Art urbain, Expos
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« Hip-Hop : du Bronx aux rues arabes », à l’Institut du Monde Arabe

Depuis le mois d’avril je voulais voir l’expo « Hip-Hop : du Bronx aux rues arabes », à l’Institut du Monde Arabe. Et puis les jours sont passés… jusqu’au moment où je me suis rendue compte que dans quelques jours ce serait terminé ! Alors c’était maintenant ou jamais.

Voilà pourquoi, profitant de mes premiers jours de vacances sur Paris, j’ai filé à l’Institut du Monde Arabe.

Hip-Hop : du Bronx aux rues arabes est une exposition-événement présentée à l’Institut du Monde Arabe, sous la direction artistique du rappeur Akhenaton leader du groupe IAM. Elle est consacrée au mouvement Hip-Hop, devenu en une quarantaine d’années une culture universelle aux facettes multiples et souvent méconnues.

Le parcours retrace l’histoire de cette culture : de sa genèse aux États-Unis dans les années 1970, en passant par sa réappropriation en France dans les années 1980, à son développement dans les rues arabes des printemps révolutionnaires. Un phénomène planétaire touche-à-tout : musique, écriture, graffiti, tag, danse, mode, photographie, cinéma…

J’ai beaucoup aimé cette exposition car j’y ai appris une foule de choses sur ce mouvement que j’avoue bien mal connaître, à part quelques souvenirs d’émissions de break-dance qui passaient à la télé quand j’étais ado. Et aussi les groupes de rap qui en sont issus comme IAM, NTM ou encore des artistes comme Mc Solaar ou Oxmo Puccino.

Retour en « adolescence »

Cette rétrospective est une mine d’or. On y (re)découvre un ordinateur ATARI ST (premier ordinateur permettant de relier un ou plusieurs instruments électroniques compatibles : synthétiseur, sampleur, boîte à rythmes), des Ghetto Blaster, ces énormes radio-cassettes qui vont permettre l’émergence de la break-dance et des « Block Party » (fêtes de quartier qui ont vu le jour à la fin des années 70 dans le Bronx à New York et dont le concept est simple : une scène, un micro, une paire de platines et des Djs). On apprend à connaître les codes vestimentaires avec les sneakers et les pantalons XXL. Tout ça sur fond musical… forcément.

Une centaine d’oeuvres historiques d’artistes américains, français et arabes sont exposées aux côtés de documents d’archives (on peut voir les textes de chansons de Akhenaton et Shurk’n ou Les sages de la rue, écrit dans des cahiers d’écoliers). Les graffeurs JonOne, Evol, Jay One, Meen One ou Yazan One ont réalisé pour l’occasion des oeuvres inédites.

L’histoire du rap

Dans une salle on prend même un cours de musique avec la master class « Allonger le son » : « sur un triple écran, un Dj détaille notamment « le pass-pass », « le mixe », « le scratch » ou le « beat juggling », techniques qui ont permis d’abord de prolonger les beats les plus jouissifs de certains morceaux, puis de créer de nouvelles compositions à partir de disques vinyles et de platines. Et enfin de faire de la platine un instrument de musique à part entière. »

Aux Etats-Unis, dans les années 70,  la Zulu Nation d’Afrika Bambaataa a développé une identité africaine positive et un message pacifique. Les rappeurs renouent avec l’islam engagé de Malcom X. L’islam dans le jazz ou le hip-hop accompagne l’activisme noir.

De nombreux rappeurs américains s’inspirent alors des enseignements islamiques des Five percenters (organisation créée à Harlem dans les années 60 par un ancien de la Nation of Islam). Parmi eux, mc Rakim Allah (de Eric B & Rakim), Big Daddy Kane… D’autres, comme Public Enemy, A Tribe Called Quest, Ice Cube ou Mos Def, mêlent islam et luttes politiques dans leurs oeuvres. 

Le rap débarque en France dans les années 80 et s’y implante très rapidement. Grâce à la télé, le hip-hop invite toute une jeunesse, jusque là invisible, à joindre son mouvement.

Dans les années 90, les difficultés économiques et sociales entraînent une crise identitaire qui donnera lieu à des émeutes mis aussi à la naissance de groupes de rap (tels que NTM, IAM ou Lionel D) qui expriment leur révolte dans leurs textes.

40 ans après sa naissance aux Etats-Unis, les rappeurs arabes veulent renouer avec les origines contestataires du hip-hop américain. A travers cette musique, la jeunesse arabe s’insurge contre les politiques liberticides de leurs dirigeants. Mais on n’en apprend pas plus et les artistes choisis pour représenter le rap dans les pays arabes ne sont pas forcément les plus « révolutionnaires » ou contestataires…

Hip-hop, danse et graffiti

Le hip-hop c’est aussi la danse et le graffiti. J’ai appris à cette occasion qu’à l’origine les graffeurs étaient des « graffiti writers ». Et que le graffiti s’appelait « writing » car les artistes jouent avec le lettrage. L’esprit de compétition est au coeur de cette culture qui valorise la performance et le dépassement de soi. Ainsi s’organisent des battles (tant dans la danse que dans le graffiti). L’aspect collectif prend alors tout son sens. Les « crews » (bandes) s’affrontent pour réaliser des figures toujours plus osées ou des fresques au lettrage hyper travaillé.

De courtes vidéos sont à notre disposition pour apprendre l’histoire du graffiti en France pendant 20 ans avec Bando, Mode2, Futura, JonOne, Seen. On nous y explique la différence entre le tag et le graffiti. D’autres présentent le calligraffiti, une évolution du graffiti inspiré par la calligraphie arabe avec les artistes EDD, El Seed, Meen One, Yazan Halwani…

L’exposition en images

Pour vous donner une idée voici quelques images. La qualité est très moyenne car je suis partie les mains dans les poches, c’est à dire sans mon appareil photo. Je me suis donc contentée de mon téléphone (grosse frustration ! ).

Toutes les photos de l’expo se trouvent ici : Hip-Hop : du Bronx aux rues arabes

Pour refermer l’exposition « Hip Hop, du Bronx aux rues arabes », une Block Party est organisée sur le parvis de l’Institut du Monde Arabe le dimanche 26 juillet à partir de 17h. Un évènement sur le modèle des fêtes de quartier qui ont vu le jour à la fin des années 70 dans le Bronx à New York. Mais nous serons quand même loin du principe de base de ces « Block Party » puisqu’il faudra payer pour y assister ! 30 € (20€ si vous avez conservé votre billet pour la visite de l »expo) !

L’année prochaine l’exposition ira s’installer à Rabat, au Maroc.

Pour le final musical j’ai choisi une chanson de Mc Solaar parce que je l’ai entendue pendant ma visite.

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

12 commentaires

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    • Merci. Je regrette d’avoir autant tarder à aller la voir. J’aurais vraiment aimé encouragé les gens à faire cette visite. Mais il reste encore tout le week-end !

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  2. Bonjour ma chère Miss Acacia

    C’est bon ! J’y suis allé hier ! J’ai beaucoup aimé l’exposition, tu as lu dans mes pensées quand tu disais que j’allais apprécié cette exposition. Une scénographie du tonnerre ! Comme tu as pu le dire dans ton article, il manque un peu plus d’archives sur l’impact du hip hop dans les pays arabes.

    Au final, on passe un excellent moment à (re) découvrir cette culture !

    Aimé par 1 personne

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