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« Femme, je vous aime », un grand cri d’amour

Du 5 juin au 31 août 2019, Hanna Ouaziz organise un nouvel événement à la Galerie Teodora, à Paris : « Femme, je vous aime ». Cette fois il y sera question de la Femme avec un grand « F ». Elle a accepté de répondre à mes questions pour nous expliquer ce très beau projet artistique.

Hanna, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Hanna Ouaziz. Je suis directrice de la Teodora Galerie et fondatrice de l’agence H.Art. Je suis également curatrice d’art depuis 5 ans et avocate de formation.

Comment est né ce projet autour de la représentation de la Femme aujourd’hui ?

Ce projet est né de plusieurs questionnements en référence aux thèmes que l’actualité nous donne à réfléchir : le genre, le féminin, le féminisme. Autant de notions qui font débat. J’ai souhaité réunir différents artistes, masculins et féminin, aux démarches différentes autour de la question de la femme.

Les représentations que nous avons la femme actuellement que ce soit dans les médias, dans la pub, sur Instagram, dans l’art, dans les milieux underground ou même dans notre quotidien montrent que chacun cherche la définition de la féminité en piochant dans les codes que notre société et notre histoire a bien voulu construire, déconstruire ou conserver.

Autrefois, on segmentait les espaces et les visions de la femme semblaient se différencier à la maison dans l’atelier de l’artiste. Aujourd’hui nous assistons à une unification de ces territoires d’où la complexité de déterminer une définition.

L’éventail d’approches que les artistes emploient permet me semble t-il de retranscrire en partie des définitions ou des tentatives de définitions.

Parallèlement, j’ai invité cinq femmes (Lyne Vermes artiste poétesse et psychanalyste de formation, Agathe Soleranski jeune réalisatrice, Ariana Kah comédienne et réalisatrice, Ingrid Brunazzi, juriste, Anne Laure Cross journaliste télé et artiste).

Elles ont été interrogées la fois sur différentes questions comme le féminisme, leur définition de la femme, les peurs qu’elle pouvaient nourrir, ou encore les modèles et repères qu’elles suivaient. Ensuite elles ont pu s’exprimer sur le travail de artistes.

Elles sont pour moi des incarnations des définitions et des représentations qui font partie intégrante de l’exposition.

Comment as-tu choisi les artistes présentés dans les 3 expositions ?

J’ai souhaité confronter les regards et les disciplines, et donc mêler l’art contemporain et l’art urbain, des plasticiens, des peintres et la sculpture. J’assemble des disciplines très différentes pour aborder également le thème au travers d’une approche matérielle différente. Ainsi on peut appréhender l’indéfinissable par le palpable et le visuel.

A travers cette exposition en 3 temps, je mets en lumière

  • le travail de la texture et de la matière chez JM Robert
  • des vielles affiches chez Joachim Romain
  • du pochoir chez Zalez
  • de l’aérographe chez Florent Boisard
  • du bronze chez Soria Jordi

La légèreté de l’aérographe évoque la pureté. Le travail des vieux magazines laisse planer, à travers l’écriture, le spectre d’une société dans laquelle la Femme s’inscrit également dans le regard des autres, des médias, de la publicité, etc.

Le travail de la matière que ce soit le papier, la peinture, la photo, ou le bronze semble reconstituer toute la densité des émotions, pensées, parcours, souvenirs et expériences. Le bronze par sa noblesse cristallise l’immuabilité, évoquant de forts sujets tels que la fertilité, l’éternité ou encore l’amour.

Pourquoi une seule artiste féminine pour parler de la Femme et de sa représentation ?

J’ai travaillé sur cette idée de représentation de la Femme en me posant la question de ce que je voulais montrer. Nous vivons dans une société patriarcale, il est donc intéressant de présenter divers regards masculins puisqu’ils sont prédominants. Pour autant, on accueille une belle diversité dans les points de vue.

Le féminin fait partie intégrante de l’inspiration de ces quatre artistes masculins, mais tous le perçoivent différemment. Florent Boisard est dans le côté très charnel et rond du corps qui vire à l’abstraction, Zalez peint des silhouettes nues affranchies du regard d’autrui, Joachim Romain, lui, capture des visages se fondant entre collages et peinture comme fragmentés, imaginaires, rêvés et JM Robert dépeint une certaine vulnérabilité par de forts contrastes colorés.

Lorsque j’ai rencontré Soria Jordi, l’unique femme artiste de l’exposition, j’ai été touchée par sa personne car j’ai vu en elle la vulnérabilité humaine couplée à une grande générosité. J’ai aussi fait le choix de n’exposer qu’une seule femme à l’image de notre société dont la pensée générale est toujours à prédominance masculine. Encore aujourd’hui, de nombreuses femmes partagent des idées machistes et portent des jugements sexistes sur leurs semblables.

Comment va se dérouler l’événement ? Quels seront les temps forts ?

L’exposition « Comme je vous aime » se déroule du 5 juin au 31 août 2019 et s’organisera autour de 3 temps forts.

Dans un premier temps, du 05 au 11 juin, l’Acte 1 : « Intimate curves » se consacre à l’artiste Florent Boisard, un artiste que l’on a remarqué sur Paris ces derniers temps, mais qui travaille plutôt dans le sud de la France et notamment à Monaco.

Il consacre son art à la courbe. Il a grandi et vécu dans l’atelier de Dina Vierny, muse de Maillol, au milieu des sculptures. Son grand père était le décorateur Gustave Gautier dont il a hérité un sens esthétique élégant et raffiné.

L’artiste utilise exclusivement l’aérographe et a déposé sa technique qui est vraiment unique. C’est un artiste qui a connu une montée fulgurante (Prix de la Fiac 2018). Il est exposé dans 5 galeries, partout en France, c’est un réel honneur qu’il ait accepté de participer à ce projet.

Ses oeuvres seront exposées ensuite tout l’été avec les autres artistes mais je souhaitais lui consacrer une exposition personnelle qu’il a voulu courte étant très demandé par ailleurs.

Je peins les courbes de la femme, la beauté du geste. J’aime faire partager ma vision des choses, l’énergie dans mes courbes…

Dans un second temps, du 13 juin au 31 août, l’Acte 2 « Belle peut-être » accueillera  les artistes Joachim Romain, JM Robert et Zalez. L’art urbain sera mis à l’honneur à travers le travail de ces 3 artistes.

L’oeuvre de l’artiste Zalez s’axe autour de l’identité féminine avec un message volontairement provoquant.

Au croisement de différents styles, la femme reprend possession de son corps, affirme ses choix, et incarne ainsi une modernité insoumise.

Joachim Romain associe sa fascination pour le portrait photographique et son attirance pour les clichés urbains afin de créer des portraits d’icônes artistiques, politiques ou encore publicitaires, qui ont été mis à l’épreuve du temps et de la vie urbaine.

Le portrait sujet emblématique de l’exercice photographique et mon attirance pour les clichés de la rue fusionnent et il en ressort des portraits de femme, des icônes artistiques, politiques et publicitaires.

JM Robert, quant à lui, dessine des visages féminins subtils et raffinés, façon pochoir sur des fonds abstraits qui reprennent les effets des murs urbains.

(…) je peins que des visages et corps de femmes, elles m’inspirent beaucoup. Ce sont que des inconnues, mais j’aimerais de plus en plus m’inspirer de personnes que je connais. Ce sont des femmes qui font face à la dureté de la vie (…) C’est un peu comme leur rendre hommage.

Enfin, pour clôturer l’exposition « Femme, je vous aime », du 20 juin au 31 août , l’Acte 3 : « Passionnément sentimentale » présente la sculptrice de bronze Soria Jordi, une artiste internationale, à la croisée des cultures cubaines, indiennes, italiennes et algériennes, résidant à Perpignan et situant son travail dans l’Intime et l’inconscient.

De réflexions incontrôlées en émotions non contrôlables, Soria Jordi nous laisse ressentir avec grâce ses faiblesses comme l’expression courageuse et universelle d’une force au féminin. Animée par la volonté de comprendre le monde, Soria Jordi incarne une vision idéalisée de la Femme aussi bien dans ses tourments et ses peurs face à l’Amour que dans ses épreuves de vie. Se nourrissant des vérités plurielles, elle se fait le témoin d’une condition en quête d’évolution.

Mon travail de création est inconscient, en relation directe avec les émotions, les vécus des uns des autres, les réflexions sur soi et sur l’être humain.

Je clos cet entretien avec Hanna Ouaziz en musique. Avec, forcément, un très beau cri d’amour à toutes les femmes toujours en recherche de leur identité.

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Objet : Concours guide du street art en France

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