Expos
3 commentaires

« Ecce Homo », l’expo solo de Kouka à la galerie Taglialatella

Kouka Ecce Homo

Du 20 mai au 26 juin 2016, l’artiste Kouka nous invite à réfléchir à la conditIon humaine à la galerie Taglialatella à travers son exposition « Ecce Homo ».

Le Penseur, symbole universel

Déjà, avec ses « guerriers bantous », Kouka nous interrogeait sur la place de l’homme dans la société, sur la liberté d’agir et de s’exprimer que nous pensons avoir dans la rue. Aujourd’hui, pour cette nouvelle expo il a choisi d’explorer l’image du Penseur de Rodin.

Le Penseur est un symbole universel que tout le monde connaît. Symbole judéo-chrétien car il devait orner la Porte de l’Enfer. mais aussi symbole de l’Homme originel par sa nudité. Symbole également par sa représentation : cette sculpture représente à la fois la force et la fragilité. La force à travers ce corps massif et musclé. La fragilité dans la posture de l’homme recroquevillée et pensif. Il représente parfaitement la dualité de l’Homme. Tout comme la statue ! Une sculpture est un objet à la fois solide (la pierre) et fragile (si elle tombe elle se casse).

Créé dès 1880 dans sa taille d’origine, environ 70 cm, pour orner le tympan de La Porte de l’Enfer, Le Penseur était alors intitulé Le Poète : il représentait Dante, l’auteur de La Divine Comédie qui avait inspiré La Porte, penché en avant pour observer les cercles de l’Enfer en méditant sur son œuvre. Le Penseur était donc initialement à la fois un être au corps torturé, presque un damné, et un homme à l’esprit libre, décidé à transcender sa souffrance par la poésie. 

« Ecce Homo » : Voici l’homme

A travers cette exposition, Kouka veut, une fois de plus, pousser le spectateur à réfléchir sur sa condition d’homme. « Ecce Homo » est une locution latine qui signifie « Voici l’Homme ». Il a choisi à travers différentes représentations du Penseur de nous montrer les dualités qui font l’Homme : force/fragilité mais aussi lumière/noirceur.

Dans ses travaux récents, Kouka, submergé par les images médiatiques, interroge une nouvelle fois la fragilité de la condition humaine.
Le penseur, incarnant l’Homme dans son Essence, est un hommage à la représentation occidentale de l’art sculpté.
Ses silhouettes privées de leurs visages sont des présences humaines intemporelles qui témoignent depuis l’origine.
Une interrogation quant au grand paradoxe humain, capable de noirceur sinistre comme de bienfaisance éclairée.
Le papillon, symbole d’une inexorable renaissance, marqué du sceau : « nulle route n’est infranchissable » est porteur d’espoir, il invite à dépasser les frontières de l’esprit afin d’élever la conscience humaine….

Pour la visite de cette exposition, j’avais rendez-vous avec l’artiste (l’idée était une interview pour un prochain portrait…). Kouka m’a donc expliqué son travail. Selon lui, la difficulté du « street » artiste, pour exposer en galerie, est d’arriver à faire évoluer le travail de la rue vers autre chose. Il ne faut  surtout pas vouloir faire la même chose sur toile ! Pour lui qui réalise principalement de grandes fresques sur des murs, il faut arriver à travailler dans un format plus petit. Mais il ne voulait pas complètement se couper de sa création de rue. Il a donc peint sur des supports qui présentaient des anfractuosités, des « accidents » : une palissade, un carton alvéolé, de la toile de Jouy, des cibles de tir usagées ou encore des pages de magazines sur lesquelles il a peint avant de les coller sur une toile.

Kouka a également réalisé un magnifique travail sur une photo. Celle-ci a été prise au Gabon en 2008. Le guerrier bantou se tient debout, les pieds disparaissants dans l’eau. Pour montrer le côté éphémère du streetart (mais aussi de la condition humaine) il a fait un incroyable travail avec cette photo. Un long processus pour lui donner cet aspect froissé, déchiré comme si l’image était en train de disparaître.

Kouka s’est également essayé à la sculpture avec des masques africains collés sur des cibles. Mais aussi avec la tête du Penseur sur laquelle est inscrit « NOCULTURE ». La sculpture peut se poser de différentes façons : debout pour nous présenter principalement le visage ou couchée et là, notre vision change et c’est le message qui semble le plus important. Perso, je la préfère couchée…

« Ecce Homo » en quelques images

Pour illustrer ces mots, rien de mieux que des images… Enfin en attendant d’aller à la galerie Taglialatella, pour voir de vous-même le magnifique travail de Kouka. Car pour prendre toute la mesure de ses oeuvres il faut absolument les voir !

J’en mets donc quelques-uns ici mais l’ensemble se trouve ici, au bout du clic : Kouka, « Ecce Homo » à la galerie Taglialatella

Galerie Taglialatella
117 Rue de Turenne
75003 Paris
Ouverture du mardi au samedi de 11h00 à 19h00

Conclusion musicale avec la même question posée sur la condition humaine. Mais cette fois en musique…

Cette entrée a été publiée dans : Expos
Avec les tags : ,

par

Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

3 commentaires

  1. Pingback: Les portraits de Miss Acacia : Kouka, un artiste en quête d’Humanité | Les billets de Miss Acacia

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s