Peinture Fraîche a trouvé de nouveaux murs. Et à Villeurbanne, ils ne font pas les choses à moitié ! Avant l’ouverture au public, j’ai eu l’occasion de découvrir le chantier du festival lors d’une visite réservée à la presse. Une manière de voir ce qui se prépare, mais aussi de comprendre tout ce qu’il faut mettre en mouvement avant de pouvoir vous inviter à pousser la porte.
Cette année, le festival s’installe sur le site OTC, dans le quartier Grandclément. Près de 5 000 m² pour accueillir fresques, installations, créations numériques et rencontres. De quoi faire une belle balade artistique… à l’abri des caprices de l’automne, pour une bonne partie du parcours.
Des clés en août, un festival en octobre
Trouver un lieu : voilà une difficulté bien concrète pour un événement qui a besoin d’espace et de murs disponibles. Après un passage à Bourgoin-Jallieu, Peinture Fraîche retrouve la métropole lyonnaise avec cette édition villeurbannaise.
Pendant la visite, nous avons découvert les coulisses d’un calendrier plutôt sportif. Les clés du site ont été remises le 3 août. À cette date, la programmation restait à construire. Il fallait donc contacter les artistes, organiser leur venue, préparer les espaces et lancer toute la machine en plein été. Vous savez, cette période où les réponses aux mails commencent souvent par « Je suis actuellement en congés »…
Il a aussi fallu nettoyer les lieux, qui servaient de stockage. Avant les bombes de peinture, les balais. C’est moins photogénique, mais difficile de faire l’impasse.
Et les artistes invités ont répondu présent, y compris de grands noms de l’art urbain. Un bel élan collectif pour transformer ce lieu en quelques semaines.
Villeurbanne, des murs à la bonne hauteur
Villeurbanne est une ville en accord avec l’esprit de Peinture Fraîche. Installer la création dans un ancien site industriel, ouvrir ce lieu au public, faire se rencontrer des pratiques et des générations : le festival y trouve un terrain qui lui va bien.
Et quel terrain ! Certains murs atteignent 8 mètres de haut sur 16 mètres de large. Autant vous dire qu’on est assez loin du petit cadre à accrocher au-dessus du canapé.
4 à 5 jours de travail par fresque : c’est le temps annoncé pendant la visite. À cette échelle, cela donne une idée de l’engagement nécessaire pour passer d’une surface vide à une œuvre monumentale.
Parmi les artistes annoncés, on retrouve notamment Case Maclaim, Kalouf, Nebay, Azram ou encore Charles Foussard. Quatre fresques seront réalisées devant le public : celles de Dan Kitchener, Brusk, Mask et Nadège Dauvergne. L’occasion de prendre le temps de regarder le travail se construire, plutôt que de découvrir seulement son résultat.
Pour organiser votre visite selon ces rendez-vous de peinture en live : Dan Kitchener peint les 10 et 11 octobre, Brusk les 17 et 18, Mask les 24 et 25, et Nadège Dauvergne du 28 octobre au 1er novembre.
Invasion Villeurbanne… gardez l’œil ouvert
Cette édition possède aussi un fil rouge cinématographique : Invasion Los Angeles, le film de John Carpenter sorti en 1988. Pour celles et ceux qui ne l’ont pas vu, des lunettes permettent au personnage principal de découvrir ce qui se cache derrière les apparences, notamment les messages de soumission dissimulés dans les publicités.
À Peinture Fraîche, c’est votre téléphone qui vous aidera à regarder autrement. Cart’1, le directeur artistique du festival, et le studio R.A.tick ont imaginé des dispositifs de réalité augmentée accessibles sur le web à partir d’un QR code.
13 grandes fresques sont concernées : à l’écran, elles s’animent et révèlent des messages invitant à s’informer et à développer son esprit critique. Un autre espace reconstitue un intérieur du quotidien, dont les objets dévoilent de fausses publicités pour des services contemporains censés nous simplifier la vie.
La promesse de nous faire gagner du temps, on la connaît. Ce qu’elle nous demande en échange mérite parfois un deuxième regard…
Cette référence à Carpenter ouvre une réflexion sur la consommation, la surveillance et la place des médias. Elle apporte une autre lecture au parcours. Prenez donc le temps de regarder les œuvres directement, puis de découvrir ce que l’écran fait apparaître. Les deux expériences se complètent.
Regarder, rencontrer… et essayer
Les créations numériques prolongent cette exploration avec des vidéos et des dispositifs technologiques. Dans le Lab Space, Antoine Lab et Marc in Space expérimentent aussi le dessin avec des machines pilotées par ordinateur. D’autres outils, d’autres gestes, et toujours des images à inventer.
La foire des arts urbains permettra de rencontrer des artistes et de découvrir toiles, prints, petits formats, textiles ou bijoux. J’aime cette possibilité de prolonger la visite par une conversation, de mettre un visage et une démarche derrière une œuvre.
Et si regarder donne envie d’essayer, des ateliers sur mur ou sur table sont proposés, ainsi qu’un graffiti park extérieur. Vous pourrez donc repartir avec quelques idées… ou vérifier que manier une bombe demande un peu plus de pratique que de commenter une fresque.
Je vous laisse découvrir cette nouvelle édition à votre rythme. Pour les grands murs, prenez un peu de recul. Pour les rencontres, prenez votre temps.
Pour préparer votre visite
Peinture Fraîche Festival — du 10 octobre au 1er novembre 2026
Site OTC, 21 rue Poizat, Villeurbanne.
Ouverture les 10-11 et 17-18 octobre, puis du mercredi au dimanche du 21 octobre au 1er novembre.
- Mercredis, jeudis et dimanches : 10h–18h.
- Vendredis et samedis : 10h–21h.
- Plein tarif : 10 €. Moins de 18 ans : 5 €.
- Gratuit pour les moins de 6 ans, les bénéficiaires du RSA et les personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite, selon les modalités du festival.
- Accès : trams T3 et T6, arrêt Gare de Villeurbanne.
Découvrez le programme et réservez votre entrée.
Pour finir en musique
Pour finir en musique, je vous laisse avec « Another Brick in the Wall, Part 2 » de Pink Floyd. Une invitation à résister au conditionnement qui fait écho à cette édition de Peinture Fraîche. Ici, les murs nous aident à ouvrir les yeux… et ce morceau devrait aussi nous déboucher les oreilles !
