Artivista : 8 artistes s’engagent

Couv Artivista4 artistes français

ZDEY : Artiste français né à Hong-Kong en 1989, Zdey arrive en France en 1997. A 14 ans il commence à peindre ses lettrages sous le « blaze » Sodey dans l’univers du graffiti parisien. Après l’obtention d’un master en finance, il part s’installer à Mumbai, en Inde. C’est là-bas que sa double vie, en costume cravate le jour et en graffeur la nuit, lui inspire son personnage noir masqué tiré de la légende de Zorro. Sodey devient alors Zdey. Peignant de plus en plus, il démissionne en 2014 et revient à Paris afin de se dédier uniquement à sa passion. Depuis, Zdey et ses univers graphiques recouvrent les murs de Paris et d’ailleurs.

JO BER : Bercé aux comics et au hiphop, Jo Ber est né en 1983 et a grandi au pied de la Défense, qui devient vite son terrain de jeu. Il réalise ses premières peintures dans la rue début 2000. Hasard ou coïncidence, les frontières européennes s’estompent sous les rails des réseaux ferroviaires peu de temps avant que l’envie lui gratte de partir à la découverte d’autres décors, marquant ses étapes dans les différentes gares d’Europe…, sorte de carnet de voyage in situ. Jo Ber nous balade sur l’avenue de son imaginaire figuratif, entre ligne claire et BD underground, Néo- Summeriens et théorie de la relativité, avec un intérêt prononcé pour les mythologies urbaines et les ghettos antiques. Le goût du partage et des aventures collectives l’entraine à réaliser des murs à 4 mains avec Poes et à retrouver Zdey ou Missy sur les mêmes lieux de création !

POES : Né en 1983, il grandit aussi à la Défense où très jeune il construit son univers autour de la BD, de la littérature et du cinéma. Adolescent il bravait la législation et les interdits parentaux, en “faisant le mur” pour découvrir la ville et y crier sur les murs son existence. Affirmation sociale avant d’être une forme artistique, le graffiti fût fondateur pour son avenir d’artiste. Vecteur de rencontres internationales, le graffiti et ses acteurs sont pour lui un microcosme à l’échelle mondiale. Depuis 2004 grâce au collectif d’artistes dont il fait partie, il parcourt le monde pour participer et réaliser des fresques murales de plus en plus gigantesques. C’est pour lui un défi très positif de combattre la grisaille urbaine et de prôner la démocratisation de la peinture en peignant sur la ville même, en sortant l’Art de son cadre institutionnel pour l’inclure dans une nouvelle dynamique d’urbanisme, avec bien sûr toutes les contraintes de médiation et d’échange avec les citoyens.

LAETITIA CROCE : Au travers des techniques du collage, de la peinture, de l’assemblage et du dessin, l’artiste puise dans son imagination et ses émotions pour aboutir à l’expression graphique qui, aujourd’hui, la représente. Dessinées exclusivement sur carton, ses œuvres sont réalisées dans l’immédiateté et la spontanéité, selon l’émotion de l’instant, rarement d’après esquisse. Fortement inspirée par toutes les formes d’art graphique, l’artiste interprète librement dans son travail les ambiances et qualités plastiques qui l’émeuvent chez ses contemporains, en particulier dans le courant du street art et dans l’œuvre cinématographique du réalisateur américain, Tim Burton. Elle animera les ateliers avec les enfants en France.

4 artistes brésiliens

PRISCILLA AMONI : Son oeuvre est un savant mélange de la symbolique des femmes et des plantes. On y découvre la femme-plante qui symbolise la guérisseuse brésilienne, les noirs-indiens dont la tête est représentée par une plante… En représentant l’hybridation, elle veut montrer que l’homme et la nature sont indissociables et que l’espèce humaine est en mutation permanente. Ses créations sont en adéquation avec l’espace dans lequel elle se trouve. Elle se sert de son art pour revendiquer un désir qui peut être interprété comme une forme de prière et d’espoir.

DAGSON SILVA : Son principal espace d’expression : la rue. Il a commencé à peindre sur les murs dans le quartier Morro Das Pedras, un des plus grands ensembles de favelas de la Ville de Belo Horizonte où il a grandi. La culture populaire brésilienne, les caractéristiques sociales et le dialogue avec les habitants sont les bases de ses réflexions, recherches et thèmes de ses réalisations. Elles lui permettent l’appropriation et l’usage des espaces publics qui sont au croisement des savoirs populaires et des expériences académiques. En tant qu’ »artiviste », il agit pour développer des activités socio-culturelles avec les acteurs locaux et habitants des favelas en situation de vulnérabilité sociale.  » Les expériences et réflexions possibles à partir de ces actions d’intervention dans le champ politico-social sont directement liées à sa pratique dans le champ artistique ».

CRIOLA : Les graffitis de Criola colorent les murs de Belo Horizonte sa ville natale et participent au mouvement de revendication des noirs. “Mon objectif en tant que femme noire et graffeur est de lutter et dénoncer les stéréotypes créés par la publicité qui se calque aux normes européennes et ne représente pas la réalité du métissage du peuple brésilien. “Je tiens à rendre hommage à travers le graff à ceux qui jadis avaient leur liberté restreinte en raison de leurs origines africaines car c’est grâce à eux que je suis une artiste engagée aujourd’hui”. Elle envisage le graffiti comme une arme puissante pour lutter contre les discriminations et un moyen d’expression qui, au milieu du chaos urbain, vient contrer la morosité et la routine des passants en leur offrant les couleurs de la vie. La représentation de la femme noire est très présente dans son travail, car il est le fruit de ce qu’elle vit au quotidien. Pour elle, « chaque femme représente la sensibilité, la beauté et la puissance.”

GABRIEL NAST : Dès son adolescence, Gabriel s’intéresse à l’art urbain. Il part très rapidement à São Paulo où le mouvement du graffiti est très actif et où les murs peints fleurissent dans les quartiers vétustes de cette mégalopole. Après des études d’art graphique, il travaille en free-lance durant 5 ans à São Paulo puis s’installe à Belo Horizonte. Passionné par les origines de la construction culturelle brésilienne et très influencé par la culture afro indigène, Gabriel reconstitue à travers ses peintures murales les rituels et symboliques de cette civilisation qu’il défend. Ses portraits sont le témoignage d’une culture ancestrale où les rituels très nombreux sont toujours d’actualité, même si le mouvement artistique est en perpétuel mutation. Gabriel est un artiste engagé dans la transmission et le respect de la culture ancestrale et de tous ses rituels qui sont pour lui les bases de la civilisation actuelle.

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Artivista : la rencontre franco-brésilienne du street art