ai découvert, dans les ruelles du « Village rouge », l’une des seules enclaves juives en dehors d’Israël.

Une expo, des livres

Les photos exposées ici ont fait l’objet de deux ouvrages. « L’Elégance du feu« , un livre de « voyage poétique ». Ici Reza veut témoigner de la beauté du pays et il a choisi d’accompagner ses photos de textes de poètes azerbaïdjanais. Avec cet ouvrage il a voulu « rendre hommage à ces femmes et ces hommes, victimes impuissantes d’enjeux sur l’échiquier géopolitique « .

« Le Massacre des innocents » est plus journalistique. Il commence au premier jour où ce peuple a voulu gagner son indépendance et se poursuit avec les guerres qui s’en sont suivies. Reza fait ici son travail de photojournaliste et accompagne ses photos de textes de Rachel Deghati (auteure française… et son épouse), d’articles parus dans le Times et Le Monde ainsi que le texte des Nations Unis reconnaissant l’indépendance du pays.

Un devoir de « témoin de l’humanité »

Reza parcourt le monde avec son appareil photo pour remplir son « devoir de témoin de l’humanité ». Devant ses images, il veut que nous prenions le temps de réfléchir à chaque scène pour que notre avis sur l’humanité ne se fasse pas seulement à travers les quelques minutes aux infos du soir à la télé qui ne nous montrent que la guerre et les attentats !

Je vous offre ici quelques photos mais prenez le temps d’aller voir mon album complet (Azerbaïdjan, Terre de tolérance) car j’ai repris les textes qui accompagnent les photos. Ils sont très importants car ils permettent de saisir toute la richesse de l’Azerbaïdjan et la symbolique importante de cette exposition. Vous découvrirez un pays incroyable où la tolérance est une tradition.

Je dois vous demander de l’indulgence pour la qualité des photos (pas terrible il faut bien le dire) mais je les ai faites un peu vite car il m’a fallu choisir entre faire des photos de l’expo et écouter Reza. J’ai choisi Reza… forcément ! Cet homme est incroyable de simplicité et d’optimisme. Il parle à tous comme s’il n’était pas le grand photographe que l’on sait (il est même venu me serrer la main et me dire quelques mots alors que nous attendions devant la mairie après la visite. J’ai été vraiment enchantée (dans les 2 sens du terme) par cette rencontre).

« Nous ne devons pas nous combattre en ces temps d’obscurité. Car si nous sommes ennemis, l’obscurité tombera aussi sur nos cœurs » Alexander McCall Smith

Pour visiter l’expo il faut vous rendre à la mairie du 1er arrondissement jusqu’au 10 septembre !
4, place du Louvre – 75001 Paris
Lundi – Vendredi : 8h30 – 17h
Jeudi : 8h30 – 19h30
Samedi : 9h – 12h30

Je vous laisse en musique avec Sabina Babayeva, chanteuse azerbaïdjanaise et sur de très belles images de l’Azerbaïdjan.

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

5 commentaires

  1. Voici un article qui mériterais de cliquer plusieurs fois sur « j’aime ». Magnifiques photos, compte rendu clair, précis et enthousiaste. J’essaierais d’y aller.

    J'aime

    • Merci beaucoup Francis. J’ai eu un véritable coup de foudre pour ce pays à travers cette exposition. J’ai donc eu envie d’en savoir plus sur son histoire. Et de communiquer mon engouement aussi !

      Aimé par 1 personne

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