Coups de coeur
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« Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi »

Pour faire suite à mon billet d’hier, je voudrais parler du premier livre de Mathias Malzieu. « Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi ». Le thème de cette histoire là est le deuil. Ici suite au décès de sa mère. Mais ce texte parle de tous les « deuils » que la vie nous demande de faire.

Voici un passage du livre. J’adore ce texte. Il m’émeut à chaque lecture. C’est beau, tendre, poétique.

« Mais tu dois réapprendre à rire, à manger avec goût, tu dois rééduquer ton goût ! Sers-toi de ton ombre, lis, rêve, repose-toi, amuse-toi, même si ça te paraît aussi impossible que le jour où tu as essayé de faire ton premier accord de guitare.

Tout va te paraître dérisoire, mais n’abandonne rien. Ne cède rien au désespoir ! Utilise tes rêves. Et même s’ils sont cassés, recolle-les ! Frotte-les à ton ombre magique, tu verras mon gars ! Un rêve brisé bien recollé peut devenir encore plus beau et solide. Au point de frrrrlllacasser les limites du réel. (Il dit ça avec son sourire tailladé sur son visage si vieux, si vieux qu’on le penserait plus vieux que les morts.) Aime les choses ! Tu es vivant ! Et si tu es triste à mourir, c’est normal, assume-le. Mais ne te laisse pas aller, va… Revendique-moi un peu ce cœur-là! »

J’ai envie de lui balancer que c’est facile à dire, et qu’il a l’air fin avec ses pommes de pin plein la gueule et ses doigts tout collés de résine, mais il me fait toujours un peu flipper, en même temps qu’il me fait sourire. Et puis je sens qu’il y met du sien pour me remonter le moral. Je continue à l’écouter sans rien dire.

« – Il te faudra un peu de temps. Les cataclysmes, c’est lourd à digérer. Mais garde bien l’idée de vie en tête. Même si ça te paraît loin, inaccessible, applique-toi et fonce à ton rythme. Et puis je suis là pour te réenclencher les mécanismes. Je peux tenter de t’épouvanter, jeune homme ; de te faire rire aussi. Il te faut des histoires, pas seulement pour t’amuser. Tu dois réapprendre à te souvenir sans te laisser bloquer par la peur. C’est le plus important maintenant.

– Mais j’y comprends rien à l’ombre que tu m’as donnée. – Ça va venir. – Tu vas apprendre à mâcher les cataclysmes, petit, et tu les avaleras ! – Déjà que j’arrive jamais à finir les viandes un peu cuites… – Eh bien, tu feras un effort! Et puis les cataclysmes, c’est dur à avaler, mais c’est très bon pour la santé et ça fait grandir ! »

Un peu de musique pour terminer ce billet… avec Absinthe Minded, « My Heroics, part 1« 

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Je suis une passionnée d'art urbain, de musique, d'évasion au cinéma ou dans les livres. J'aime me perdre dans les villes pour les mettre en images. Et surtout, j'adore partager toutes ces passions avec vous !

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