Art urbain
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Exposition collective Kromacity 2017

Couv Kromacity

Du 18 janvier au 28 février 2017, découvrez l’exposition collective Kromacity. Elle met à l’honneur les oeuvres de KATRE, Gilbert1, Fabien Hominal, Théo Lopez et Demsky.

Où va l’art urbain ?

Une fois n’est pas coutume, j’ai répondu présente à l’invitation à un vernissage. Il faut dire que ça n’était pas un vernissage comme les autres. Cette fois, je n’allais pas me contenter d’admirer les oeuvres et de boire un (délicieux) verre de vin tout en discutant avec quelques-unes des personnes présentes. Mercredi soir j’allais également assister à un débat au titre prometteur, « Où va l’art urbain ?  »

Il part de loin l’art de créer sur des murs. Jusqu’aux grottes ? Sans aller jusque-là, remontons jusqu’à plus d’un demi-siècle. En 1960, Brassaï publie ‘Graffiti‘. « J’aime que la personne vous regarde franchement » disait-il. Brassaï aime l’art qui s’exprime directement. Qui se dévoile à la vue de chacun, sans interférences. Il le saisit dans son objectif et l’imprime. Son livre fera date. Graff et Street art suivront. Aujourd’hui, l’art urbain a le vent en poupe. Le marché, même les institutions s’en emparent. Que nous dit cet engouement ? Que que porte l’art urbain en particulier ? Quel est son avenir ? Jusqu’où peut-il aller ?

Pour animer cette discussion, Christophe Pouilly (organisateur de cette soirée) avait invité des spécialistes de l’art urbain.  Nicolas Laugero Lasserre (directeur de l’Icart, président de Artistik Rezo et collectionneur réputé) ; Stéphanie Lemoine (journaliste)  ; Christian Omodeo (chercheur, curateur et éditeur) ; Justine Brault (experte art urbain & collection et galeriste).

J’avoue que ce débat ne m’a pas appris grand chose. Je pense qu’il s’adressait plutôt à des gens peu férus d’art urbain. Ca n’est pas que je sois une vraie « spécialiste » mais j’ai suffisamment lu d’écrits sur la question et vu suffisamment d’expos (en particulier la très belle expo « Hip-Hop : du Bronx aux rues arabes » à l’Institut du Monde Arabe) pour avoir quelques connaissances sur l’histoire de l’art urbain et sur tous les débats animés autour de sa pérennité (ou pas).

Par contre, je pense que pour des visiteurs souhaitant découvrir cet univers, le débat a été très intéressant car les intervenants étaient vraiment bien. J’ai quand même appris que le nouveau défi viendra de Chine où du graffiti « autorisé » (oui faut pas rêver non plus) commence à émerger. Il sera intéressant de voir comment les artistes mêleront l’alphabet latin (pour le lettrage du graffiti) et la calligraphie chinoise. A suivre donc…

Nicolas Laugero Lasserre a rappelé que « l’ADN de l’art urbain c’est la rue ». Le travail de rue inspire forcément le travail d’atelier tout comme le travail d’atelier influence aussi le travail de rue. Exposer en galerie n’est pas opposé au graffiti vandale. Car « le marché de l’art n’est pas sale ! ». Il peut être pourri lorsque les prix sont le résultat du snobisme. Mais si on l’utilise correctement il permet aux artistes de vivre de leur art et ainsi de continuer à peindre.

Christian Omodeo a expliqué que l’art urbain est un art démocratique et c’est pour cela que les gens s’y intéressent plus vite et plus facilement qu’à d’autres courants artistiques. Internet a également beaucoup aidé à son essor. Les oeuvres réalisées dans la rue sont photographiées et diffusées sur les réseaux sociaux permettant aux artistes de se faire connaître.

L’art urbain je ne sais pas où il va, mais il va dans la bonne direction ! – Christian Omodeo

Tous s’accordent à dire que les commandes publiques qui se multiplient doivent coexister avec l’illégalité. Il faut absolument que l’art urbain garde sa liberté d’intervenir sans autorisation et pas sur commande en tant que moyen d’expression.

Je laisse le mot de la fin à Nicolas Laugero Lasserre :  » A travers ce mouvement l’art est enfin accessible à tous dans la rue. Et c’est bon !  »

KROMACITY, nouvelles formes et couleurs de l’art urbain

Les artistes exposés ici viennent tous de la rue et font évoluer leur travail au fil des années. Certains sont maintenant connus, d’autres pas encore (mais ça ne saurait tarde !). Pourtant, comme l’a souligné Christophe Pouilly, ils exposent ensemble et sont « logés à la même enseigne ». Seul l’art urbain permet ce mélange car les graffeurs sont habitués à travailler à plusieurs et à mêler leurs techniques. Et n’ont généralement (bon forcément il y a des exceptions) aucun problème d’égo qui leur ferait refuser d’être mis dans le même sac qu’un nouvel artiste.

Une petite présentation s’impose avant de passer aux images…

Katre : graffeur dans les années 90, il s’attache depuis plus de dix ans à traduire les émotions et le regard plein d’attention qu’il porte sur les lieux livrés à l’abandon. Il s’en imprègne d’abord avant de les fixer dans son appareil. Puis vient un minutieux travail de reproduction sérigraphique. Une fois l’image -monochrome- imprimée, il lance son K stylisé, coloré et vif comme autant d’éclairs qui viennent électriser l’espace endormi. Ou mieux, lui redonner vie. Katre est l’une des principales figures de la scène artistique urbaine.

Gilbert1 : plasticien, sculpteur, peintre, graffeur, photographe, Gilbert1 détient une pratique multidisciplinaire de l’art urbain. Il aime à se servir de « matériaux pauvres », de rebuts ou arracher des morceaux de bois puis les assembler en une géométrie et des couleurs qui résonnent avec les univers abstraits d’un Mirò ou l’expression de la matière de Antoni Tàpies … Digne héritier mais affranchi car ses compositions à la fois déstructurées et harmonieuses, violentes et douces, n’appartiennent qu’à lui.

Fabien Hominal « Un bon tableau doit être écrit comme un monde » disait Baudelaire. Foisonnant, intense, effervescent, contrasté, fragile ; le monde de Fabien Hominal a tout du nôtre. Pour le composer, cet artiste superpose les couches. Couche numérique d’abord, conçue par l’assemblage de multiples images : surimpression, remplissage d’une image par une autre, effet de saturation, transfert négatif/positif… Couche plastique ensuite apposée sur l’image imprimée. Ici, aérosols, bandes, pochoirs et autres techniques de rue soulignent les perspectives, jouent sur les contrastes et les couleurs. Adolescent, Fabien Hominal graffait sur les murs de Toulon. Vingt ans après, il pratique son art dans son atelier, retiré dans un village des Ardennes. Il nous prouve que la solitude est un sûr allié pour entendre et traduire les vibrations du monde.

Théo Lopez : à 27 ans, Théo Lopez fait partie de ces artistes dont il est difficile de savoir jusqu’où ils vont aller. Depuis 2008 et sa rencontre avec le collectif 9eme concept, il multiplie les expériences. Résidences, Art Fair, expositions personnelles et collectives… Marseille, Tel Aviv, Paris, Bordeaux, Moscou… le jeune artiste est très demandé. On pourrait craindre une dispersion. L’évolution de son travail démontre le contraire. Son abstraction s’assume ; ses formes se mettent à vibrer ; ses couleurs s’enchevêtrent et se répondent.

Kromacity en images

Les oeuvres exposées sont toutes de grande qualité. Je les ai toutes aimées je crois. J’aime beaucoup les « constructions » de Gilbert1, le graphisme de Théo Lopez (j’ai pu lui parler et un portrait devrait voir le jour…), KATRE réalise toujours des oeuvres impressionnantes en jouant sur le contraste entre les photos très sombres et les superbes lettrages rouges. Enfin, j’ai découvert Fabien Hominal et j’ai adoré son travail. Il faut s’approcher et prendre le temps de bien regarder pour voir les détails des superpositions, puis s’éloigner pour apprécier le graphisme et les couleurs.

Voici maintenant quelques images. mais il y en a encore plein ici : Kromacity 2017

La Compagnie
Du 18 janvier au 28 février 2017
5 rue Taylor, Paris 10
Ouverte du lundi au vendredi de 10H00 à 19H30.
Ou sur rendez-vous à : expositions@lacompagnie.paris

Et pour finir, je partage avec vous un petit plaisir musical du moment.

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

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  1. Pingback: Les portraits de Miss Acacia : Théo Lopez, le charme de l’abstraction | Les billets de Miss Acacia

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