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Pourquoi l’art est dans la rue ? Un essai de Codex Urbanus

Pourquoi l'art est dans la rue Codex Urbanus

A travers cet essai de 115 pages un brin provocateur, l’artiste Codex Urbanus (que vous avez croisé de nombreuses fois dans ce blog) nous propose de prendre le temps de la réflexion pour s’interroger sur le street art et sa place dans la rue.

La « véritable » histoire du street art

Dans le même mois de novembre 2018, j’ai reçu deux ouvrages de Codex Urbanus. Ils montrent à eux seuls la « complexité » du personnage. Son essai « Pourquoi l’art est dans la rue? » n’a forcément rien à voir avec « Le Bestiaire fantastiques du street art« . Si ce dernier nous emporte dans un monde imaginaire et magnifique, peuplé de monstres, le premier nous plonge dans le monde (très) réel de l’Art, bien loin de l’univers fantasmé de la création artistique.

Je ne livre pas ici un travail universitaire. D’abord parce qu’il s’agit en général de verbiage qui permet souvent de cacher quatre idées dans un pavé de 200 pages, et ensuite parce que les terrains vagues que nous allons traverser ensemble s’accommodent mal du joug semi-victorien du scolaire. Le street art, avant tout, c’est l’Art de la Liberté, et mon raisonnement, pour documenté et éclairé qu’il soit, ne se pliera pas aux us et coutumes des essais.

Dès l’introduction le ton est donné. Codex Urbanus ne fera pas dans la dentelle ! Et cela se confirme tout au long de l’ouvrage. Il nous parle sans ambages et avec des mots simples de tous les jours.

Même si ce livre est très sérieux (j’ai appris des tas de choses sur le monde de l’art et de l’art urbain en particulier), j’ai bien souvent eu le sourire en parcourant les pages. Il faut dire qu’il ne mâche pas ses mots ! Je ne suis pas certaine que son essai va faire l’unanimité au sein de la communauté artistique… Mais connaissant le garçon, je suis bien certaine que cela ne l’effraie pas… bien au contraire.

Un manifeste pour la liberté de l’Art

Je pense que Codex Urbanus se veut volontairement provocateur afin de nous tenir « éveiller » au sens intellectuel du mot. Par le ton donné, il interpelle et donne envie d’aller plus loin. En le lisant, on se dit « euh là il y va un peu fort ? » mais c’est cela qui nous pousse à réfléchir au sens de ses mots.

Dans la première partie, l’artiste nous donne un cours d’arts plastiques. Je voudrais d’ailleurs conseiller à tous les profs d’arts plastiques de donner ce livre à lire à leurs élèves, en particulier dans les classes de lycée Littérature avec spécialisation Arts plastiques… Je sais de quoi je parle un de mes ados suit cette filière. Nombre d’élèves de cette filière envisagent une carrière « artistique » ou au moins de poursuivre des études en école d’art et je pense que la lecture de cet essai pourrait mener à des débats forts intéressants pour leur donner une ouverture d’esprit qui manque cruellement aujourd’hui dans l’enseignement…

J’arrête là ma petite digression pour revenir au sujet. Donc dans une première partie, Codex Urbanus « campe le décor » en nous racontant l’histoire du street art : comment la société du XXe siècle l’a créé, comment l’Art déclinait en terme d’expérimentation et de nouveauté. On remonte jusqu’à la Renaissance pour comprendre les racines du « mal » pour arriver à l’expression artistique dans la rue. Bref c’est passionnant.

Dans une deuxième partie, il entre dans le vif du sujet : le street art. Quels sont les critères qui permettent de le reconnaître comme tel, avec « un critère sine qua none : l’illégalité »  ? A quels écueils est-il confronté : le Monumentalisme, l’engagement politique, le rôle des experts, (oups ça pique), le contexte urbain, le festival de street art, le pseudo street pop art ? Là encore, il ne fait pas dans la dentelle et ne craint pas de froisser quelques lecteurs.

« Pourquoi le street art est dans la rue ? » – Epilogues

Pour clore son essai, Codex Urbanus ne fait, encore une fois, pas les choses dans les règles. En effet, il nous offre deux épilogues. L’un « classique », reprend les règles de la conclusion habituelle. L’autre, mon favori je dois bien le dire, se veut « Héroïque ». Je vous laisse le découvrir vous-même, mais je ne résiste pas au plaisir de partager ici les dernières phrases.

Nous sommes ceux qui gardent les yeux ouverts pour contempler le monde tout en gardant l’esprit encore plus ouvert pour envisager de meilleurs mondes.
Nous sommes ceux qui continuent à rêver, coûte que coûte, au mépris d’une réalité que nous nous infligeons à nous-mêmes.
Nous sommes ceux qui tentent, toujours, de rester responsables et respectueux, sans avoir besoin d’une autorité ou d’une morale.

Nous sommes ceux qui écrivent sur les murs, en souriant.
Nous sommes le seul futur possible.
Nous sommes la liberté.
Nous sommes ensemble.

Et je dis un grand merci à Codex Urbanus pour cette lecture intellectuellement stimulante (dans cette époque d’uniformisation de la pensée c’est un vrai plaisir) et qui, bien que sérieuse je le répète, m’aura beaucoup amusée. Et n’y-t-il pas meilleur apprentissage que lorsqu’il se fait avec le sourire !

Pour acheter le livre, c’est très simple. Rendez-vous dans votre librairie de quartier préférée ou sur le site de Critères éditions, pour le commander.

En conclusion, je dirai comme Codex Urbanus « Ne cessez jamais de rêver ». Je vous laisse avec le groupe Dooz Kawa et sa « Couleur des émotions »…

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, partager toutes ces passions avec vous !

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